‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 108 sur 343 · Mérimée, Notes de voyage, p · texte numérisé non relu

Mérimée, Notes de voyage, p

Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'arch., plan II, p. 38o.

Porche VII, p. 3o6.

M. de Rivières attribue au xv" siècle la partie supérieure de la tour et, au xvie, le porche d’entrée. Ce dernier travail fut, selon lui, commencé dans les premières années du xvie siècle et terminé de 1 536 à 1 55o, sous l’épiscopat du cardinal Jean de Lorraine, qui y fit sculpter non ses armoiries, mais celles de plusieurs abbayes dont il était abbé, notamment de l’abbaye de Cluny et de l’abbaye de Marmoutiers1.

A l’extérieur, la Renaissance ne modifia pas la physionomie de ce colosse qui semblait l’effrayer; d’ailleurs, elle n’était pas de taille à le changer; mais à l’intérieur, où les petits ornements sont mieux admis et où l’élégance est plus à sa place, elle fit beaucoup.

Ce fut d’abord le jubé qu’on éleva à l’entrée du chœur, et sur le haut duquel dominent le Sauveur crucifié, la sainte Vierge et saint Jean, et que partagent cinq compartiments renfermant dix arcatures où « la sculpture, dit Mérimée, a épuisé tous ses délicieux caprices, toute sa patience, toute sa variété. On passerait des heures entières à considérer ces détails gracieux et toujours nouveaux, à se demander avec un étonnement sans cesse renaissant, comment on a pu trouver tant de formes élégantes sans les répéter, comment on a pu faire, avec une matière fragile, une pierre dure et cassante, ce que de nos jours on oserait à peine tenter avec du fer et du bronze 2. »

Au centre et au-dessus de la porte principale par laquelle le jubé s’ouvre sur la nef, sous un dais richement sculpté, parée des atours d’une grande dame du temps, Cécile, la reine de l’harmonie, tient un petit orgue dans sa main gauche 3.

Le chœur est orné aussi de stalles magnifiques4 et de la même époque ; au-dessus d’un soubassement en menuiserie sévère, haut de 2ra,5o, s’élèvent, de 3 ou 4 mètres, des tabernacles feuillagés et fleuris qui surmontent une troupe d’anges tenant des banderoles. Ces anges, de la plus gracieuse composition, sont peints ainsi que les intervalles qui les séparent 5.

Page 1