‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 70 sur 419 · Petits Boll., II, p · texte numérisé non relu

Petits Boll., II, p

Savoie). — Nous signalons un monument du culte de sainte Agathe, au milieu des montagnes de la Savoie, à quelques lieues du Rhône, à Chaumont ; l'église par son style prouve que la vénération pour notre sainte y remonte au xne ou xme siècle, époque ou elle fut fondée. Le chœur, le soubassement de la tour appartiennent encore à l’ancien style, mais la nef qu’on a flanquée de deux tribunes circulaires a été reconstruite par Ms1' de Thiollay en 1821. La dévotion que la population de Chaumont professe envers la patronne est merveilleuse et découle sans doute d’une tradition ancienne1.

Nous avons, dans notre restauration de Sainte-

1. « Le jour de la fête, nous écrit M. l’abbé Vidonne, tous y prennent part et assistent en grand nombre, les hommes surtout, à la procession qui se fait à travers le village, en portant triomphalement les reliques de la vierge martyre. Plusieurs femmes lui attribuent leur guérison, tous ont en elle une grande confiance pour être préservés de l’incendie. Chaque dimanche, au sortir de la grand’messe, on chante : Paganorum multitudo..., et le prêtre dit l’oraison de sainte Agathe. C’est l’accomplissement d’un vœu fait en 1711 le 8 novembre. Voici l’histoire de ce vœu, consigné dans un registre:

« L’an mil sept cent onze, le 8 novembre, un incendie se « déclara subitement et avec furie dans trois maisons du « milieu de Chaumont; tout le monde était dans la terreur, « on pleurait, on se hâtait de porter secours. Alors le curé, « dont le ministère est de prier pour son peuple, entre à « l’église-, met sa confiance dans le Dieu qui avait sauvé « les trois enfants de la fournaise, revêt son surplis et « l’étole violette, prend les reliques de sainte Agathe et « vient se présenter devant l'incendie en récitant l’antienne « et l’oraison de sainte Agathe. Après quoi, effrayé par l’in- « cendie, il revient à l’église, prend dans ses mains le Saint- « Sacrement, selon le rite accoutumé, et va au-devant de « l’incendie; cela fait, il rentre à l’église, quand subite- « ment, pendant que tous travaillaient contre le1 fléau, « l’incendie s’arrêta tout court; la frayeur des habitants « cessa aussi. On fit vœu alors de réciter chaque dimanche « et fête l’antienne et l’oraison de sainte Agathe. En Tance née 1723 Mar Rossillon de Berney bénit et approuva ce a vœu fait en l’honneur de sainte Agathe. Ont signé : « Revillez parochus, Boissier, Curtet, L. Magnin. »

« Ce qui prouve, mieux encore que ce vœu, l’amour des habitants pour sainte Agathe, et ce qui, ajoute M. l’abbé Vidonne, est rare même parmi les religieuses populations de la Savoie, le jour de la fête patronale, tout amusement mondain, tout bal est suspendu et l’on croirait la profaner en se livrant aux divertissements. »

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