Villemain, Tableau de l'éloquence chrétienne
ORIENT
Novatiens, qui en comptèrent jusqu’à sept à Constantinople. Après sa destruction par les Ariens et la mort de Constance, les Novatiens obtinrent de Julien la permission de la reconstruire dans le même emplacement, et ils lui donnèrent ce nom d’Anastasie. Ce nom inspira peut-être l’idée d’y placer les reliques de la bienheureuse Anastasie, qui finit par en être tout à fait titulaire.
Constantin Porphyrogénète dit positivement qu’elle était dédiée à la Résurrection du Sauveur et à la sainte martyre Anastasie. Il parle des ornements qu’on y apporta et du toit de pierre qui remplaça l’ancienne charpente de bois.
Codinus écrit que l’église de la Résurrection était seulement jadis un petit oratoire, avec un toit de bois, et que Basile le Macédonien la couvrit d’un plafond d’or.
On dit que ce fut dans ce sanctuaire que l’empereur Nicéphore livra à saint Donat le corps d’Anastasie. Nous avons vu dans notre description du Dôme de Zara que l’authenticité des reliques qu’on y conserve est fondée sur ce fait. Mais nous devons croire, si ce souvenir est exact, qu’il ne s’agissait que d’une partie du corps. En effet, Antoine de Nowgorod (1200) rapporte, dans sa description de Constantinople, avoir encore vénéré dans cette ville les restes de la martyre ; il répète trois fois l’indication : « Haud procul inde, juxta murum civitatis, visitur corpus Anastasiœ virginis. »
Plus loin : « In monasterio Pantocratoris, juxta portam posteriorem, quiescit corpus Constantini monachi, quasi vivum ad portam vero anteriorem exuviæ S. Zoes. — Juxta est corpus S. Anastasice, in ejusdem ecclesia... »
Enfin, à propos des églises suburbaines : « In suburbio Ispigas quiescit corpus S. Anastasiœ h »
Quatre ans après ces descriptions, les Croisés entraient à Constantinople et, parmi les reliques qu’ils rapportèrent, se trouvaient, pour la part de Corbie1 2, des reliques de sainte Anastasie, ce qui