Id., Messagiero di S. Agata et S. Lucia, mars
Amici et Statf.lla, Catana illustrata, III, p. 94.
Carrera, Memorie di Catania, p. io5. Insérées dans le Thésaurus Siciliœ, X.
laire qui s’allonge du midi au nord et qui est couverte de fortes voûtes. Il mesure intérieurement 5m,go sur 2m,65, et offre sous clé 2m,p5 de hauteur. La muraille qui l’entoure n’a pas moins de 1 m, 80 et celle du fond atteint même im,9o; c’est là qu’on distingue les restes d’une fenêtre antique dont l’architrave en pierre volcanique est restée attachée à la vieille construction. Sur ce linteau on remarque encore les trous où étaient scellés les barreaux d’une grille. Peut-être cette fenêtre n’était-elle pas antérieure aux temps ou les chrétiens transformèrent le lieu en oratoire1. On distingue aussi dans la prison des traces de peintures (pl. 1).
A l’orient de la prison et presque contiguë, une autre pièce sans communication avec elle, et d’un
d’une époque postérieure, tandis que tout le reste j remonte à l’époque romaine, comme la prison elle-même ; ces trois parties devaient appartenir à | un seul et même édifice.
La prison et ses dépendances se trouvent aujour- | d’hui incorporées dans un bastion élevé sous Charles V vers 1 5 5 6 ; travaux qui durent faire [ démolir l’antique édifice du côté du levant.
La porte qui met la prison en communication avec l’église a sans doute été percée au moment de la construction de celle-ci.
Les matériaux des murs de la prison sont tout | à fait conformes aux autres monuments de l’époque romaine qui subsistent à Catane, tels que le théâtre, l’Odéon, l’amphithéâtre, les thermes, les hypogées, etc. ; comme dans ces monuments on y observe « l’opus incertum » des anciens. M. Sciuto Patti reconnaît aussi dans la disposition de l’édicule celle des prisons romaines.
Au-dessus de la prison ou sainte Agathe fut enfermée, s’élevait dès l’antiquité une chapelle dédiée à saint Pierre. A une certaine époque elle fut agrandie, ce qui fit disparaître les restes de l’édicule primitif, et aujourd’hui il n’en reste que le souvenir et la situation que marque le vieil oratoire de l’archiconfrérie dédié à saint ! Pierre.
Du temps de Cajetani, la prison était couverte
1. Aujourd’hui la prison est si obscure que M. Sciuto Patti, pour la photographie qu’il a eu la bonté de nous envoyer, a été obligé de faire intervenir la lumière du magnésium.
SAINTE AGATHE
de fresques sur la voûte et les murs, fresques qu’il attribuait au xie ou xii® siècle, au temps de l’évêque Ansgerio. Du côté de l’est, on voyait représenté le comte Roger offrant à sainte Agathe un tableau oü on lisait : « Do ÿbi Catanam cum juribus et pertinentiis suis , » et au-dessous : « Rogerius cornes. » Ces fresques sont maintenant presque insaisissables, elles ne doivent pas, à juger d’après le peu qui reste, remonter au delà du xive siècle. Sur l’autel est une statue de la sainte du xvie siècle.
Au midi de la prison s’élève l’église qui porte le nom de S. Agata-al-Carcere, et qui correspond par une porte de communication; elle a 25™, 3o de longueur, environ 8 mètres de largeur intérieure. On y reconnaît trois époques fort différentes. Elle ne se composait d'abord que de la partie centrale placée devant la prison, couverte d’une voûte dont les arêtes retombent aux angles sur des colonnettes. Ces colonnes, en pierre calcaire de Syracuse, sont surmontées de riches chapiteaux corinthiens et d'un gros abaque en pierre volcanique. M. Sciuto Patti l’attribue au commencement du xv9 siècle et aux bienfaits de la famille du Guerreri de Catane, dont les armoiries sont sculptées à l’intersection des ogives et au sommet des arcs. On y entrait primitivement du côté du midi en face de l’entrée de la prison, où l’on voit l’autel du Crucifix; cette porte donnait sur une ruelle maintenant fermée qui sépare l’église du palais Cerami. On ajouta vers 1760 la partie antérieure qui forme la nef (i2ra,56 sur 7 m , 3 5 ) . Enfin le chœur ne date que de la fin du siècle dernier.
A droite de la porte qui conduit dans la prison, on conserve dans un cadre vitré deux anciennes dalles de pierre volcanique. Sur celle placée audessus, on remarque les vestiges de deux pieds, qu’une pieuse croyance nous montre comme ceux de la martyre. Les actes n’en parlent pas, mais les anciens Pères n’ont pas oublié ce miracle; notamment saint Méthode, patriarche de Constantinople, le mentionne au ixe siècle. M. Sciuto Patti, qui joint l’expérience d’un ingénieur distingué à la foi d’un grand chrétien, trouve des preuves d’authenticité dans l’examen des pierres elles-mêmes. Il atteste qu’étant donnée la nature de la pierre, il est impossible d’y faire au ciseau
une entaille si nette, avec des bords si précis et un fond aussi lisse. Les anciens ni les modernes n’ont jamais sculpté la lave compacte, et surtout ils n’ont jamais pu atteindre un tel degré de netteté.
La dalle qui porte ces empreintes a 48 centimètres sur 5o. La longueur du pied du talon au pouce mesure r 7 5 millimètres, la plus grande largeur de la plante du pied est de 60 millimètres, le talon est large de 35 millimètres, la profondeur des empreintes est de 3 centimètres. Les pieds sont fort rapprochés et indiquent la position d’une personne debout et fixe. L’autre pierre a 66 centimètres sur 46. Elle est de la même nature, volcanique et compacte, elle est un peu usée malgré sa dureté, ce qui prouve le long usage qu’elle eut comme seuil de la prison. La tradition qui rappelle cet usage est exprimée dans un distique qu’on a inscrit dans l’intérieur de la prison :
Hic fixit ruitura pedes impulsa furore Carnificis rapido, carceris antra petens1.
Près du cadre qui entoure ces pierres, il y en a un autre également garni d’un verre où l’on con- I serve le couvercle de l’ancienne châsse de bois dans laquelle, en 1126, les reliques de sainte Agathe furent rapportées à Catane (pl. I).
S. Agata-la-Velere (ancienne cathédrale). — Suivant une ancienne tradition, cette église aurait été fondée par l’évêque Everius en 264, c’est-à-dire après la mort de l’héroïque vierge. C’est là en effet que s’élevait le prétoire antique qui comprenait l’emplacement de l’église del Santo-Carcere, ainsi que toute la partie occidentale du palais du prince Cerami avec les dépendances. Ce prétoire était accompagné par derrière de prisons, dont l’une servit de cachot à Agathe, et qui s’ouvraient au nord. Il renfermait aussi une vaste cour, tout entourée de portiques, avec une loggia au levant, de laquelle on dominait l’amphithéâtre étendu à ses pieds. Une peinture de Bernardino Negro (1 588) qu’on voit dans l’église contiguë del Santo- Carcere représente la martyre sur le bûcher, l’amphithéâtre et le palais du proconsul que renverse le tremblement de terre.
Un oratoire primitif fut transformé en une