Moroni, Di\., XXXI, p. 77. Il marque la date de
martyrs Jean et Paul qu’il avait acquises à Rome, entra dans l’église pour prier et, lorsqu’il voulut en sortir, une force invisible l’empêchait de franchir le seuil. A ce signe, il comprit aussitôt que la volonté divine exigeait qu’il les déposât dans le sanctuaire, il en fit donc le sacrifice, les plaça respectueusement sur le maître autel et fut libre de sortir. Depuis lors on appela communément l’église SS. Giovanni e Paolo.
Cette translation fut sans doute antérieure à Ugo, à partir duquel il est fait mémoire de ces
reliques d’une manière toute spéciale et bien qu’elles ne fussent pas les seules de Giovenazzo. Celte importance s’expliquait par les nombreux miracles dont elles étaient l’occasion, principalement en faveur des énergumènes qu’on attachait à une des colonnes encore debout au xvme siècle.
Un document de 1191, acte de visite faite sous l’évêque Paulino, mentionne la consécration d’un nouveau baptistère, substitué à l’ancien, dans l’église paroissiale S. Maria, aujourd’hui SS. Giovanni e Paolo. D’après cette charte, on distingue les clercs du Dôme de ceux de cette église qui servait auparavant de cathédrale et l’on peut conclure que la nouvelle cathédrale existait antérieurement, ce qui réfute l’opinion qui en attribue l’érection à Frédéric II1.
SS. Giovanni e Paolo, en cessant d’être cathédrale, fut collégiale et paroisse. Au xvie siècle, l’évêque Giov. di Ribera transféra près de cette église le monastère des Bénédictines qui était en dehors des murs.
D’après divers rapports que j’ai recueillis, il
1. Ludovic© Paglia, Istoria délia città di Giovetia^o, Napoli, 1700. in-40 (K. 600), p. 62, 70.
Üghelli, Italia sacra, VII.
TOSCANE
résulte qu’elle ne possède plus rien d’intéressant pour l’archéologie b
Paglia indique une église SS. Giovanni e Paolo dans les environs.
Monrea/e (Sicile). — Les mosaïques du Dôme de Monreale (xn6 siècle) nous ouvrent un vaste livre d’iconographie où nous pouvons puiser pour presque tous nos articles ; elles ne nous font pas défaut ici et nous montrent saint Jean et saint Paul au-dessus de l’arc du presbytère et sous les rampants du toit: S. IOHS.M— S.PAVLVS.MR—1 2. Ils sont sur fond d’or et en costume de guerriers
byzantins, imberbes et armés d’une lance; saint Jean porte de plus une épée dans le fourreau et saint Paul un riche bouclier. Ils ont des chausses rayées, une tunique verte, une cotte d’armes en or sur l’épaule de laquelle est jetée la chlamyde. Nous avons vu, à Ravenne, nos saints sous un costume apostolique et nous les retrouvons ici sous un vêtement militaire qui correspondait, dans la pensée des artistes du moyen âge, à leur condition de chevaliers romains. Ces mosaïques rappellent des guerriers de la cour de Constantinople, comme nous verrons plus tard nos miniatures rappeler les armures de fer des chevaliers du xm° ou du xiv° siècle (pl. V).
TOSCANE
Luni. — Nous trouvons en Toscane un monument précieux par son ancienneté, je veux dire le monastère fondé à Luni en 598 en l’honneur de nos martyrs par l’évêque Venantius. Ce souvenir nous est conservé dans une lettre de saint Grégoire le Grand3 4; Venantius avait donné sa maison pour en faire une demeure de vierges consacrées et il en avait dédié la chapelle à saint Pierre apôtre, aux martyrs Jean et Paul , Hermès et Sébastien, il avait ajouté des biens qu’il possédait à Fabrioniano et Lumbricata, à 2 milles de Luni, au bord de la Macra; il y avait deux serviteurs pour les faire valoir et seulement deux paires de bœufs. Saint Grégoire consulté trouva peut-être ces ressources médiocres, car, deux ans après, en envoyant à Luni une abbesse pour diriger le nouveau monastère, il recommande à l’évêque de ne la laisser manquer de rien, car il faut écarter les besoins matériels pour bien vaquer à l’oraison b
1. Lettres de Dom Germano et de dè Mattia, photog. à Bari, 1891.