fl o* S
Câ
• •^ 05 CJ w
c8 tJ .£1 .5 .;
g g ^ PJ^
oh30h5
Se • NI. es oCï-û
câ
ce
Zi
UJ
es
UJ
ce
Cz]
tzi
co
o5 J es J
co
■ta
LU
»Mt
ce
.s Sj5 ja
ce
^3âao
es ^' 08 rO s
^ c8pÛ ni
as P
OR
DÉCHÏFFRBaiENT DE L'ÉCRITURE MAYA. 27
lO. lies Uérog^Iyphes des jours et le Codex
Tpoano.
La partie du codex (l'« section), qui s^étend de la p. XIII à la page XI inclusivement, offre, si nous osons nous servir de cette expression, un caractère tout particulier. Les textes en calculiformes y sont rares ou plutôt font presque entièrement défaut ; chaque feuillet partagé en trois divisions ou registres se compose, à peu près exclusivement, de vignettes représentant un mazatl ou chevreuil^ soit pris au piège, soit attaqué par un scorpion, A la gauche de chaque gravure se voient des séries d'hiéroglyphes, d'ordinaire rangés sur deux colonnes et indiquant les jours du mois. Nous donnons dans le tableau suivant^ le relevé de ces listes des jours, d'après le codex Troano,
Evidemment, certaines raisons symboliques ou cabalistiques ont présidé à ce bizarre arrangement ; nous ne pouvons nous flatter d'avoir deviné la pensée intimé de l'artiste américain.
Du moins en savons-nous assez pour constater le fait matériel, et remettons à plus tard la recherche des inductions qu'il est permis d'en tirer. Tout ce que l'on peut, dès à présent, affirmer, c'est que dans certains passages,, le rédacteur semble s'être livré à de véritables jeux d'esprit ou calculs mnémotechniques dont l'existence reste facile à démontrer.
On remarquera tout d'abord que sur les 20 signes des jours^ comprenant les mois yucatèques, 10 surtout reviennent constamment, tandis que les 10 autres n'apparaissent pour ainsi dire pas ; ce sont les suivants : Cimi et Cib; Ik et Eb; Lamat et Ezanab ; Kan et Ix; Akbal et Ahau, Or, ces dits signes se trouvent les uns vis-à-vis des autres dans un rapport pour ainsi dire constant. On en pourra juger par le tableau suivant qui donne tous les jours du mois divisés en quints et en colonnes.
* Revue de Philologie et d Ethnographie^ l. ii, p, 312 et suiv, (Recherches sur le Codex Troano) , Paris, 1876.
PALBOGRÂPBIE AMâBlCAlNE.
TablMta de» Jours da mois Tnealèciiie.
1« Colonne
2« Colonne
3e Colonne
4» Colonne
SeColonne
4«r Quint.
Imix.
Ik.
Akbal.
Kan.
Chicohan.
2e Quint.
Cimi.
Manik.
Lamat.
Muluc.
Oc.
3« Quint.
Chuen.
Eb.
Ben.
Men.
4« Quint.
Cib.
Caban.
Ezanab.
Cauac.
Ahau.
On observera que les jours indiqués se trouvent être alternativement les deux pairs et les deux impairs de chaque colonne. Si nous représentons le calendrier yucatéqm sous la forme d'une roue*, ce qui paraît avoir été .l'usage chez ces peuples, l'on obtient l'image donnée par Landa, Nous débutons bien entendu, par leswrf, regardé comme le point sacré par excellence, à peu près comme Yorient chez les Sémites, et par le jour de Imix^ lequel correspondait au Cipatli des Mexicains et commençait Tannée.
Tout cela s'^iccorde très-bien avec ce que nous indique Landay •que, dans leurs calendriers circulaires, ou Ahau-Katuns^ les Mayas rangeaient d'ordinaire tous les mois pairs ensemble d'un côté de la roue et les impairs de l'autre*.
Nous aurons peu de choses à dire des caractères des jours de
* Voir le cercle ci-après à la p. 32.
' Landa, Relacion, p. 312.
