Du Tems, Le clergé de France , 1774, I, p
basilique grandiose, vraiment digne de leur patronne, et obtint d’eux, en leur donnant luimême l’exemple de cette libéralité, qu’ils renonceraient, pour subvenir à la dépense, au vingtième de leurs revenus pendant vingt ans. Il y attribua aussi le revenu de toutes les églises qui étaient a sa collation ou à celle de son chapitre et qui viendraient à vaquer, sauf l’honoraire des desservants, pendant vingt ans, et enfin une année de revenu de toutes les autres quand elles vaqueraient dans le même intervalle1.
Ce fut avec ces ressources qu’il commença le grandiose sanctuaire auquel il entendit prêter un aspect de majesté guerrière. Selon l’opinion de M. de Rivières, si versé dans l’histoire du Languej doc, ce prélat voulut que son édifice frappât les esprits des habitants chez lesquels des germes | d’hérésie albigeoise pouvaient encore couver, il voulut pour ainsi dire confondre sous leurs yeux l’Eglise et la forteresse et leur donner respect de la force de l’Eglise. Il consacrait ainsi, dans la ville même qui avait donné son nom à l’hérésie, le triomphe du catholicisme, pour ainsi dire abrité sous un donjon et flanqué en tous sens de remparts inexpugnables.
En même temps, il construisit un nouveau château pour sa résidence3, château qui remplaça l’ancien, signalé dans des chartes de 1167, JI8i, 1218, etc.3, et il le réunit à l’église par de larges courtines flanquées de tours. On pouvait alors de loin, en suivant le Tarn, contempler cette fière citadelle comme un symbole de la force unieàla foi.
Pour accomplir son dessein, Bernard ne pouvait laisser l’église dans le pli de terrain au fond duquel nous retrouvons les ruines de la vieille cathédrale, il fallait la porter sur le point le plus élevé. Il fit ainsi et jeta les fondements du chœur au sommet de la colline en traçant, sur toute la crête, le plan de sa longue nef que devait terminer la tour occidentale.