‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 388 sur 419 · P. Zachariæ, Episcop. crem. sériés, p · texte numérisé non relu

P. Zachariæ, Episcop. crem. sériés, p

VENISE

légende. En i 226, le doge Giacomo Tiepolo aurait eu une vision dans laquelle l’oratoire et la place voisine de San-Daniele lui apparurent remplis de fleurs parfumées; plusieurs colombes blanches, portant des croix d’or sur leur front, voltigeaient au milieu de ces fleurs pendant que deux anges descendus du ciel agitaient des encensoirs dans l’air. Le doge entendit aussi une voix qui disait : «Voici le lieu que j’ai choisi pour mes prêcheurs.» Dès le lendemain, il raconta sa vision au sénat qui décréta aussitôt la cession d’un terrain de 40 pas pour l’agrandissement du monastère.

Il est probable que les Frères prêcheurs avant Tiepolo avaient une demeure à Venise. Leur première habitation était voisine de la paroisse S. Martino. Des documents de 1226, 122g indiquent que le prieur de cette église appartenait à leur ordre. Edifié de leurs vertus, Tiepolo leur accorda un terrain, encore couvert d’eau, près de S. Maria Formosa (i23q), qui n’est pas éloignée. Ce serait alors que le prieur Alberico, ayant recueilli d’abondantes aumônes, commença la construction d’un vaste couvent et de l’église que nous admirons aujourd’hui.

En 1246, Innocent IV accorda des indulgences pour les bienfaiteurs.

Un document de 1390 nous apprend que les procurateurs de Saint-Marc, Pietro Corner et Michèle Sténo, donnèrent dix mille ducats «alla gesia di S. Zani Polo dclli béni di M. Nicolo Lion (dont ils étaient les exécuteurs testamentaires) per fabricar délia detta gesia e délia présente cappella di S. Domenico. »

Tommaso da Siena raconte qu’en 1 3g5 il avait vu l’église construite dans le milieu de sa partie inférieure, à la chapelle du Rosaire et au campanile. Il faut donc admettre que la construction de l’édifice traîna en longueur pendant tout le xiv0 siècle et qu’elle ne fut peut-être pas achevée longtemps avant iq3o, époque de la consécration solennelle *.

On ne peut néanmoins conclure de là que tout soit si tardif. Les nefs portent dans leur style la franche allure du xiiic siècle. Les tombes de la façade semblent un sceau d’authentique pour la certifier de cette époque. Enfin, en 1295, le chapitre général de l’ordre qui se tint au monastère de Saints-

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