‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 41.44., n. 5191 à 5866 (volume 4)Chapitre 7 sur 22 · A8 ARCANES CÉLESTES · texte numérisé non relu

A8 ARCANES CÉLESTES

vers la géhenne, od même quelques-uns d'eux siègent comme pour

rendre un jugement.

5383. Les manières dont ils explorent ou scrutent les intentions des autres sont en grand nombre ; mais il m'est seulement permis de rapporter ceile-ci : Ils poussent les autres Esprits a parler, ce qui a lieu dans l'autre vie par un influx dont on ne peut donner une description susceptible d'être saisie ; si alors la suite de la conversation, dont le sujcl a été insinué par eus, es! facile, ils jugent par la qu'ils sont tels ; ils introduisent aussi un étal d'affection ; mais ceux qui explorent ainsi sont du nombre des plus grossiers ; les autres agissent autrement ; il en est qui, des qu'ils arrivent, aperçoivent ce qu'on a pense, désiré et fait, et enfin la douleur qu'on ressent d'avoir fait telle chose ; ils se saisisssent de cela, et condamnent aussi, s'ils croient la cause juste. Dans l'autre vie, une chose étonnante, qu'a peine quelqu'un dans le monde peut croire, c'est que, dès qu'un Esprit vienlvers un autre Esprit, cl surtout dès qu'il vient vers un homme, il connaît aussitôt ses pensées et ses affections, cl ce qu'il a fait jusqu'alors, ainsi tout son étal présent, absolument comme s'il avait été longtemps chez lui ; telle est la communication ; toutefois, il y a des différences dans ces aperccpiions, il est des Esprits qui perçoivent les intérieure, et il en est qui perçoivent seulement les extérieurs; si ces derniers sont dans la cupidité de savoir, ils explorent les intérieurs des autres de différentes manières.

538a. Les manières dent ceux qui constituent dans le Très- Grand Homme la province des Reins, des t! réteres cl de la Vessie, exercent les châtiments, sont aussi différentes; le plus souvent ils enlèvent les plaisirs cl les joies, cl ils introduisent les dégoûts el les tristesses ; par cette cupidité ces Esprits communiquent avec les enfers, mais par la justice du motif, qu'ils recherchent avant de châtier, ils communiquent avec le ciel ; c'est pour cela qu'ils sont tenus dans cette province.

6385. D'après ces explications on peut voir ce qui est signifié quand, dans la Parole, il est dit que Jehovah éprouve et sonde les Reins el le Cœur, et aussi que les Reins chûtient, comme d'ans Jérémie ; « Jéhovah ! gui éprouves tes reins el le cœur In — XI. ■20 ; — dans le Même : « Jéhovah ! qui éprouves ie juste, qui vois

» tes reins et le cœur, n — XX. 12 ; — dans David : « Toi qui » «prouves les cœurs et tes reins. Dieu juste ! — l's. VII. 10 dans le Même : n Jéhovah ! sonde mes reins et mon cœur. » — Ps. XXVI. 2 ; — dans le Même : « Jéhovah ! tu possèdes mes

reins. «— Ps. CXXXIX. 13;— dans Jean: «Moi, je suis celui i> qui sonde tes reins et le cœur, a — Apoc. II. 23; — là, par les reins sont signifiés les spirituels, et par le cœur les célestes, c'estii-dire que par les reins sont si^nïliées les choses qui appartiennent au vrai, et par le cœur celles i]ui appartiennent au fiien ; cela vient de ce que les reins purifient le sérum, et. le cœur le sang lui-même ; de là par Éprouver, explorer et sonder les reins il est signifié éprouver, explorer et sonder la quantité et la qualité do vrai, ou la quantité et la qualité de la foi chez l'homme : que ce soit la ce qui est signifié, on le voit aussi dans Jérémic : « Jéhovah ! tues prés dans u leur bouche, mais loin de leurs reins. •> — XII. 2 j — et dans David : « Jéhovah! voici, lu désires ta vérité dans tes reins.» — Ps. LI. 8; —que l'action de châtier soit mènte attribuée aux reins, c'est aussi ce qu'on voit dans David : u Dans les nuils mes reins » me châtient. » — Ps. XVI. 7.

