FRANGE. — BAVEUX
Agathe, supprimé les parties modernes, c’est-àdire les ailes circulaires qui flanquent la nef moderne et le haut du clocher qui est reconstruit. L’ancienne nef était plus étroite que le chœur, ce qu'on voit encore par un ancien contrefort prouvant que l’angle de ce chœur était en saillie sur sa muraille. Les fenêtres de la nef ont été refaites; il ne reste que celle du chœur, ogivale et aujourd’hui bouchée par crainte des orages qui la battaient et obligeaient à des réparations dispendieuses. Elle était partagée en deux par une colonnette (pl. XVI).
Le clocher a été rasé à la Révolution 1 jusqu’au toit de l’église, reconstruit et couronné par une disgracieuse coupole; mais il garde dans le soubassement les traits de son ancienne architecture, une jolie porte ogivale avec tympan trilobé, rinceaux et pampres. Sur le tympan s’élève une sorte de croix dont les branches se terminent par des fleurs de lis, réminiscence peut-être de l’arbre du Calvaire, si fécond en fleurs et en fruits (pl. XVII).
Sur la façade méridionale on distingue encore dans le bas de la muraille le rocher sur lequel repose l’édifice.
A l’intérieur, le chœur est recouvert d’une voûte d’arête, avec nervures pentagones, reposant d’un côté sur des colonnettes et de l’autre sur des culs-de-lampe à têtes humaines2. C’est la partie la plus ancienne de l’église, plus ancienne même que le clocher qui a enveloppé dans sa maçonnerie un des contreforts primitifs.
On montre un tableau qui a survécu à la Révolution et qui représente sainte Agathe, les yeux levés au ciel, la main droite sur la poitrine et tenant de la gauche un plateau sur lequel sont les caractéristiques de son martyre (2m, 40 sur 2m,io).
Tels sont les renseignements 3 que nous avons pu recueillir sur ce village, blotti au pied d’une montagne qui l’abrite des vents du nord et dont les pittoresques maisons sont serrées autour de Sainte-Agathe comme sous ses ailes ; elles
semblent imiter la piété des habitants liés par
1. La Révolution a rasé presque tous les clochers des environs.
2. Poncet, Études historiques et artistiques sur les anciennes églises de la Savoie, 1884, in-8», p. 87.
3. Nous les devons à l'obligeance de M. l’abbe deQuincy, vicaire générai d’Annecy, et de M. l’abbé Vidonne, de Chaumont,
une si touchante dévotion à notre glorieuse vierge.
Arras (Pas-de-Calais). — Nous avons mentionné l’autel qui, du temps d’Alcuin, était consacré dans l’église Saint-Waast aux vierges Cécile, Agathe, Agnès, Lucie. Il avait fait aussi des vers pour un autel dédié à saint Amand et sainte Agathe :
HAC HONOR ECCE TUUS PRÆSUL AMANDUS IN ARA JAM COLITUR, NOBIS TU AUXIUARE PATER.
VIRGO SACRATA DEO NEC NON VENERATUR AGATHA DEFENDAT PRECIBUS TECTA SACRATA DEO L
Auch (Gers). — Cologne. — Il existe une paroisse sous le vocable de sainte Agathe dans la petite ville de Cologne (plus de 800 habitants). Malheureusement, nous écrit M. l’abbé Martin2, il n’existe plus rien des anciens souvenirs qui pourraient nous aider à reconstituer son histoire et qui ont, sans doute avec tant d’autres, disparu dans la Révolution.
Baveux. — Caen. — Une chapelle dédiée à sainte Agathe s’élevait près de l’église de la Trinité, au milieu d’une petite place, sur le versant du coteau donnant sur la prairie ; son emplacement aujourd’hui peut être indiqué à l’angle de la venelle de Sainte-Agathe et de la rue Basse. Elle est représentée sur d’anciens plans, sur celui de Belle-Forest en 1575 avec une seule nef et un petit pavillon sur le haut de la façade servant de campanile. Un plan de 1677 indique de plus sur la façade latérale deux hautes croisées qui s’élèvent sous les pignons en pénétrant dans le toit. Un plan de 1733 marque trois croisées dans cette façade. Un autre, gravé par Etienne au xvme siècle, montre le portail principal surmonté de deux fenêtres, d’une croix sur le chevet. Une porte latérale s’ouvrait au midi.
Le docteur Pépin (1881) donne ce renseignement sans en rappeler la provenance : « Sainte- Agathe était une petite construction rectangulaire dont le gable occidental était surmonté d’un petit clocher ; la porte latérale était placée du côté du midi. »