D’Auriac, Histoire de la cathédrale d’Albi
SAINTE CECILE
qua clericos aggregavit, quibus præfecit Benedictum abbatem, et S. Ceciliæ albiensi semper subesse voluit1. » Je ne doute pas que la nouvelle église ne portât elle-même le titre de Sainte-Cécile.
Ces documents suffisent pour montrer que, dès le xc siècle, l’église cathédrale d’Albi était dédiée à Cécile, que la dévotion des seigneurs du pays s’exerçait en sa faveur par de nombreuses libéralités et que son culte y régnait souverainement. Les richesses dont on comble un sanctuaire témoignent non seulement de son existence, mais aussi de son importance et de la beauté de la construction. Nous ne saurions douter que le sanctuaire cécilien, qui dès le début du xe siècle attirait ces générosités, ne leur fût beaucoup antérieur et qu’il ne possédât déjà dans sa construction une certaine magnificence.
Ces antiques souvenirs n’ont malheureusement, à notre connaissance, laissé leur empreinte sur aucune pierre. Les ruines de la première cathédrale d’Albi, que l’histoire nous désigne au pied de celle actuelle, ne peuvent être reportées si loin, et nous devons attendre pour les décrire, en suivant le cours du temps, la fin du xne siècle ou le commencement du xme siècle.
La date la plus ancienne, oü les documents historiques s’accordent avec nos vieilles pierres, est une charte de 10792, dans laquelle nous voyons qu’à cette époque on travaillait encore au cloître. De ce cloître, renouvelé au milieu du xie siècle, nous avons encore quelques arceaux, supportés par des colonnettes jumelées, dans le sens de la largeur, comme dans tous les cloîtres romans du midi de la France 3. Les chapiteaux sont si frustes qu’il est impossible d’y distinguer une caractéristique de leur style; mais les arcs en -fer à cheval semblent appartenir encore à l’influence sarrasine. Les archivoltes sont extradossées, biseautées et reposent sur des tailloirs ; ces restes, à demi cachés par des constructions modernes qui rendent leur étude difficile, paraissent néanmoins concorder avec l’époque romane primitive (pl. XXXIII).
Ces portiques devaient être environnés de constructions monastiques, des demeures ou l’évêque Frotard voulait installer ses chanoines,