5386. Il v a aussi ailleurs, dans le corps, des Sécrétoires et des Excrétoires ; dans le cerveau il y a des ventricules el des saillies mamillaires qui en détournent les particules liquides pituitcuses ; cl eu outre il y a des glandes partout, muqueuses et saiivaires dans la 'fêle, en grand nombre dans le corps, et par myriades prés de l'épidenue, par lesquelles les sueurs et les souillures plus subtiles sont rejelées : a ces séerétoires et excrétoires correspondent dans le monde spirituel en général les ténacités des opinions, puis aussi les affaires de conscience dans des choses non nécessaires : quelques-uns des Esprits qui sont tels apparaissent au-dessus de la tête, à une moyenne distance, pour exciter des scrupules dans des choses où il ne doit y avoir aucun scrupole ; en conséquence, comme ils chargent les consciences des simples, ils sont appelés Conscienlieux ; ils ne savent pas ce que c'est qu'une véritable conscience, car ils placent la Conscience dans tout ce qui se présente ; en cllét, lorsque quelque scrupule ou quelque doute i:si donné, si le mental est inquiet et s'y arrête, les motifs conllrmatifs et par conséquent aggravants ne manquent jamais : quand de tels Esprits sont pré-

ABCANES CÉLESTES.

seuls, ils introduisent même une anxiété sensible a la partie de l'ahdomcn placée immédiatement au-dessous du diaphragme ; ils sont aussi présents chez l'Iiamuie dans les tentations ; je nie suis entretenu avec eux, et j'ai aperçu (ju'il n'y a en eux aucune extension de pensées, de manière à acquiesru" il. un dis choses plus utiles et nécessaires, car ils ne pouvaient faire attention aux raisons, parce qu'ils jiersislaienl avec ténacité dans leur opinion.

5387. Mais ceux qui correspondent à l'Urine mfime sont infernaux ; car, ainsi qu'il a été dit, l'urine est hors du corps, parce qu'elle a déjà été séparée d'avec le sang, et qu'en elle-même elle n'est qu'un impur et vieux sérum qui a été repoussé ; il m'est permis de rapporter sur eux ce qui suit : Un certain Esprit ayant été perçu d'abord comme intérieurement dans le corps, mais bientôt après au-dessous sur la droite, était invisible dans cette position ; il avait pu par artifice se rendre invisible ; quand II était interrogé, il ne répondait rien ; il nie fut dit par d'autres que, dans la vie du corps, il avait exercé la piraterie ; car dans l'autre vie on aperçoit clairement par la sphère de la vie des affections et des pensées ce que quelqu'un est et a été, parce que la vie de chacun lui reste : celui-ci changeait sans cesse de place, apparaissant tantôt a droite, tantôt à gauche ; je perçus qu'il agissait ainsi dans la crainte qu'on ne sût qui il était, et qu'il ne fût forcé de faire des aveux ; il me fut dit par d'autres Esprits que ceux de ce genre sou t tres-timides à la moindre apparence de danger, et très- impétueux quand il n'y a aucun danger, et qu'ils sont opposés à. ceux auxquels correspond l'éjection de l'urine ; ils s'étudient de toutes les manières à leur causer du préjudice ; et iiour que je n'en doutasse ]>oint, cela me fut montré par expérience : Quand ceux qui correspondaient a l'éjection de l'urine se reliraient un peu, et que ce pirate était présent, l'émission de l'urine s'arrêtait aljsiilniN'.'iil cl icmeii'iii;. aussi avec, lianL'er, niais quand ils étaient rappelés, l'émission de l'urine devenait intense selon la présence : que cet Esprit ait été pirate, c'est ce qu'ii avoua ensuite, en disant qu'il avait pu se cacher adroitement, et tromper avec ruse et habileté ceux qui le poursuivaient, et que maintenant il aime les urines croupies bien plus que les eaux limpides, et que l'odeur fétide de l'urine est ce qui le délecte le plus, au point qu'il veut avoir son domicile dans des mares et infinie dans des tonnes

GENÈSE. CHAP. QUARANTE-UNIÈME. 151 d'urine fétide. I) me fui aussi montré quelle stirte de face il avait ; ce n'était pas une face, mais quelque chose de noir couver! de Iwrbe lui en tenait lieu. Ensuite on lit venir d'autres pirates, mais moins adroits ; ceux -la parlaient aussi fort peu, et ce qui est étonnant ils grinçaient des dénis; ils disaient aussi qu'ils aimaient les urines de préférence à tous les liquides, et les urines bourteuses de préférence aux autres; mais ils n'avaient pas, comme le précédent, au lien de face une masse couverte de barbe, c'était un amas affreux de dénis ; en effet, la barbe et les dents signifient les naturels inllmes ; cet amas, sans une face, signifie qu'il n'y a rien de ta vie rationnelle; car lorsqu'il n'apparall aucune face, c'est un signe qu'il n'y a aucune correspondance des intérieurs avec le Trës-Graud Homme; en effet, dans l'autre vie, chacun apparaît dans la lumière du ciel selon la correspondance; par suite les infernaux apparaissent dans une difformité horrible.

