Blanc, Met 7 et ses monuments, p
FRANCE
Paschas fit un très grant feu emprendre Graix, oille, es pois ardant sur elle espendre.
Le tiran que Lucie ne polt surmonter Au feu, d’un glaive au corps la fïst frapper.
Venir ne peust à son trespassement Tant qu’eust receu le divin sacrement.
Paschas (?) fust pies liyés et emmenés A Rome et là hors du sent décollés.
Ces fresques existaient encore en 1770, quand le Bénédictin dom Dieudonné1 en prenait un aperçu : « On y voit, écrivait-il, des figures qui ne sont pas riches dans des attitudes singulières, et des draperies et des habillements du même genre. Les explications sont en caractères gothiques, au-dessous se voyent les armes du bon abbé Nicolas Lé Gronay. »
Tous les ans, le i3 décembre, d’après un usage qui remonte certainement au xie siècle, selon un cérémonial de cette époque, le chapitre de la cathédrale, auquel se joignait celui de Saint-Sauveur, se rendait en procession à Saint-Vincent; en entrant, le chantre entonnait l’antienne : « Venez, épouse de Jésus-Christ, recevez la couronne que le Seigneur vous a préparée pour l’éternité » (Archives de la préfecture).
Dans les litanies publiques, on portait la châsse de sainte Lucie. Lorsque Nicolas, duc de Lorraine, faillit, en 1473, surprendre Metz, on organisa une procession à laquelle plus de 17000 personnes prirent part.
Les évêques de Metz, à peine installés dans leur siège, se rendaient à ce sanctuaire2.
L’abbé Claude-Jacob de Lescouit (1549-1582) avait fait faire une statue d’argent d’un grand prix. L’abbé Saulnier, un de ses successeurs, qui cherchait à convertir l’abbaye en une collégiale de chanoines, renouvela le maître-autel et, se trouvant à court d’argent, ne craignit pas de mettre la statue en gage chez des Juifs (i6i3).