Tillemont, III, p
M. Le Blant, que je consultais à ce sujet, ne connaît pas cette formule parmi les inscriptions antiques. Saint Damase, saint Ambroise l’admettent comme véritable (lettre de M. Sciuto Patti, décembre i8go).
Voy. à Milan l’hymne attribuée à saint Ambroise.
Durand de Mende, Rat. div. off., lib. VII, cap. vi.
SAINTE AGATHE
de cette relique malgré les témoignages anciens qui en parlent et qu’il rejette presque complètement ; à propos de sainte Agathe, il repousse Bède, sainte Adelme, Isidore de Séville et tout ce qu’offre Bollandus. Cette discussion est trop en dehors de notre compétence, pour que nous y intervenions; j’observerai toutefois, et c’est la chose principale pour notre histoire monumentale, que cette relique a été crue véritable au moins depuis le xne siècle, puisque l’inscription figure à Catane sur un marbre de cette époque et elle doit à ce titre intervenir dans l’histoire du culte de sainte Agathe.
La formule est une de celles qui se répandirent le plus dans l’épigraphie monumentale du moyen âge ; elle est appliquée spécialement sur les cloches
parce que sainte Agathe passait pour préserver les campaniles des feux du ciel. Nous la retrouvons sur une cloche de Saint-Pierre de Rome1, à Saint-Sixte de Viterbe, dans le Mugello, etc.; puis encore en France, en Allemagne et dans toute l’Europe.
M. l’abbé Luchini est d’avis que cette formule est incomplète et qu’il faut ajouter pour rendre l’épitaphe entière : Hic jacet B. Agatha quæ mentem sanction, etc. On ne peut malheureusement
i. Pitra, Analecta novissima, II, p 3i6,
juger la chose d’après la relique elle-même, enfermée entre deux tableaux qui la dérobent tout à fait à la vue; on ignore même si elle est en pierre ou en bois. Sur le tableau du devant on a représenté, vers le xve siècle, une Madone, et, sur celui de derrière, la scène du martyre de sainte Agathe en style moderne.
L’époque où la relique fut transférée à Crémone est tout à fait incertaine. Cavitelli prétend que ce fut un prêtre, peu de temps après l’invasion des Lombards en Italie (568), qui l’apporta et la déposa dans une chapelle, en dehors de la porte Pertusia. La ville s’étant étendue et la basilique de Sainte- Agathe ayant été construite au lieu actuel en 1078, on l’y aurait déposée. D’autre part, Bordigallo, dans sa célèbre chronique manuscrite, au commencement du xvie siècle, dit qu’un des prévôts de l’église fut l’auteur de cette translation.
Ce qui semble le plus probable, c’est que, à l’époque où les reliques de sainte Agathe revinrent d’Orient en Sicile et où elles furent distribuées à plusieurs villes, celle-ci devint le partage de Crémone (1 127). Cette hypothèse serait confirmée par les dates de Bordigallo1.
Avant iqqS, on vénérait cette relique dans la confession, sous une forme de triptyque; à droite de la Madone était peint l’apôtre saint Jacques, à gauche on voyait sainte Firmina vierge. Aujourd’hui, elle n’a plus les volets peints et elle est placée au maître autel2.
L’église Sainte-Agathe de Crémone possède de la sainte une épaule et quelques parcelles d’ossements. Il y a aussi des reliques dans la chapelle S. Stefano.
L’origine de l’église Sainte-Agathe remonte au moins au xie siècle, fait certifié par l’acte de fondation et des chartes de donation attestant son existence en 1077 : « Petrus et Christiana quæ et Dulce, jugales donant Ecclesiæ S. Agathæ in Cremona très petias terræ 3. » Elle est l'objet (1078) d’une bulle de Grégoire VII4 (1095), d’une bulle
1. Ces données sont empruntées aux lettres de D. Luchini et à une brochure : Breve compendio degli atti del glorioso martirio di S. Agata , 1 883 . Plaquette.