5388. Il y avait chez moi un certain Esprit, avec qui j'entrai en conversation ; dans la vie du corps il n'avait ou aucune foi, et n'avait cru ii aucune vie après la mort ; il avait aussi été du nombre des hommes adroits ; il avait pu captiver les menlals ( animi) des autres en parlant avec flatterie, et en leur donnant son assentiment ; c'est pourquoi, je ne ifùeouvn> pas d'abord par sa conversation qu'il eût été tel; il put même parler avec volubilité, comme de source, ainsi que le fait un bon esprit; mais par suite je connus d'abord qu'il n'aimait pas à parler des choses qui concernent la foi et la charité, car alors il ne pouvait pas suivre par la pensée, mais il se détournait du sujet; el ensuite par des particularités je perçus qu'il donnait son assentiment dans l'intention de tromper : en effet, les assentiments 'diffèrent scion les lins, car si la lin est l'amitié, ou le plaisir de lu conversation, ou un autre motif semblable, et mémo un gain licite, ce n'est pas ainsi agir mal ; mais si la fin est de surprendre des secrets, et d'enchaîner ainsi un autre à des obligations mauvaises, en général si la fin est do nuire, c'est agir mal ; telle avait été la lin pour cet Esprit ; il était aussi en opposition avec ceux qui sont dans la province des reins et des uréteres ; il disait également qu'il aimait l'odeur forte de l'urine de préférence à toutes les odeurs; il me lit aussi ressentir fins la région inférieure du ventre une contraction ou un resserrement douloureux.

5381). Il y a des cohortes d'Esprits qui courent du tous cotés, et iwirfois reviennent aux mûmes endroits ; les mauvais Esprits les craignent beaucoup, car ceux-là les soumettent a un certain genre de toi ture ; il m'a été dit qu'ils correspondent au fond ou à la partie supérieure de la vessie dans le commun, et aux ligaments musculaires qui de là se concentrent vers le sphincter, oit par un mode de contorsion l'urine est poussée dehors ; tes esprits s'appliquent à la partie dorsale où est la queue de cheval; leur mode d'opérer se fait par de promptes ré ci procalions que personne ne peut cmpeciier, c'est un mode conslrictoire et restrictoire dirigé par en haut, cl en pointe dans la forme d'un cône; les mauvais Esprits qui sont précipités en dedans de ce cé-ne, surtout par la partie supérieure, sont misérablement tortures par des distorsions réciproques.

53H0. Ans exei'Oliuns impures correspondent aussi d'autres Esprits, à savoir, ceux qui dans le monde ont été tenaces dans leur vengeance ; ceux-ci m'ont apparu en avant vers la gauche ; à ces oxcrélions impures correspondent encore ceux qui réduisent les spirituels ù des terrestres impurs ; il survint même de ces Esprits, et ils apportaient avec eux des pensées ordurières, d'après lesquelles ils proféraient même des obscénités ; puis aussi ils tournaient les choses pures en impures et les changeaient en obscénités; plusieurs de ce genre avaient été de la classe la plus basse, et d'autres qui dans le monde avaient été dans les dignités ; ceux-ci, à la vérité, dans la vie du corps, n'avaient pas parlé ainsi dans leurs sociétés, mais toujours est-il qu'ils avaient pensé ainsi, car ils avaient été retenus tle parler cniiiiiie ils pensaient, alin de ne pas tomber par là dans l'infamie et de ne pas perdre amis, profils et honneurs; mais néanmoins avec leurs semblables, quand ils étaient libres, leur langage avait 010 comme, celui (le la classe la plus basse, et encore plus sale, parce qu'ils étaient duués d'une certaine faculté intellectuelle, dont ils abusaient pour souiller même les choses saintes de la Parole et de la doctrine.

