Jackson, I, p
châsse des inscriptions offraient l’authentique la plus assurée qu’on puisse désirer. Sur la face on lisait : « +In nomine SS. Trinitatis hic requiescit corpus S. Anastasiæ. Donatus peccator episcopus feci. Deo gratias. » Par derrière : « -[- In nomine SS .Trinitatis hic requiescit corpus S. Anastasiæ .» Enfin à gauche : «-f- De Donis Dei Donatus peccator episcopus fecit. »
L’humble archevêque abrita cette châsse dans la magnifique église qui fut aussitôt, et non au xiii° siècle comme on l’a prétendu, consacrée à la martyre. On a retrouvé, en effet, dans les archives de Saint-Chrysogone une charte qui contient le testament d’André, prieur de Zara, et qui rappelle ainsi le legs fait en sa faveur : « In Sancta Anastasia una coppa de argento et uno panno (de) serico. »
A défaut de restes certains de la basilique primitive, nous possédons encore cette description de Constantin Porphyrogénète (+959): «Zara (AtaÔwpa) est une grande ville... C’est dans cette ville que repose le corps de la vierge Anastasie, fille d’Eustathius 1 qui régnait alors, et celui de saint Chrysogone, moine et martyr, dont on conserve encore la chaîne. Or le temple de Sainte- Anastasie est allongé, il ressemble à celui qu’on voit à Chalcopratia 2. Il a les colonnes en marbre cipolin et marbre blanc, il est tout orné de vieilles peintures qui représentent les saints. Son pavement, exécuté avec un art merveilleux, est lui-même en mosaïque. Près de Sainte-Anastasie est un autre temple circulaire, dédié à la Sainte-Trinité, qui a au premier étage une galerie pour les catéchumènes. »
L’église Sainte-Marie Chalcopratiana3 à laquelle l’impérial historien assimile notre basilique était située à Constantinople, près de Sainte-Sophie. Son naos avait été restauré et agrandi par Basile le Macédonien (T 887). Elle possédait un narthex, une nef et un sanctuaire ; elle renfermait en outre une grande chapelle dans laquelle se trouvaient un tombeau vénéré et une autre chapelle particulière. Le jour de la fête de l’Annonciation, l’empereur déposait son offrande tant sur l’autel du sanctuaire
1. Ceci est bien obscur; ailleurs on lui donne pour père un Romain nommé Pretextatus et pour mère Fausta (Ferrari).