‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 255 sur 419 · Voy. Ughelli, Italia sacra, V, p · texte numérisé non relu

Voy. Ughelli, Italia sacra, V, p

Inscription à Sainte-Marie-Mère-de-Dieu.

la réalisation de leur plan, sans compter le terrain de l’ancien palais des comtes de Saint-Boniface que la ville leur donna. Ils furent aidés aussi par le chevalier Nicolas Medici dont le nom se lisait dans le cloître.

Il fallut quarante ans pour compléter le monastère, et cependant l’œuvre fut encouragée et enrichie par de magnifiques libéralités qui prouvent combien les enfants de Saint-Dominique furent promptement populaires. Nous citerons succinctement les principales avec leurs dates ; ( 1 292) Pietro délia Scala, évêque de Vérone, laisse une maison, voisine de S. Maria-in-Chiavica, pour être abattue et rendre Sainte-Anastasie plus accessible à la foule. (1 3oi) Alberto Scaligero lègue 1000 livres pour les constructions, demandant qu’on peigne ses armoiries sur l’arcade de la chapelle Majeure. ( 1 3 06) Le cardinal Napoléon Orsini accorde des indulgences à l’église quœ de novo construhitur . ( 1 307) Guillaume de Castelbarco, conseiller de Alboino et de Can Francesco Scaligieri, s’applique généreusement à la continuation des travaux ; mais, au bout de trois ans, à la suite d’un différend avec les Pères, il tourne son zèle et ses ressources vers San-Fermo ; bientôt il se réconcilie et leur rend son amitié et ses largesses, qui permettent, en 1 3 1 7 , la reprise des travaux. Il mérite comme leur bienfaiteur d’être enterré près de la porte du couvent ( I 320).

Ces travaux cependant n’avaient pas toute l’activité qu’on pouvait désirer et qui dépendait des aumônes capables de les alimenter; ainsi le réfectoire ne fut érigé qu’en r 3 p7 avec les 3oo livres léguées par Catherine de Sezza.

Les Dominicains, comme les Franciscains, finissaient leurs églises par la façade qui restait longtemps sans ornement avec les briques en arrachement, montrant ainsi que l’édifice était inachevé et exigeait encore des aumônes. A Vérone, ce ne fut qu’en 1428 qu’ils s’occupèrent sérieusement de ce complément de leur œuvre; on décida alors que la façade serait continuée dans de meilleures conditions, en pierre dure, avec sculptures, etc. On choisit douze députés chargés de surveiller le nouveau travail et qui, en moins de dix ans, le conduisirent jusqu’au second arc

C’est vers cette époque (1440) qu’on s’occupa de décorer l’édifice de peintures. On sait que les ar-

SAINTE ANASTASIE

tistes les plus renommés du xve siècle contribuèrent à cette tâche.

Les travaux ne discontinuèrent pas durant la seconde moitié du xve siècle : (1252) La sacristie s’éleva aux frais de la famille Giusti 1 dont on y mit les armoiries. (1462-1481) L’église fut pavée. (1464) Le campanile eut sa lanterne ornée et complétée et reçut, aux angles de son couronnement, quatre pierres avec cette inscription sur chacune : « Christus Rex — Venit in — P ace Doits — Et Homo — natus est. » Ces pierres sont probablement les petits pyramidions que nous avons vus encore et dessinés en i85o et que la dernière restauration a malheureusement fait disparaître.

Le 24 octobre 147 1 , le cardinal Michèle, évêque de Vérone, fit une consécration de l’église.

Le xvi' siècle apporta un riche tribut d’ornementation à Sainte-Anastasie : (1 522) On fit sur la façade des représentations de saint Pierre martyr. (1 585)On ouvrit la chapelle du Rosaire. (1 5g 1) On sculpta ce singulier bénitier que supporte une figure humaine, appelée Pasquino parce qu’elle fut placée pour le jour de Pâques 2.

Nous donnons3 4 (pi. VII) une vue absidale de l’église du côté de l’Adige, qui montrera sa silhouette pittoresque et l’heureuse disposition de ses lignes.

C’est de ce côté que Sainte-Anastasie doit être vue; les autres façades ont moins de mérite, surtout la principale, inachevée, dont le portail plus moderne que l’église n’en a plus la physionomie robuste et gracieuse.

L’intérieur de l'église3 est digne des meilleures parties de ses façades ; les six colonnes qui partagent les nefs de chaque côté sont couronnées de chapiteaux que les Italiens dans leur langue archéologique appellent encore byzantins, et d’arcs en ogive. Au droit de chaque colonne s’élève, à partir

1. Cipolla, Ricerche intorno alla chiesa di S. Anastasia. Archivio veneto, XIX, p. 22b.

2. Tous ces détails historiques sont empruntés à Biancolini, Cluese de Verona, II, p. 552 et suivantes.

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