Pietro Carrera, Memorie di Catania, p
Voy. Topographie aux Estampes nationales.
Boldetti, Osservaponi sopra i cirmteri de' S. Martin ,
p. 632, in-f°. Roma, 1720.
ARCHÉOL. CHRÉT. II
SAINTE AGATHE
On montre à Malte, près du cimetière de Sainte- Agathe, une chapelle souterraine creusée dans un terrain que Ton considère comme ayant appartenu à sa famille. On y voyait vingt-quatre figures,
fresques d’une grande beauté, dont la moitié a péri. Une élégante figure du xve siècle, en marqueterie, représente sainte Agathe avec le livre et les tenailles.
Vue actuelle de la cathédrale de Catane, d’après une photographie d’Agatino Castorina fournie par M. Sciuto Patti.
ROYAUME DE NAPLES
Gallipoli. — Le culte de la vierge sicilienne dut franchir de bonne heure le détroit de Messine et se répandre dans l’Italie méridionale. Nous y trouverons de nombreux monuments.
A Test, dans le golfe de Tarente, sur un îlot entouré d’écueils qui en rendent l’accès difficile, s’élève la ville de Gallipoli.
La cathédrale est un des monuments qui rappellent le retour des reliques de sainte Agathe dans sa patrie en i 1 26 1 ; une légende peu croyable raconte que le vaisseau qui les ramenait relâcha à 3 milles de Gallipoli, les porteurs les perdirent, puis les ayant retrouvées les portèrent à la cathédrale, qui changea depuis lors son vocable de saint Jean Chrysostome pour celui de sainte Agathe. Une inscription placée sur la porte de la sacristie répète l’écho de cette tradition : « Templum hoc olim divo Joanni Cbysosto??io, postea divæ Agathce post ejus mamillœ inventionem a D. 1126. »
On sait que Gallipoli fut détruite au xme siècle par Charles d’Anjou, et l’on doit croire que l’église souffrit gravement de ce désastre; elle fut abandonnée par ses habitants qui se réfugièrent à Lizza où ils donnèrent à l’église le titre de cathédrale et le vocable de sainte Agathe. En i33q, la cathédrale de Gallipoli fut reconstruite; cet édifice lui-même a disparu, mais nous avons cherché à nous rendre compte de son état d’après celui que nous avons aujourd’hui, d’après une ancienne description et une gravure du xvic siècle.
La ruine du pays, consommée par Charles d’Anjou, empêcha les constructeurs d’y apporter tout le luxe qu’ils auraient voulu; un témoin oculaire, qui la vit encore debout, écrivait: « Erat parvæ capacitatis, parum decentis structuræ et ruinam minabatur. » On voit sur l’estampe que nous
1. On verra à l’article d & Constantinople que des reliques revinrent en 1 204.
Pour cette translation nous renvoyons à notre article de S. Agata-la-Vetere deiCatane, p. 10.
offrons qu’elle était à trois nefs, celle du haut tirant ses jours au-dessus des collatéraux. De la porte d’entrée jusqu’au chœur nous supposons sept entre-colonnements, suivant en cela, non seulement l’indication de la gravure, mais aussi les six colonnes que nous trouvons dans la cathédrale actuelle, qui doivent provenir de l’ancienne et qui déterminaient les travées qui la partageaient (pl. VIII).
Au commencement de la nef de droite s’élevait un campanile qui a disparu dans la reconstruction, mais que les documents nous rappellent. L’évêque Cibo en parlait en ces termes dans la visite de l’ancienne cathédrale: « Inveni in ipsa Ecclesia prope portam majorem, in ala dextera, campanile magnum cum tribus campanis magnis cum suis funibus. » Montoya nous parle de sa démolition : a Campanile fuit dirutum cum ecclesia veteri, et nondum est novum constitutum. » Il ne fut pas reconstruit. La gravure nous montre cette tour avec plusieurs étages, des arcatures et une grosse horloge. De ce côté la grande nef avait sa corniche couronnée d’une crête de créneaux dans le genre de ceux de la cathédrale de Messine.
A l’intérieur, l’église était encombrée d’une foule d’autels érigés par diverses familles qui y attachaient des bénéfices. Ceux qui n’avaient pas de chapelle publique élevaient un autel dans la cathédrale, attribuant une rente au prêtre chargé de le desservir. Cibo nous dit qu’outre le maître autel il y en avait quatorze à droite et autant à gauche; dans le nombre on remarquait ceux de Saint-Jean-Baptiste, de Saints-Côme-et-Damien, celui de Saint-Sébastien construit aux frais de l’université. L’autel de Sainte-Agathe était au milieu même de l’église; on y reconnaissait les armoiries de l’évêque Zelodano.
L’ambon était soutenu par deux colonnes de marbre, il abritait l’autel de Saint-Jean-Baptiste ou du Crucifix.
SAINTE AGATHE
Dans un ancien mémoire on lit qu’il y avait un autel avec cette inscription : « Hoc opus fieri fecit abbas Antonius Cantalupus de consilio et providentia judicis Rahonis fratris sui Domini MCCGCI. » Ce marbre était fixé sous l’autel dans la partie gauche.
En i38o, la cathédrale se vit dépouillée de son principal trésor, des reliques de sainte Agathe, que le prince de Tarente Jean-Antoine-Ursino Balzo, qui gouvernait à Gallipoli, fit transporter dans son nouveau couvent de Sainte-Catherine. Gallipoli en reprit possession; mais plus tard les reliques furent déposées à Lecce, puis, durant la guerre des Français, les Pères olivétains les rendirent au couvent de Sainte-Catherine.
L’église du xive siècle, construite à peu de frais et dans un temps de pénurie, menaçait ruine au commencement du xvii0 siècle; à cette époque, un pieux citoyen, Giac. Lazari, légua une somme considérable pour la reconstruction, qui eut lieu sous l’évêque espagnol D. Consalvo di Rueda (i63o). Les architectes Francesco Bischetini et Scipione Lachibari en furent chargés et démolirent au fur et à mesure l’ancienne église.
Le plan qu’ils adoptèrent est celui d’une église à trois nefs, lesquelles sont séparées par quatre arcades soutenues par six colonnes, celles du bout étant jumelées. Une sorte de transept croise ces nefs et les dépasse de plusieurs mètres. Sous chaque arcade est une chapelle. L’église atteint en longueur 1 1 8 palmes, non compris le chœur; les trois nefs ont 84 palmes en largeur. Une coupole s’élève au-dessus du transept ; les nefs, le transept et le chœur sont voûtés.
Le vieux campanile n’avait pas été reconstruit, mais au sommet on avait ménagé un appareil pour les cloches, dont la plus ancienne remonte à 1 744.
La façade principale est percée de trois portes qui correspondent aux trois nefs; il y a aussi deux petites entrées latérales, l’une qui ouvre accès à la tour de l’horloge publique, l’autre qui donne dans la cour de l’évêché1.
L'église est entourée au couchant et au nord par