La Messe, VIII, p. g3, pl. DXLI
aussi des aigles avec les ailes déployées, dans des médaillons. Les inventaires sont remplis des descriptions d’étoffes de ce genre. Il semble que cet ornement ait été surtout affectionné en Allemagne, à cause des empereurs; au Campo Santo de Pise, sur la statue funèbre de Henri VII, le sculpteur a jeté un grand pallium tout brodé d’aigles dans des octogones.
On pouvait vénérer les précieux os de la martyre par une petite porte encore bien conservée, qui s’ouvre en tournant sur deux charnières et qui se ferme, du côté opposé, par une broche. Cette porte cintrée est treillagée et ornée; à chaque intersection des mailles du treillis est placée une petite croix équilatérale.
La partie inférieure du reliquaire est moderne1; il était peut-être monté sur un socle comme le bras de saint Bernard de Menthon, à Saint-Maurice d’Agaune2, ou le beau reliquaire de meme forme qui de la collection Soltykofî passa dans celle de M. Basilewski sous le n° 148 3. Ces deux pièces offrent une grande analogie avec l’objet que nous étudions et sont attribuées par les savants aux xiic et xme siècles.
M. le curé de Beaulieu avait envoyé à l’Exposition de 1889 ce bras, un autre bras d’argent contenant des reliques de saint Emilien et un coffret en forme d’église, consacré à celles de saint Prime. On voit sur cette châsse figurée l’histoire des Mages.
Divers. — Clermont. — Dès l’époque carlovingienne un autel dédié à sainte Félicité existait dans l’église Saint-Martin. Le manuscrit de Savaron décrit ainsi sa position : « Inter Rubiacense monasterium et S. Victoris ecclesiam inradicibus Waiferi Castri 4. »
Au vme siècle, les riches reliquaires de Saint- Riquier possédaient de ces restes.
Une église est encore dédiée à sainte Félicité, dans la Somme, à Lignières-Chatelain (près Poix).
Gellone. — La Bibliothèque nationale, dans le curieux sacramentaire du vuie siècle, porte une oraison en l’honneur de nos deux saintes (pl. XVI).
1. Ce précieux objet a été exposé en 1889 au Trocadéro où nous l’avons dessiné.
2 .Aubert, Trésor de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, pl. XXVIII, XXIX.
3. Collection Basilewski, pl. XXV. Il est attribué au xin6 siècle.