FRANCE ET DIVERS
Dijon (Côte-d’Or). — Le culte de saint Chrysogone n’a pas été inconnu en France; il a pénétré de très bonne heure en Bourgogne, comme nous le voyons par les recherches dont nous fait part le savant abbé Denizot qui s’occupe de l’hagiographie du diocèse de Dijon : saint Chrysogone était anciennement patron de l’église disparue de Cestre (hameau de la paroisse de Verdonnet au canton de Laignes). Ce hameau, très ancien, à en juger par les sculptures mérovingiennes dont on a découvert beaucoup de restes dans le voisinage même de l’église, a été chef-lieu paroissial jusqu’au xin' ou xive siècle.
Le culte de saint Chrysogone s’étendait à toute la contrée. On venait en pèlerinage à Saint-Griso pour diverses maladies, et il reste encore quelques vestiges de cette dévotion. Selon une naïve tradition populaire, qui malheureusement se perd tous les jours, on dit que saint Griso était très puissant parce qu’il assistait tous les jours à la messe1.
Voici les renseignements que M. l’abbé Utinet, curé de Verdonnet, veut bien ajouter aux précédents :
« La dévotion à saint Chrysogone (Saint Griso en patois) a dû être grande dans nos pays aux siècles de foi, car jusqu’à la Révolution on venait en procession de tous les pays voisins, pour demander la pluie, sur l’emplacement de l’ancienne église rappelé par une simple croix portant la date de 1690. Ce fait de procession en l’honneur de