Lettre de M. Malafaye, 9 janv
Dict. topog. de la Dordogne.
SAINTE AGATHE
Poitiers (Vienne). — Le monastère de Noaillé avait un autel au vine siècle, consacré à saint Philibert et sainte Agathe. Alcuin nous a conservé l’inscription métrique qu’on y lisait1 :
HANC PATER EGREGIUS ARAM FILIBERTUS HABEB1T, PLURIMA CONSTRUX1T QUI LOCA SANCTA DEO :
HUIC QUOQUE CONJUNCTA EST CLARISSIMA MARTYR AGATHA, VENERAT IN THALAMUM SANGUINE VIRGO POLI.
Reims (Marne). — Villers- Aller and. — Villers- Allerand, dans les environs de Reims, possède une église dédiée à sainte Agathe, bien conservée et intéressante. Ce village a une histoire fort ancienne; il est, dit-on, désigné dans le testament de saint Remy sous le nom de Villanis ou Villaris
On a dit, en se basant je ne sais sur quel fondement, qu’elle avait été primitivement consacrée à saint Pierre : c’est possible : il y avait au xvne siècle un autel du prince des Apôtres. On voit encore sa statue faite au xive siècle, qui était autrefois dans l’église et qu’on a scellée dans un mur voisin; mais cela n’exclut pas le vocable de sainte Agathe, incontestable dès le xine siècle (pl. XXVII et XXVIII), comme le prouve le chapiteau portant l’image de son martyre.
M. l’abbé Dupont, qui est aujourd’hui curé, et près duquel nous avons trouvé l’accueil le plus sympathique, a découvert dans les archives de la paroisse une notice qui nous révèle un monument du culte de sainte Agathe dans sa paroisse. Un curé de Villers, M. Bouré, mort vers 1786, conservait dans l’église, avant la Révolution, une statue de sainte Agathe, dont il nous a laissé heureusement la description avant que ce trésor ait disparu, détruit sans doute, comme tant d’autres, en 1793. Voici ce qu’on y lit : « A toutes les fêtes solennelles, on expose à la vénération des fidèles un reliquaire que tient à la main gauche une statue de vermeil, dite de sainte Agathe, vierge et martyre, patronne actuelle de la paroisse, haute de 14 à i5 pouces. Cette statue tient aussi de la main droite une tenaille d’argent non doré, et sa tête est couronnée de rayons de vermeil. Des connaisseurs qui l’ont examinée ont dit que c’est un ouvrage de sept ou huit siècles, fait à Rome ou en quelque autre ville d’Italie. »