Dictionnaire topographique de la Nièvre
FRANCE
de notre charmant Breviarium -parisien.se (latin, 1023, f° 3o6), qui représente la vierge attachée à la croix, les deux bras étendus comme le Christ, pendant que les bourreaux la déchirent avec les tenailles; elle est aussi liée par les cheveux. Il est impossible de dépasser ce chef-d’œuvre dans l’art de l’enluminure, comme beauté de composition et hnesse de rendu (pl. XXXII).
Une autre peinture du même dépôt, qui me paraît plus ancienne, appartient au même type et rappelle aussi le calvaire (fonds français, 6447, f° 25o v°). Agathe est aussi attachée à la croix, le bas du corps couvert d’une jupe bleue, pendant que les tenailles la martyrisent; mais elle n’a pas la dignité, la fierté souveraine de l’autre miniature, elle succombe sous la souffrance. La scène se passe sous une arcade crénelée entre deux tourelles. Au-dessus on lit cette rubrique : « Ci comence li vie madame sainte Agathe benoite virge. LX » (pl. XXXII).
Un manuscrit du xivc siècle de la légende dorée (fonds français, 1 8 5 , f° 222) a son chapitre de sainte Agathe. Le sujet représente une scène de décapitation étrangère aux actes de notre sainte ; une autre (f° 184) figure sainte Agathe devant le juge. Une légende dorée du xive siècle, peinte en grisaille (franç., 414, f° 8), nous montre la sainte souffletée devant le juge (pl. XXIII).
Un des monuments paléographiques les plus anciens de sainte Agathe est aussi un manuscrit de la Bibliothèque nationale (latin, 13745), qui nous donne le martyrologe d’Usuard écrit entre la mort de la reine Ermentrude, femme de Charles le Chauve, et la mort de Charles le Chauve luimême, c’est-à-dire entre 869 et 877. Il n’est malheureusement pas pourvu de miniatures.
Un manuscrit de la réserve (latin, 17294), qui appartient encore au xive siècle par la naïveté et le caractère de plusieurs de ses ornements, nous offre plusieurs tableaux de la vie de notre vierge (iq35), peints en miniature; on suit les phases successives de la légende sur ces charmantes vignettes (pl. XXV).
Signalons à la bibliothèque de l’Arsenal le bréviaire de Pierre d’Orgemont (1384-1409) et une légende dorée (n° 3682, f° 166 v°), qui figurent le martyre (pl. XXIII).
L’église de Paris était riche en reliques; on
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envoyait avant la Révolution, à Saint-Merry, dans un magnifique reliquaire d’argent. Les paroissiens l’avaient eu en échange du chef de leur patron qu’ils donnèrent à l’église de Chanseaux-en Brie. Il y a encore de nos jours des reliques de sainte Agathe dans la châsse qui se trouve au-dessus du maître-autel dans cette église1.
Paris possédait une communauté sous le vocable de sainte Agathe. Elle suivait la règle de Saint- Bernard. Elle était établie, vers 1697, entre la rue du Pot-de-Fer et la rue des Rosiers. L’année suivante, les religieuses s’établirent au village de la Chapelle, puis enfin, en 1700, à Saint-Médard, ou elles firent bâtir une chapelle sous l’invocation de leur patronne2.
Le plan de Paris de Turgot (1739) figure le couvent de Sainte-Agathe, rue de l’Arbalète (près de la rue Mouffetard).
Périgueux (Dordogne). — A Fouleix (canton de Vergt, près de Périgueux), une église dédiée à notre sainte a été restaurée il y a vingt-cinq ans. M. Malafaye avait pris un dessin de son ancien état et il a eu la bonté de nous le communiquer (pl. XXVI). Cette petite église, qui paraît dater d’une époque reculée, du xue siècle, se composait alors de deux travées marquées par des contreforts et éclairées chacune par d’étroites fenêtres; à ces deux travées s’ajoutait une abside carrée, au-dessus de laquelle s’élevait un pignon avec une baie pour la cloche et une croix au sommet. L’important clocher moderne qu’on a élevé a changé l’aspect de l’édifice. Non loin de l’entrée est une partie circulaire qui dut autrefois contenir un escalier. L’église de Saint-Amand, toute voisine et probablement de la même époque, possède une tour pareille, avec cette différence qu’elle se trouve à droite au lieu d’être à gauche. Elle sert encore à monter dans les combles et sur le toit de l’église.
Selon M. Malafaye, un collatéral a dû exister au midi, ou se trouve le presbytère, car, au premier étage, on remarque encore la naissance des nervures des arcs en ogive qui soutenaient la voûte 3.