DÉCHIFFREBIENT CE L'âilMAlÙ^ MATA.
la planche 13 de Landa^ parce qu'il ne nous a pas été possible de déterminer suivant quel ordre ils sont rangés. Bien que l'hiéroglyphe inférieur de la colonne de gauche de la division médiale soit trop effacé pour qu'on le lise, nous pouvons affirmer qu'il ne devait point être autre que celui du 12^ jour (Eb).
En effet, les hiéroglyphes de cette division médiane sont les mômes-que ceux de la division supérieure, bien que rangés d'une façon différente. Or, Eb était précisément le seul que nous n'eussions point encore retrouvé. I^e môme motif nous amène à reconnaître que les trois hiéroglyphes effacés de la division du bas, devaient forcément être ceux de Ka,n (4*^ jour); Lamat{T jour) et Iw (14* jour); toutefois, ignorant quelles étaient leurs places respectives, nous avons dû les marquer simplement par des points d'interrogation.
Aucune observation particulière ne nous paraît devoir être faite relativement à hplanohe XII àe Landa. En revanche, la division supérieure de la planche XI offre cette particularité que les jours dont les hiéroglyphes s'y trouvent indiqués, se succèdent réguhèrement par ordre de 12.
C'est ce que la liste ci-jointe fera parfaitement comprendre au lecteur :
de Ezanab é. Oc, 12 jours de Oc à. Ik, 12 jours
de Ik à Ixy 12 jours
de Ix à Cimi 12 jours.
Les signes de jours sont les mêmes et rangés dans le môme ordre pour les colonnes médiane et inférieure de la planche XI^ ainsi que pour la colonne médiane de la planche X.
Cette particularité nous permet de rétablir les trois hiéroglyphes du bas de la planche XI ^ et de les placer juste au rang qu'ils occupaient, avant que le manuscrit n'eût eu à souffrir des injures du temps. C'étaient Lamat pour la 4« ligne de la colonne de gauche ; Ix pour la 5** ligne de cette môme colonne et enfin Kan pour la colonne de droite de la môme ligne.
La division supérieure de la planche X ne contient point d'hiéroglyphes de jour, aussi avons-nous dû la laisser en blanc dans notre tableau. Quant au rangement des caractères dont les trois séries en question^ il est effectué de manière à ce qu'il y
30 PALÉOGRAPHIB AIIÉBICAINB.
ait un intervalle de 10 jours entre celui de chaque colonne de gauche et son correspondant de la colonne de droite.
De plus, chaque jour dont le signe termine une ligne supérieure est séparé de celui qui commence la ligne suivante, par un espace de 16 jours. On en pourra juger par le tableau suivant:
de Oc à Ahau, 10 jours — de Ahau à Cib, 16 jours
de Ci-'ô à Cimi, 10 jours — de Cimi à Ik, 16 jours
de Jk à Eb, 10 jours — de Eb à Lamat, 16 jours
de Lamatà Ezanab, 10 jours — de Ezanab à Ix, 10 jours de Ix à Kan, 10 jours.
La division inférieure de la planche X nous offre encore une série de caractères identiques. L'ordre des signes est toujours le môme, à cette différence près que la ligne Oc-Ahaurejeièek la fin de la série, se trouve retournée sous la forme Ahau- Oc. La chose était nécessaire pour que l'intervalle réglementaire de 16 numéros se trouvât conservé entre le premier caractère de la dernière ligne et le dernier caractère de la ligne précédente.
La division supérieure de la pL IX offre des caractères de jours différents et espacés entre eux de 12 en 12. Exemple :
Men à Manik, 12 jours Manik à Cauac, 12 jours Cauac à Chuen, 12 jours Chuen à Akbal, 12 jours.
La division médiane présente les mêmes caractères que la pL X, mais autrement disposés, et sans qu'il soit aisé de déterminer en vertu de quel calcul astrologique ou procédé mnémotechnique.
Trois hiéroglyphes de jour du bas de la division inférieure sont totalement effacés.
En définitive, la comparaison avec le registre précédent prouve qu'ils ne peuvent être que ceux de Cib^ Eb eilk.
