Migne, p. ifio, 83o
3. Cartulaiie de Saint-Vincent. Renseignement de M. Ch. Abel.
n’eut lieu qu’en 1 3 76 , sous le double vocable de Vincent et de Lucie, comme l’indiquent ces vers au-dessus du maître autel :
Nos, o Vincenti, salva virtute potenti;
Lux, pax atque via sis nobis virgo Lucia.
A la fin du xiv° siècle (1395), l’église fut incendiée par la foudre1. Elle ne fut restaurée qu’au milieu du xve siècle.
A cette époque (1440), l’abbé Nicole de Gournay (un Messin), élu en 1415, fut un des principaux bienfaiteurs de l’abbaye; artiste et lettré, il fit peindre à fresque les murs de la chapelle de Sainte- Lucie; il fit représenter en douze tableaux les divers épisodes du martyre de cette sainte, sur un fond rouge semé de petites étoiles d’or et d’aigles éployées d’or. Il accompagna chaque tableau de ces vers en français messin de ce temps, que nous reproduisons d’après M. Ch. Abel :
C’est la vie sainte Lucie de Siracuse.
Lucie pour sa mère quérir santé Le tumbel sainte Agathe ont visité.
Lucie de sainte Agathe heut vision Disant ; Par toy ta meyre a garison !
Lucie à sa 'mère ses biens requist Pour les donner au nom de Jhû Crist.
Lucie aux pauvres gens ses biens départ Affin d’avoir en paradis sa part.
L’espouls Lucie s’en plaint à sa norrice,
Celle répons biens en acquiert plus propice.
Son dit espouls à Paschas la menée Et devant lui pour chrestienne accusée.
Le tiran dist : Sacrifie et rapelle
Tes biens. — Non, car Dieu les a ja, dist-elle.
Lors la commande au bordel trahyner,
Mais le Sainct Esperit l’en a préserver.