I . P. Delattiie, p
les traces d’un portique et d’une petite chapelle trichorale. Derrière l’abside de la grande nef, les dernières fouilles ont mis au jour les bases d’un quinconce de colonnes, au milieu desquelles s’élevait le baptistère avec sa cuve hexagone, le point le plus facile à reconnaître, nous a dit M. de Vil— lefosse. Les dépendances de ce vaste ensemble s’étendaient fort loin, car on a retrouvé encore là une chapelle avec des niches: l’episcopium s’étendait peut-être dans cette direction.
On verra, sur la perspective cavalière que nous donnons après l’avoir soumise à la savante correction du Père Delattre, de quelle façon nous avons cru devoir entendre la restauration. Les toits des nefs latérales, à cause de leur peu de pente, peuvent être considérés comme des terrasses, ce qui n’est pas contraire aux habitudes du pays; nous avons supposé, au-dessus de la croisée des grandes nefs, une tour carrée qui éclairait le centre (pl. I).
La basilique Major n’était pas la seule dédiée à sainte Perpétue, mais il est difficile de la distinguer des autres.
On a beaucoup discuté sur les églises de Carthage dédiées à sainte Perpétue, sur leur emplacement, leur nombre et leur vocable. On a rapporté les mots de Victor de Vite : « Ecclesiam nomine Restitutam in quaepiscopi semper commanebant »; le troisième concile de Carthage (397), tenu « in secretario basilicæ Restitutæ ». S’agit-il de l’évêque Restitutus ou de la basilique dérobée par les Donatistes et restituée aux catholiques ? Le quatrième concile l’appelle : « Perpétua restituta. » Ailleurs : « Majorera ecclesiam ubi corpora s. martyrum Perpetuœ et Felicitatis sepulta erant. » On cite aussi ce passage de Victor de Vite : « Les Vandales enflammés par la haine détruisent de fond en comble les théâtres, le temple, les Memoriœ , la rue qu’on appelait Céleste. Et, pour dire le nécessaire, la basilique Majeure (majorent ou majorum), où reposent les corps des martyres Perpétue, Félicité, la basilique de Celerina ou des Scillitains, et les autres églises qu’ils ne détruisirent pas, avec audace tyrannique, ils les livrèrent à leur culte l. »
1. On a découvert, dans les fouilles de la basilique de Cherchell, une mosaïque antique qui représente une femme foulant aux pieds un dragon. On a cru qu’elle représentait sainte Perpétue; mais M. de Villefosse m’a dit qu’il s’agissait d’un type de Vénus très connu.
Pératé, Arch. ch?\, p. 212.
ARCHEOL. CHRET. II.
ITALIE
ROME
On a dit que les reliques de sainte Perpétue et de sa compagne auraient été enlevées d’Afrique pendant la persécution de Genséric (477) et portées à Rome l 2.
M. de Rossi ne parle pas de cette tradition : « Les seuls martyrs n’ayant pas leur sépulcre à Rome , dit-il, dont nous trouvions la fête marquée dans l’ancien férial de l’église romaine, conservé dans le livre chronologique de Philocalus, sont les Africains Cyprien, Perpétue et Félicité. C’est que leur célébrité ne se bornait pas à l’Afrique seule, mais s’étendait dans tout l’Occident et même à l’Orient, car l’église d’Afrique était insigne parmi toutes les autres et étroitement unie à l’église romaine3. »
M. de Rossi publie dans ses Inscriptions chré-
tiennes un marbre qui porte le nom de Perpétue à côté d’une image d’orante1; il cite aussi au Latran des reliques des martyrs, sainte Perpétue du Latran.
On conserve des reliques des saintes Félicité et Perpétueà Saints Sergius-et-Bacchus3, à Saint-Clément3. Un ancien catalogue les signale au baptistère de Saint-J ean-de-Latran 4.
A Saint-Etienne-le-Rond une fresque de Pomerancio représente notre martyre dans l’amphithéâtre au milieu des bêtes féroces5.
Une gloire aussi éclatante que celle de Perpétue devait rayonner loin de son foyer; l’inscription de son nom au canon de la Messe et l’émission de ses reliques expliquent les monuments éloignés que les chrétiens lui élevèrent.
DIVERS
Naples. — On conservait des reliques à S. Paolo3.
Pour Naples et le midi de l’Italie, nous devons nous rappeler qu’un groupe de martyrs dont faisait partie une sainte Perpétue pouvait partager le culte dans le pays.
Faenza. — Les moines de Cluny, de la congrégation de S. Marco, avaient de temps immémorial un monastère en dehors de la porte Montanara,