Le registre supérieur de la pL VIII présente les jours espacés de 10 en 10 sur chaque ligne et de 16 en 16 en passant d'une ligne à l'autre. Exemple :
de Ix à Kan, 10 jours — de Kan à Oc, ' 16 jours
de Oc à AJiau, 10 jours — de Ahau à Cib, 16 jours
de Cib à Cimi, 10 jours — de Cimi à Ik, 16 jours
de Ik à Eb, 10 jours -^ de Eb à Lamat, 16 jours
de LamatkEzanaby 16 jours.
DÉGHlFPRBMBirr DE L'ÉCRITURE MAYA. 31
Bien que les deux signes de jours de la ligne supérieure se trouvent complètement effacés, la comparaison avec les registres précédents qui renferment la même série d'hiéroglyphes prouve qu'ils ne peuvent être que ix et kan.
Le registre médial ne diffère pas du précédent par les hyéroglyphes employés, mais seulement par leur mode de groupement. Nous les voyons disposés de sorte qu'il y ait un intervalle de 6 jours à la fois entre ceux dont les signes se trouvent sur la même ligne et ceux qui se suivent d'une colonne à l'autre. L'espace au contraire se trouve être de 12 jours en passant d'un caractère à l'autre sur la même colonne. On pourra en juger par l'exemple suivant :
de Ahau à Cimi, 6 jours — de Cimi à Eb, 6 jours
de Eb à Ezanab^ 6 jours — de Ezanab à Kan, 6 ^ours
de Kan à Oc, 6 jours — de Oc à Cib, 6 jours
de Cib à Ik, 6 jours — de Ik à Lamat, 6 jours
de Lamat à /a?, 6 jours — de /a? à Ahau, 6 jours
de Ahau à, Eb, 42 jours — de Cimi à Ezanab, 12 jours
de Eb à Kan, 12 jours — de Ezanab à Oc, 12 jours
de Kan à Cib, 12 jours — de Oc à Ik, 12 jours
de Cib à Lamat, 12 jours — de Ik à Ix, 12 jours
de Lamat^Ahau, 12 jours — de la? à Cimi, 12 jours.
Pour le registre inférieur de cette jo/ancA^, les nombres cabalistiques employés sont 14, 12 et 18. C'est ce que démontre la série suivante :
de Cimi à Ahau, 14 jours — de Ahau à Ezanab, 18 jours
de Ezanab à Eb, 14 jours — de Ebk Oc, 18 jours
de Oc à Kan, 14 jours — de Kan k Ik, 18 jours
de Ik à Çib, 14 jours — de Cib à Ix, 18 jours
de Ix à Lamat, 14 jours — de Lamat à Cimi, 18 jours
de Cimi é. Ezanab, i^ jours — de Ahau à Eb, 12 jours
de Ezanab à Oc, 12 jours — de Eb à. Kan, 12 jours
de Oc à. Ik, 12 jours — de Kan à Cib, 12 jours
de Ik à Ix, 12 joura — de Cib à Lamat, 12 jours
de Ix à Cimi, 12 jours — de Lamat à Ahau, 12 jours.
Ce trop court aperçu donnera au lecteur une légère idée des procédés cabalistiques et astrologiques en vigueur chez les anciens Yucatèques. Il ne s'agit point dans ces registres, comme l'avait supposé l'abbé Brasseur y de l'histoire anté-diluvienne et pré-glaciaire du Nouveau-Monde, mais simplement de combinaisons de chiffres et de computs soit astrologiques, soit astronomiques, plus ou moinstompliqués, mais dont il serait prématuré quant à présent^ de vouloir donner la clef.
DtCttifFMMKfr DE L'ÉQBnWB Uklth.
Il n^en reste pas moins certain que, grâce à cette étude des signes des jours employés dans le manuscrit Troano^ le lecteur pourra non-seulement identifier avec ceux données par Landa^ les caractères présentant ce que nous pourrions appeler des variantes orthographiques, mais encore sûrement restituer les caractères effacés ou disparus.
H. DE Ghârengey
Cerele cm roae do Calendrier.