LOMBARDIE. — VERONE
d'Urbain II (iogo); elle est occupée par les cha- I noines de Latran* qui y restent jusqu’en 1462, époque où Pie II la convertit en prévôté séculière en faveur de son secrétaire.
Dans un livre de cens du xii' siècle, il est question du chapitre régulier de Sainte-Agathe2.
En 1 1 13, un gigantesque incendie, allumé par la foudre ou par le fait d’Andrea Visconti, éclata à Crémone et y détruisit vingt-neuf églises; il est probable que Sainte- Agathe en souffrit gravement a. Sainte-Agathe figure dans les statuts du xm' siècle parmi les principales églises de la ville4.
En 1256, les Crémonais guelfes, selon l’usage du parti, grand constructeur de palais du peuple, élevèrent celui de la ville devant Sainte-Agathe, peutêtre celui-là qui figure dans le plan de Campi sous ce titre : Palatium e Regionœ S . Agathe , précédé d’un portique5 (pl . XV).
Le trésor, au xve siècle, devait être bien garni, à en juger par le calice niellé et le livre à miniatures qu’il nous a légués6. Sainte-Agathe fut convertie alors en commende (1496), puis de nouveau en paroisse ; le curé a les honneurs des prélats, la mitre, la crosse, l’anneau, etc.7.
Sainte-Agathe reçut, à la fin du xve siècle ou au commencement du xvie, une restauration importante, qui fut suivie, au xvie siècle, de travaux de peintures. L’histoire nous en a conservé les principales dates. La voûte de la grande nef fut peinte à fresque par Ricco (i5io), œuvre insigne qu’on a eu, en 1 83 1 , la barbarie de recouvrir de chaux. Sur un pilastre on voit un Ecce homo et, sur une muraille, une Pietà de iSeb. Campi peignit sur la muraille latérale du chœur l’histoire de sainte Agathe (1 5 3 7) ; un peu plus tard (1 549), B. Campi, l’Assomption. L’ornementation picturale se poursuit pendant tout le siècle. Gervasio Gatti est chargé (1574) du premier autel à droite, ou il peint un Saint Sébastien. Scutellari compose une