‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 348 sur 419 · ZARA · texte numérisé non relu

ZARA

la richesse de ses matériaux et la légèreté gracieuse de son architecture1 2 ; elle est certainement, après le Dôme, l’église la plus intéressante de Zara. Son plan n’est pas tout à fait basilical, en ce que les colonnes qui partagent ses trois nefs sont interrompues par des piliers avec demi-colonnes. Chaque nef est terminée à l’ouest par une abside circulaire. Les colonnes isolées sont d’un beau marbre, peut-être antiques, et couronnées de chapiteaux romans. Les impostes des arcs sont garnies de denticules comme à Spalato et à Trait*. Malgré ses petites dimensions (29 mètres sur 7m,6o pour la nef principale et 1 5m,8 5 pour la largeur totale), elle est admirablement bien proportionnée et soumise aux meilleures règles.

Le principal ornement de l’édifice consistait dans la mosaïque de sa grande abside qui a disparu et dont un dessin, fait vingt ans avant sa disparition, nous a conservé le souvenir3. « La mosaïque, écrit M8r Bianchi, représentait le Sauveur avec la sainte Vierge à sa droite et saint Jean évangéliste à sa gauche; au-dessous, une bande qui comprenait tout l’hémicycle contenait une inscription qu'on ne pouvait plus déchiffrer, et plus bas encore les figures des douze apôtres désignés par leurs noms dont quelques-uns étaient encore lisibles. » L’époque de ce travail était indiquée avec précision par ces mots qu’on voyait encore sous les images des apôtres Simon et Jude :

HOC OPCJS FIER! JUSSIT STANA FILIA COMITIS PETRANA IADER(A)E ET d(ALMATIe) p(ROCONSULIs)

Un document de ii3q, nous l’avons vu, mentionne Pietro, appelé aussi Petrana, comte de Zara. Il y avait sur l’archivolte du grand arc une inscription fort endommagée par le temps, peut-être mal copiée sur quelques points et qui doit être ainsi complétée :

SUMMA MAJESTAS TUA TUAQUE POTESTAS OMNIA GUBERNAS PUGILLO CUNCTA SUSTENTAS ANNO MILLENO XPI DECIES QUOQUE DENO ET DECIES SEXTO TER QUINTO MSEQ. MAIO (die) Ei(us)de(m) m(en)s1S QU(ARTO)

1. Abbé Bauron, Voyage aux rives illyriennes. Missions catholiques , mars 1888, p. 114.

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