5391. Il y a encore des Reins qui sont nommés Reins succentubies et aussi capsules rénales ; leur fonction est de sécréter uon pas le sérum, mais le sari- liii-mOme, et de le transmettre plus pur vers lecteur par un court circuit ; ainsi, de prendre garde aussi que les vaisseaux spermaliqiies, qui son! voisins, n'enlèvent tout lesang

plus pur ; mais ils agissent principalement dans les embryons, et aussi dans les enfants nouveau-nés. Ce sont de chastes vierges qui constituent celle province dans le Très-Grand Homme ; faciles à Être entraînées dans des anxiétés et timides par la crainte d'être troublées, elles reposent tranquilles vers la partie gauche du côté en bas ; si l'on pense quelque cliose sur le ciel et quelque chose sur le changement de leur élat, elles deviennent inquiètes et elles soupirent, c'est ce qu'il m'a élu donné quelquefois de sentir d'une manière manifeste ; quand mes pensées se portaient sur des petits enfants, elles ressentaient alors une consolation remarquable et une joie interne, ce qu'elles avouèrent même ouvertement ; quand on ]iensail quelque chose où il n'y avait rien de céleste, elles éprouvaient encore des angoisses ; leur anxiété vient principalement de de ce qu'elles sont d'un caractère il tenir leurs pensées attachées a une seule chose, et a ne pas dissiper par la variété les choses qui les inquiètent; si elles appartiennent a cette province, c'est parce que par là aussi elles retiennent l'attention d'autrut constamment dans des pensées déterminées, de lu surgissent et se manifestent des choses qui sont cohérentes en série, qu'il faut abstraire, ou dont l'homme doit être purifie ; de celle manière aussi les intérieurs sont plus ouverts aux anges, car lorsque les choses qui olscurcissenl et détournent ont été écartées, l'intuition devient plus claire et il y a influx.

5392. Qui sont ceux qui constituent dans lo Très-Grand Homme la province «les Intestins, on le peut voir en quelque sorte par ceux qui ont un rapport avec l'Estomac ; car les Inieslins sont la continuation de l'Estomac* et les fonctions de l'Estomac y accroissent et sont provoquées jusqu'aux derniers Inieslins, qui sont le Colon et le Hecluin ; c'est pourquoi ceux qui sont dans ces Inieslins sont près des Knlérs qu'on nomme excrémentiels. Dans la région de l'Estomac et des Inieslins sont ceux qui sont dans la terre des inférieurs, lesquels, parce qu'ils ont emporté du monde avec eux des choses impures qui sont inhérentes a leurs pensées cl à leurs affections, sont pour cela même tenus dans la terre des inférieurs |«ndaut quelque temps, jusqu'à ce que ces choses aient été nettoyées, c'esl-à-dire, rejelées de coté ; loi s done qu'elles ont été rejelées de coté, ils ncuveul Cire élevés au ciel. Ceux qui sont dans

la (erre des inférieurs ne sont pas encore dans le Très-Grand Homme, car ils sont comme les Aliments mis dans l'Estomac, qui ne sont introduits dans le sang, par conséquent dans le corps, que lorsqu'ils onl été épurés ; les esprits qui ont été souillés par des impuretés plus terrestres sont au-dessous d'eux dans la région des Intestins, mais les excréments eux-mêmes qui sont rejeiés correspondent aux Enfers qu'on appelle enfers excrémentiels,

5303. On sait que l'Intestin Colon s'étend au large, il en est aussi de même de ceux qui sont dans cette province ; ils s'étendent en avant vers la gauclie en ligne courbe, en s'avançant vers l'enfer: dans cet enfer sont ceux qui n'ont été doués d'aucune miséricorde, et onl voulu sans conscience perdre le genre humain, c'est-à-dire, tuer et dépouiller sans égard ni différence, soit qu'on résistât ou qu'on ne résistât pas, soit hommes ou femmes ; d'un tel caractère féroce sont une grande partie des soldats et de leurs officiers, qui, non dans le combat, mais après le combat, se jettent avec férocité sur des hommes vaincus et sans armes, les massacrent avec fureur et les dé[>ouillent : je me suis entretenu avec les anges sur ceux qui sont tels, en leur faisant remarquer quels sont les hommes livrés a eux-mêmes, et que quand il leur esl permis d'agir sans lui et en pleine liberté, ils sont beaucoup plus féroces que les bfites les plus méchantes qui ne se livrent pas ainsi au massacre de leur espèce ; que celles-ci seulement se défendent, cl se rassasient de ce qui a été destiné a leur nourriture, mais que quand elles seul rassasiées, elles ne font jkis de tels actes ; il en est autrement de l'homme qui agit par cruaulé et barbarie. Les anges étaient saisis d'horreur de ce que le genre humain est tel. Les hommes ont la joie dans le cœur et ils s'énorguei Hissent, alors qu'ils voient des armées taillées en pièce. 1 ; et des flots de sang dans toute une plaine, sans se réjouir de ee que h pniili! ii été ilHiiïtji;, pourvu qu'ils sVmi.ïHiuit appeler grands hommes et héros ; et néanmoins ils se disent Chrétiens, et ils croieut qu'ils viendront dans le ciel, où cependant il n'y a que paix, miséricorde, charité; de tels hommes sont dans l'enfer du colon el du rectum. Mais ceux chez qui il y avait eu qindque chose d'humain apparaissent vers la gauche en avant en ligne courbe, en dedans d'une sorte de muraille; toutefois, il y a toujours en eu* beaucoup d'amour de sui. Si quelques-uns ont du respect pour le bien, cela

