Messagiero di S. Agata, décembre 1889, p.q
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48 centimètres de haut. Sur chaque versant une croix byzantine feuillagée, montée sur une haste. Dans un des tympans triangulaires du toit on voit une figure à mi-corps, portant un nimbe crucifère. 11 est évident que ce couvercle est de beaucoup postérieur au sarcophage lui-même. M. Sciuto
Tombeau de sainte Agathe, d’après des lithographies fournies par M. Sciuto Patti.
Patti le croit du vne ou vin8 siècle. Jusque-là le tombeau devait être recouvert d’une table horizontale sur laquelle on accomplissait les saints mystères.
D’après l’examen de ce marbre, il est probable que l’on se servit pour ensevelir la vierge d’un sarcophage acheté dans un atelier de sculpteur antique, tout préparé d’avance, mais inachevé, sur lequel on brisa les sujets mythologiques qui pouvaient offusquer la foi chrétienne, respectant ceux qui n’avaient pas le même défaut.
M. Sciuto Patti doute que le tombeau d’Agathe ait toujours été à S. Agata-la-Vetere. Une tradition accueillie par de graves auteurs, tels que Grossi et le savant Amico, le suppose dans le voisinage del Carminé où précisément un tableau figure sainte Lucie priant devant les reliques de sainte Agathe. M. Sciuto Patti s’y rallie aussi ; il fait observer qu’on ne pourrait supposer la sépulture dans l’intérieur des murs, ce qui aurait été en contradiction formelle avec les lois1. Il reporte la sépulture en dehors dans une petite
1. On peut voir une intéressante dissertation sur ce sujet par M. Patti, dans le Messagiero di S. Agata , i3 août 1889.
chapelle, intitulée S. Maria-in-Bettelemme, que saint Everius fit élever le lendemain du martyre (261) et dont Amico voyait encore les restes au xvi° siècle; plus tard on trouva convenable de ramener les reliques dans le prétoire où elle avait si glorieusement confessé le Christ, et on éleva l’église S. Agata-la-Vetere que nous visitons en ce moment1.
On sait que les reliques avaient été ravies à Catane et portées à Constantinople, et on rapporte ainsi l’histoire de leur retour. La translation des reliques de sainte Agathe eut lieu en 1126 par l’office de deux chevaliers, l’un Calabrais, nommé Goselino, l’autre Français, Gislibert. Voici comment Maurice, l’évêque de ce temps, raconte cet événement : « En l’an de grâce MCXXVI indiction IV, étant pape Honorius, successeur de Callixte, deux personnages latins habitaient Constantinople, l’un Gislibert, l’autre Goselino, le premier Français, le second Calabrais. Gislibert, attaché par un emploi à la maison militaire du souverain, eut, comme il l’affirma devant nous, une vision de la bienheureuse vierge Agathe, pendant une, deux et trois nuits; elle lui ordonnait d’enlever secrètement son corps de l’église, où il reposait, et de le reporter dans le lieu ou elle souffritle martyre pour le Christ. Cette vision, comme elle parut incroyable à quelques-uns, ne doit pas être par nous soumise à l’examen de la raison humaine, mais réservée au jugement de Dieu. Or nous pouvons affirmer avec vérité que, sans l’intervention de la volonté de Dieu, la bienheureuse vierge ne nous serait pas revenue. Gislibert, n’osant à lui seul une si grande hardiesse, mit Goselino dans sa confidence, et avec lui, pendant le repos de la nuit, tenta l’entreprise; il dressa une échelle, entra dans l’église ou reposait la vierge, ils enlevèrent par un larcin louable les reliques, les placèrent dans une corbeille qu’ils couvrirent pieusement de roses parfumées. Aussitôt avec le trésor que la Providence avait mis dans leurs mains, ils revinrent précipitamment à la maison de Goselino, cachèrent, avec le plus d’honneur qu’ils purent, la tête de la vierge dans un vase, les autres reliques, de peur qu’on ne pût les découvrir, dans deux carquois vulgairement appelés turcassi... »