‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 261 sur 419 · Labarte, Le palais impérial de Constantinople , p · texte numérisé non relu

Labarte, Le palais impérial de Constantinople , p

DALMATTE.

que sur les autels des deux autres chapelles annexées à l’église. S’il fallait chercher des traits de ressemblance jusque-là, on pourrait faire correspondre à cette description la sacristie de Sainte- Anastasie et le passage qui y conduit, lesquels devaient jadis former des oratoires extérieurs h , Les restes de sainte Anastasie reposèrent plusieurs siècles sous l’édifice que saint Donat lui avait élevé, toujours entourés de vénération et glorifiés par des prodiges. Ils y furent, sans que l’histoire mentionne aucune ruine, jusqu’à la fin du xii° siècle. En i 182, les citoyens de Zarà eurent la malheureuse pensée de se mettre sous la protection du roi de Hongrie Bêla 111 et d’attirer ainsi la colère des Vénitiens, qui saisirent la première occasion d’exercer leur vengeance. Profitant, en 1202, d’une dette que les Croisés avaient sur leur trésor, ils leur offrirent de les tenir quittes s’ils les aidaient à s’emparer de Zara. Le marché fut accepté, quoique avec répugnance, et l’on mit le siège devant cette ville que Villehardouin nous représente « moult riche et moult bonne et de tous biens garnie2». Le coup de main réussit, la place fut emportée et les Vénitiens la saccagèrent. « Diruerunt omîtes muros ejus et turres per circuitum et universas domos intrinsecus, nil nisi solas ecclesias relinquentes 3. » Cette réserve semble contrarier la tradition qui nous montre Innocent III justement irrité de cet emploi barbare des armes chrétiennes et imposant la construction de l’église comme pénitence aux coupables. Il est clair qu’elle n’avait pas besoin d’être reconstruite si on l’avait respectée ; mais il est possible aussi que cet ouvrage ait été fait non sur des ruines, mais sur un édifice dont le temps avait peut-être ébranlé la solidité4, auquel on désirait donner de plus belles proportions.

L’histoire se rencontre avec le style de l’édifice pour en fixer la construction dans la première moitié du xin° siècle, le temps ou l’architecture pisane étendait son influence à travers toute l’Italie

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