Pour S. Agata de Gallipoli, on peut consulter
Bartolomeo Ravenna, Memorie istoriche délia città di Gallipoli. Napoli, i836, in-40.
Schulz, Mon. de l’Italie mérid., I, p. 272.
Plans de la Topographie nationale et collection d’Uxelles.
deux rues nommées S. Agata, au midi par le palais épiscopal, au levant par le séminaire.
Il y a encore à Gallipoli, sous le nom de Sainte- Agathe, un écueil appelé Isola di S. Agata.
Lizza. — Nous devons ajouter un mot pour Lizza,dont l’église devint la cathédrale de Sainte- Agathe à l’époque de la destruction de Gallipoli par Charles d’Anjou. Lizza est un château du moyen âge dont les fortifications conservent quelque caractère sarrasin; il est probable que l’église avait été fort mal entretenue depuis qu’on en avait retiré les précieuses reliques, car Cibo raconte, dans la visite qu’il y fit, qu’il la trouva sans toit; le chœur seul restait couvert, elle n’était défendue par aucune porte, et les trois autels de pierre n’avaient plus de parements ; il remarqua du côté du midi une peinture représentant saint Pancrace, dans le chœur aussi de vieilles peintures, au milieu de l’église un puits et une ancienne fontaine.
Nous donnons, d’après Ravenna, un croquis du vieux château et de l’église dont on aperçoit le campanile au fond (pl. VII).
Naples. — Lorsque le culte de sainte Agathe se répandait avec tant d’éclat dans l’Italie méridionale, on ne pouvait supposer que Naples s’y fût soustraite et n’en conservât aucun monument. En effet j’ai retrouvé à la Topographie nationale sur un plan de i5bo la figure d’une église sous ce vocable pourvue d’un campanile ; je suppose qu’elle dut disparaître ensuite, car elle n’est plus indiquée sur les plans postérieurs.
Nous conservons encore dans la catacombe de Saint-Janvier un souvenir précieux de la dévotion des Napolitains envers notre vierge, ce sont des peintures qui nous la montrent au centre d'une tribune dans une position magistrale. Il y a dans ces vastes galeries deux oratoires que les Italiens appellent « piccole cappelle », garnies d’une tribune, d’un petit autel, et l’un d’eux de fresques dans la tribune. L’image du Sauveur bénissant, tenant un livre, nimbé, sur un fond étoilé, occupe le sommet de la conque; sainte Agathe, immédiatement au-dessous, est debout, au centre, entre sainte Eugénie et sainte Catherine, près desquelles elle semble avoir droit à la préséance; le nom de ces vierges est indiqué par des inscriptions sur le
ROYAUME DE NAPLES
fond. On voit de plus à l’extérieur deux autres vierges désignées parleurs noms : Sca Margarita, sca Juliana ( pl. IX).
Sainte Agathe porte le riche costume des princesses byzantines : tunique ornée de rosaces et de deux petites croix au-dessus de la bordure qui flotte sur les pieds; la tunique de dessus, ou surplis, est blanche, dessinée par des traits rouges, garnie de manchettes et d'une haute collerette avec perles; entre les deux tuniques paraît l’extrémité d’une cyclade verte; enfin un manteau relevé par le bras gauche sert de voile pour porter la couronne, enveloppe l’épaule et tombe par derrière. La sainte a un nimbe jaune ourlé de rouge, des cheveux surmontés d’une aigrette et de larges anneaux qui pendent aux oreilles. Le fond, sur lequel se détache le haut de la figure et sur lequel sont inscrits ces mots : Sca Agathe , est rose; le fond dans le bas offre un soubassement vert que sépare de la zone supérieure une crête violette sur jaune avec filets alternativement rouges et jaunes. Des lis croissent aux pieds des vierges et les séparent.
Des caractères de cette peinture et de son style grossier on peut conclure qu’elle ne remonte pas au delà du x° ou xie siècle, quoique certains traits se retrouvent dans des œuvres plus anciennes. Pelliccia1 dit que le calendrier de marbre du ixc siècle ne mentionne pas pour Naples le culte de sainte Agathe et de sainte Julienne, observation qui donne lieu de penser qu’il leur est antérieur. Ce savant ne les fait pas descendre au-dessous du xi* siècle d'après le style paléographique; il remarque le nom de sainte Catherine écrit Ecaterina , orthographe qu’on retrouve dans un manuscrit lombard du monastère de Saint-Victor à Bénévent, auquel l’absence du nom de saint Bernard donne l’antériorité sur le xue siècle2.
L'église Saint-Paul, qui est, comme on le sait, une des plus anciennes de Naples, possède une chapelle dédiée à sainte Agathe et d’une richesse