‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 325 sur 419 · Abbé Poulbrière, ms. de Dom Vaslet · texte numérisé non relu

Abbé Poulbrière, ms. de Dom Vaslet

Bull., VI, p. 146 en note.

4. Voy. la belle restauration de l’église abbatiale dessinée en 1879 par M. de Baudot.

traie ogivale a sous clé 17™, 77 de hauteur; elle est portée par une double rangée de six piliers avec colonnes engagées; elle a entre les bases de ses piliers une largeur de 6m,5o. Du portail à l’hémicycle, on mesure une longueur de 53 mètres.

Les piliers se composent d’un carré auquel se rattachent quatre demi-colonnes; ces colonnes ont des bases antiques et leurs fûts élancés et couronnés de chapiteaux très simples avec feuilles légèrement recourbées en volute.

Les nefs latérales ont sous clé 9™, 90 et, comme largeur, 3 mètres; la largeur totale de l’église égale i7m,8o. On remarquera les piliers qui partagent les nefs : les premiers en partant du bas de l’église sont de forme ogivale et le dernier vers le transept est à plein cintre.

Le transept est surmonté d’une lanterne octogone d’une hauteur sous clé de 23 mètres, semblable à celle qui se voyait autrefois à Saint-Martin de Tulle et s’observe encore à Aubazine.

La largeur du transept est de 38 mètres. La branche septentrionale aujourd’hui fermée avait autrefois une ouverture sur le cloître.

Deux chapelles demi-circulaires, l’une de Sainte- Emélie, l’autre de Saints-Prime-et-Félicien, se rattachent à ce transept.

Le chœur, entouré de colonnes, est enveloppé par un déambulatoire demi-circulaire avec trois chapelles en demi-tours rondes, dédiées à saint Jean, à la sainte Vierge, à saint Biaise; le maître autel est dédié à sainte Félicité.

Les constructeurs de l’église, très sobres d’ornementation, semblent avoir réservé la richesse pour laporte méridionale, un desplusremarquables travaux romans1. Dans le tympan, sous un arc légèrement ogival, on a représenté le Jugement dernier ; au milieu, à une grande échelle, le Souverain Juge étendant les bras comme sur le Calvaire pour faire le partage éternel; derrière lui, deux anges apportent la croix, la pièce de conviction du procès suprême; aux deux côtés de son trône sont rangés des apôtres; tout auprès, deux anges jettent de leurs trompes un appel retentissant, sous lequel les tombeaux s’ouvrent et les morts se réveillent. La sculpture, barbare à certains points de vue, est éminemment monumentale; elle garnit tout le

1. Abbé Poulbrière, Le portail de Beaulieu, Revue de l'art clirét., 1870, p. 272.

ABBAYE DE BEAULIEU

tympan sans confusion, sans recherche d’effet d’ombre et de lumière heurtée qui ruine l’effet d’ensemble.

Sous les pieds du Christ, deux frises de sculptures présentent des monstres qui s’emparent des damnés. Au-dessous, le meneau de la porte est orné d’une figure d’Atlas, les pilastres latéraux offrent les images de saint Pierre avec les clés et de saint Paul avec son livre. Les faces latérales des contreforts, ceux mêmes qui accompagnent ce portail,

A l’est du cloître, trois grandes arcades mettaient ses galeries en relation avec le chapitre. Cette salle capitulaire était couverte par six voûtes d’arêtes dont les retombées centrales avaient lieu sur deux grosses colonnes cylindriques1. C’est au-dessus que s’étendait le dortoir des religieux.

Auprès du chapitre, une petite porte donnait accès au logement de l’abbé et à la chapelle de Notre-Dame, précédée d’un vestibule, voûtée en arêtes, soutenue par des contreforts extérieurs,

ont reçu une riche décoration d’arcades et de figures.

De l’église on communiquait avec le cloître; ce cloître, assez vaste, affectait la forme d’un quadrilatère, avec galeries tout au pourtour; il avait six arcades sur la longueur et cinq seulement en largeur, et autant de voûtes d’arêtes contre-butées par des contreforts à l’extérieur. La perspective du monasticon suppose deux colonnettes affrontées, ce qui reporterait le style de cette construction à une époque tout à fait étrangère aux édifices de Beaulieu. Le plan des Archives est si explicite que nous ne pouvons mettre son témoignage en doute : il nous offre des voûtes d’arêtes, des contreforts comme conséquence et exclut ainsi les éléments des cloîtres romans. Le puits n’était pas au milieu, mais dans l’angle sud-ouest de l’enclos.

éclairée par une seule fenêtre et dont l’épaisseur des murailles est une preuve de son ancienneté.

Au moment de la restauration bénédictine cette partie était tellement ruinée que le plan ne présente que des données incertaines. Les réfectoires étaient toujours situés à l’opposé de l’église, ici il occupait presque entièrement la face septentrionale du cloître; le plan des Archives de 1680 l’indique comme ruiné.

La face ouest du cloître, d’après un des plans des Archives, était contiguë à de petites constructions peu importantes mais peu anciennes, et leur absence dans les autres plans bénédictins laisse croire qu’elles n’ont jamais existé qu’à l’état de projet.

1. Voy. tout à fait la même disposition à Sainte-Perpétue de la Celle.

SAINTE FELICITE

Les services les plus importants étaient groupés autour de l’église et du cloître; les édifices secondaires, les communs sê trouvaient répartis dans un plus grand rayon. De petits bâtiments à l’entrée contenaient les logements du prévôt, du doyen, de l’aumônier qui avait un jardin. Le long des murailles de la ville s’étendait un beau jardin pour la communauté.

En revenant vers l’est, on trouvait l’infirmerie, complètement isolée des bâtiments conventuels, le cimetière, à l’abside de l’église. Les murailles urbaines, pliées en cet endroit, étaient encore flanquées d’une tour et revenaient au midi en embrassant le pourtour de l’église.

Presque tout le trésor a disparu; cependant un bras de sainte Félicité, conservé séparément du corps, était déposé dans un beau reliquaire en forme de bras que nous avons encore, mais dépourvu de sa relique. Un ancien inventaire, cité par Dont Vaslet, le décrit ainsi : « Item fuit exhibitum aliud reliquiare argenteum, cum sua porta seu janua, factum ad modum brachii, infra quod consislit brachium beatæ Felicitatis. Quando defertur unum panum parvum, argenteum, deauratum, cum uno annulo in medio digitorum, in quo1... » (pl. NV).

Ce bras d’argent, sauf les médaillons et autres ornements qui sont dorés, a om,49 de hauteur; la main est privée d'un doigt et de l’anneau que garnissait sans doute une pierrerie de valeur, elle tient une petite boule; au poignet, sous un anneau de filigranes et de gemmes, paraît la tunique intérieure ornée de losanges gaufrés, et un peu plus bas, sous une bordure de filigranes gemmée, s’ouvre la manche de la tunique. Cette manche a sa couture cachée par une bande aussi filigranée et gemmée ; elle est semée de petits disques dorés avec des aigles entourés d’un grenetis. Ces petits disques, dont beaucoup font malheureusement défaut, étaient fixés par deux rivets rappelés encore par des trous. Ces aigles figurent le dessin de l’étoffe qu’a choisi l’orfèvre, dessin fort répandu dans les tissus du xii° et du xme siècle; nous en avons un exemple peu éloigné, comme temps et lieu, dans la tunique de saint Etienne, conservée à Ambazac2 (Haute-Vienne) (1121); on y voit

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