est représenté quelquefois j>ar dos petites éioiles presqu'ignées sans blancheur éclatante. Il nf apparut une muraille comme do plaire avec des sculptures, près de i'avant-bras gauche, muraille qui devint plus étendue et en mémo temps plus élevée, sa couleur dans le haut tirant sur l'azur ; il me fut dit que c'était le représentatif de quelques Esprils de ce genre, qui avaient été meilleurs. .

539/1. Ceux qui ont été cruels et adultères n'aiment rien plus, dans l'autre vie, que les ordures et les excréments ; les mauvaises odeurs qui s'en exhalent sont pour eux les plus suaves et les plus agréables, et ils les préfèrent à tous les plaisirs ; cela vient de ce qu'elles correspondent : ces enfers sont en partie sous les fesses, en partie sous le pied droit, et en partie profondément par devant; l'Intestin Rectum est le chemin qui conduit dans ces enfers. Un Esprit qui y avait été transféré, et qui de la avait une conversation avec moi, me disait qu'il y apparaît seulement des latrines; ceux qui étaient là s'entretenaient avec lui, et ils le conduisaient vers diverses latrines qui y sont en très-grand nombre : ensuite il fut conduit vers un autre lieu un peu sur la gauche, et lorsqu'il y fui, il me dit que des cavernes de ce lieu il s'exhalait une odeur très- infecte, et qu'il ne pouvait faire un pas sans s'exposer à tomber dans quelque caverne ; il s'exhalait aussi de ces cavernes une odeur cadavéreuse, cl cela, parce qu'il y avait la des Esprits cruels et fourbes pour lesquels l'oilcur cadavéreuse est très-agréable. Mais il sera parlé de ces Esprits dans la suite, quand il sera question des enfers, et spécialement des enfers excrémentiels et cadavéreux.

5395. Il y a des hommes qui vivent, non en vue de remplir quel qu'il sage pour la patrie et pour les sociétés qui y sont, mais en vue de vivre pour eux-mêmes, ne trouvant aucun plaisir dans les devoirs, mais se plaisant seulement à être honorés et encensés, lin pour laquelle aussi ils ambitionnent les fonctions, et en outre a manger, à boire, à jouer, a converser, sans aucun autre but que celui de la volupté ; ceux-là, dans l'autre vie, ne peuvent nullement se trouver dans la compagnie des lions Esprits, ni à plus forte raison dans celle des Anges; car chez ceux-ci l'usage Taille plaisir, et c'est selon les usages qu'existent pour eux la quantité et la qualité du plaisir ; en elfet, le Royaume du Seigneur n'est que le royaume des usages ; si dans un royaume terrestre chacun est estimé et honoré

scion l'usage qu'il remplit, que nu doit-ce pas élrc dans le Royaume céleste? Ceux qui ont vécu seulement pour eux el pour la volupté, sans avoir pour (in un aulre usage, sont aussi sous les fesses, et ils habitent au milieu d'ordures selon les espèces et les lies lies voluptés.

5390. Il m'est permis de rapporter ceci par formed'Appendice: Il y avait autour de moi une grande foule d'Esprits, qui se faisait entendre comme une sorte de flux désordonné; ils se plaignaient en disant que maintenant le tout périssait, car dans cette foule il n'apparaissait rien qui fat cousocié, ce qui leur faisait craindre une instruction ; ils s'imaginaient aussi eire le tout, selon la coutume quand de telles choses arrivent. Toutefois, au milieu d'eux je perçus un son agréable, d'une douceur angélique, dans lequel il n'y avait rien qui ne fût en ordre; des chœurs angéliques étaient la en dedans, et celle foule d'Esprits en désordre était en dcliurs ; ce flux angélique dura longtemps ; el il me fut dit que par là il élail représenté comment le Seigneur gouverne les choses confuses et en désordre qui sont en dehors, d'après un pacifique dans le milieu, par lequel les choses en désordre sont remises en ordre dans les périphéries, chacune étant redressée de l'erreur de sa nature. *

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