RAVENNE
On a dit que le campanile avait eu le même sort que le portique; il n’en est rien heureusement, et, s’il pouvait secouer le disgracieux vêtement de stucs sous lequel on l’a travesti, déchirer les maigres moulures qui le ceignent, renverser la pyramide qu’on lui a imposée au sommet, à la place de son toit plat, il reparaîtrait avec ses briques, ses cordons de terre cuite semés de modillons de marbre, ses belles colonnettes romanes, sans que les décorations du xvne siècle aient altéré le fond de sa construction.
En somme, cette façade borghésienne, en se plaçant même au point de vue de l’époque1 paraît une des moins réussies, et Milizia s’exprime très bien en disant que cette oeuvre fait peu d’honneur au génie de Soria; il fallait le spirituel burin de Falda1 (1669-1692) pour prêter un peu de charme et de pittoresque à une telle architecture (pl. II).
Les descriptions que nous avons rapportées dans cette notice historique et les dessins que nous avons faits pour rappeler l’ancien état des choses nous dispensent d’une description nouvelle, qui ne serait qu’une répétition.
Divers. — L’illustre basilique transtévérine n’est pas la seule à Rome qui conserve le souvenir de saint Chrysogone; on vénère aussi ses reliques à Sainte-Croix de Jérusalem2, à Saint-Sixte et à Saint-Clément 3.
Le plus ancien calendrier romain fixe sa fête au 24 novembre, qui fut sans doute le jour de son martyre. S’il ne souffrit pas à Rome, il était Romain et avait droit en cette qualité aux prémices du culte de sa patrie; une des plus grandes marques de vénération qu’il reçut, fut d’avoir son nom inscrit au canon de la Messe. Son office, célébré à Rome et dans presque tout l’Occident le 24 novembre, figure dans le sacramentaire de saint Grégoire avec une préface propre.
L’oraison placée par saint Grégoire est celle qu’on lit encore dans le missel et le bréviaire ro-