FRANCE. - MENDE
du comte de Provence et qui la défrichèrent; au xne siècle, l’archevêque d’Arles l’obtint à son tour et devint prieur de l’église.
Le vocable de sainte Agathe n’est pas le primitif. L’abbé de Mont-Majour, en édifiant l’église, la mit sous le titre de Saint-Pierre; plus tard l’archevêque d’Arles la plaça sous celui de Notre-Dame de Bethléem ; ce fut à la suite d’un vœu que fit un seigneur qu’elle prit le nom de Sainte-Agathe. Cette église n’a rien de remarquable comme art ancien'.
Le Mans (Sarthe). — Saint Aldric, en construisant son église (833), y réserva un autel en l’honneur de sainte Agathe, qui peut être considéré comme un des monuments les plus anciens conservés dans l’histoire de cette région1 2 (extra chorum in honore s. Agathæ).
Meaux (Seine-et-Marne). — Vaires{ près Lagny, ancien diocèse de Paris). — 11 y avait un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin3, sous le vocable de sainte Agathe.
Montpellier (Hérault). — Gellone. — Un des plus vieux monuments iconographiques que nous possédions en France de sainte Agathe est certainement la miniature du sacramentaire de la célèbre abbaye de Gellone. On sait que cette abbaye, dans le diocèse de Lodève, fut fondée par saint Guillaume, duc d’Aquitaine, sous le règne de Charlemagne (8oq.)4. On y conservait ce manuscrit qui remonte à l’époque de la fondation et qui passe même pour être plus ancien 5 ; ses miniatures, notamment celle qui nous intéresse ici, sont des plus grossières; elles rappellent le style des peintures visigothiques et l'époque des initiales composées de bêtes enchevêtrées, avec bariolage de couleurs. Au folio 17 v°, on voit une figure debout, les bras croisés, tenant une sorte de fleuron de la droite, la tête coiffée d’un capuchon comme celui de la cuculle béné-