Migne, Dict. d’épigraphie, I, p
5. Tripon, Historique monumental du Limousin (LK2 872. Réserve 1834).
Le dessin de Beaumesnil était conserve à l’abbaye des Feuillants, à Limoges.
Duroux, pl. I.
Un croquis informe en existe aussi dans les annales du P. Saint-Amable.
ABBAYE DE BEAULIEU
Tulle (Corrèze). — Abbaye de Beaulieu. — (846) Fondation de l’abbaye de Beaulieu, par Raoul, archevêque de Bourges; des reliques de sainte Félicité y sont déposées. —Vocable de l’abbaye. — (ix°, Xe et xi0 siècles) Riches donations. — (io3i) Spoliation. —
— Peinture dans la chapelle de la sainte Vierge. — (1097) Parties absidales de la nouvelle église de l’abbaye en construction. — (xne et xin° siècles) Construction des nefs et du portail de l’église. — (xme siècle) Châsse de sainte Félicité sur le maîtreautel. — (xine siècle) Le bras reliquaire. — ( 1 3 79) Plaintes portées devant le pape contre les spoliateurs du monastère. — Aliénation. —(1569-1574) L’abbaye ruinée par les huguenots. — Désorganisation du monastère. — Efforts pour le réformer. — (1661) La réforme confiée aux Bénédictins de Saint-Maur. — Dom Lieutaud, ses projets. — ( 1 663) Plans des archives, devis. — Manque de ressources pécuniaires.
— (1676) Retable de l’autel de Saints-Prime-et-Félicien. — (1678) Réparations dans l’église. — Retable de la chapelle de Notre-Dame. • — (1680) Dom Dupont, prieur, nouveau plan. — (1682) Forfait pour la construction d’un vaste bâtiment pour les religieux. — (1691) Travaux dans le chœur de l’église.
— Monasticon gallicanum, gravure de Dom Germain (f 1694). — (1720) Boiserie dans le réfectoire. • — (1723) Historique par Dom Amand Vaslet. — (1859) Cartulaire recueilli par M. Deloche. — (1879) Restauration par M. de Baudot. — (1881) Incendie des bâtiments exécutés par Dom Dupont.
L’abbaye de Beaulieu est le plus grand monument que nous possédions en France du culte de sainte Félicité, monument qui lui fut consacré dès le milieu du siècle. M. l’abbé Poulbrière a publié dans le Bulletin archéologique de la Corrèze (t.VI,
1 liv.) un curieux manuscrit d’un de ses derniers prieurs, Dom Amand Vaslet, qui le rédigea en 1727. L’histoire de la fondation est ainsi rapportée :
« Rodolphe (ou Raoul), étant archevêque de Bourges depuis six ans, c’est-à-dire depuis 840 4, tonda l’abbaye de Beaulieu l’an VI de Charles le Chauve, qui revient l’an 846 de la naissance de J.-C. Il la dota dans l’étendue du pays deTurenne de diverses terres et héritages de son patrimoine, dont la plupart lui étaient échus par donation du comte Rodolphe, son père; ce qui fait voir qu’il était seigneur et propriétaire dudit pays. Le lieu de la fondation s’appelait auparavant Vellin ou Vellines, et il fut nommé par le saint fondateur Beaulieu, peut-être à cause de l’agrément que de-
1. Selon M. Deloche qui cite les preuves, l’élection de Rodolphe au siège épiscopal se place entre le 29 juillet 842 et le 3i décembre de la même année. Le monastère de Beaulieu fut nécessairement fondé en 855.
Deloche, Cartulaire, CCXXIX.
vait lui donner l’abbaye, où il y a une fort belle église, longue de vingt-sept toises sur neuf de largeur, ou encore à cause de sa situation très agréable le long de la Dordogne, avec un cercle de hautes collines, toutes remplies de vignes, et un vallon bien cultivé où a été bâti le monastère... » (p. 70).
On peut affirmer, pièces en main, que les reliques de sainte Félicité se trouvaient déposées à l’abbaye dès le temps de sa fondation1. M. Dcloche rapporte plusieurs chartes qui la mettent sous le vocable de la sainte et qui, par conséquent, accusent la présence des reliques. Une des plus curieuses est celle du comte Jouffroy, le frère du saint fondateur, qui fit des donations testamentaires au monastère nouvellement fondé, nouvellement appelé Beaulieu et dédié à la sainte martyre Félicité : ... « Quamobrem ego igitur in Christi nomine Godefredus, gratia divina favente, cornes, consentibus uxore mea Gerberga et filiis meis Godefredo et Rodulfo hujus sæculi casum pertractans et misericordiam Dei reminiscens, cedo res proprietatis meæ ad monasterium, quod nuper a rusticis Vellinus, sed novo opéré a nobis Belluslocus nominatur, et est constructum in honore S. Principis apostolorum et sanctæ Felicitatis martiris et s. Ursini et Marcellini confessoris, aliorumque sanctorum, ubi vir venerabilis Garulfus abbas præesse videtur2. »
Dans une donation de 8g 5 , nous lisons encore : « In honore videlicet s. Pétri et s. Felicitatis aliorumque sanctorum... »
Cette formule de donation : « monasterio
S. Pétri et S. Felicitatis aliorumque sanctorum » se retrouve à la fin du ixe siècle dans des actes de 868, 887, 888, 894, et pour le xc dans des actes de 904, 9i3, 916, 917, 968, 971.
Nous citons ces dates non seulement comme preuve de l’antiquité du vocable de sainte'Félicité, mais aussi pour le souvenir de la dévotion.
Certains donateurs attribuaient une destination à leurs libéralités, témoin le moine Bernard, au commencement du xie siècle, qui achète des terres et des vignes pour payer, par leur produit, le luminaire de la chapelle de la Sainte-Vierge. La charte rapporte une sorte de programme des peintures
1. Notice ms. de D. Estiennot. Bibl. nat., latin, 12747, p. 91.