FRANCE. — BESANÇON
sur le penchant d’un coteau, dans la riante vallée de l’Orbiquet, d’une manière pittoresque. Elle était de construction romane. La principale entrée était au nord. Une petite statue en pierre de sainte Cécile était posée sur un cul-de-lampe au-dessus de la porte, à l’extérieur de l’édifice. On apercevait, à gauche de cette porte, les vestiges d’une arcade romane qui donnait anciennement accès dans la nef, et, à l’extrémité du mur méridional, une petite ouverture romane aussi large que haute. Le mur septentrional, construit en blocage, paraissait dater du xme siècle.
Les deux fenêtres du chœur étaient ogivales. De chaque côté du maître autel, deux statues de sainte Cécile, dont l’une en pierre, paraissaient dater du xv° siècle. M. le curé nous dit que la vieille église avait environ 2 5 mètres de long sur 7 de large. La statue dont nous
Statue de sainte Cécile . ..... .
à Beuviiiers. donnons ici 1 image, d apres
son croquis, était celle du sanctuaire ; quant à celle de l’entrée, elle a disparu. Il reste encore des statues de la sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste et de sainte Radegonde, dans les mêmes dimensions que sainte Cécile. La croix de la trabe a été conservée, ainsi que quatre chandeliers et un crucifix de bois qui a dû servir de garniture au maître autel l. La nouvelle église, placée un peu plus bas que l’ancienne, ne présente aucun intérêt.
Besançon (Haute-Saône). — Beaumotte-les- Montbo\on (Loulans-les-Forges). — On voyait encore en 1 856, à Beaumotte, une ancienne église qui datait, je crois, du xme siècle et qui avait l’honneur de porter le nom de Sainte-Cécile, vocable immémorial dans le pays. Son mauvais état fit alors décider sa démolition et sa reconstruction dans une direction perpendiculaire à la première. Le curé qui assista à ce renouvellement a laissé sur le registre paroissial quelques renseignements pour rappeler l’ancien édifice, renseigne-
i. Lettre du io octobre 1891.
ments que son successeur a eu la bonté de nous transmettre : « La nouvelle église, commencée en mai 1 8 5 6, a été livrée au culte le 6 du mois de juillet 1 8 5 8 ; dans sa position, elle croise l’ancienne, qui avait son entrée à l’ouest et son sanctuaire à l’est, de sorte que le clocher occupait le terrain qui maintenant est la chapelle du côté droit, et le sanctuaire, le local actuel de la sacristie. L’ancienne église était tellement enfoncée dans la terre que le dessus des fenêtres n’était pas même au niveau du pavé de l’église actuelle. Cette église, vénérable par son antiquité (car il n’y en avait jamais eu d’autre depuis la conversion des habitants au christianisme), n’était d’abord qu’une chapelle bâtie en mauvais matériaux et si restreinte qu’elle ne pouvait guère contenir qu’une trentaine de personnes. Elle fut brûlée et dévastée à différentes époques, probablement dans les guerres et invasions. Les anciens du pays en parlent encore par tradition de leurs ancêtres, comme de temps excessivement désastreux pour eux. Ce sanctuaire fut reconstruit à trois époques différentes, à mesure que la population augmentait ou qu’une ruine ou un incendie l’exigeait. On se contentait de réparer les brèches, de l’agrandir, mais on le laissait toujours enfoui dans le terrain. Ces réparations et augmentations, quoique solides, paraissent n’avoir jamais été dirigées par l’art et le goût; de là cette voûte basse et cet ensemble mal concordant qui n’offraient à la vue qu’un aspect désagréable. »
Nous ne possédons malheureusement aucun dessin de cet antique sanctuaire; nous avons cherché néanmoins, d’après le plan du cadastre soigneusement tracé en 1 8 1 1 et d’après l’enquête que M . Koppès a eu la bonté de faire pour nous auprès des personnes âgées du pays, à donner quelque idée de ce qu’il pouvait être (pi. XXXVI II).
Sainte-Cécile de Beaumotte était orientée et s’élevait au milieu d’un enclos servant de cimetière, assez vaste, accessible par plusieurs portes dont une devant l’entrée de l’église. L’entrée était dominée par le campanile carré qui formait une sorte de vestibule et que surmontait une flèche assez haute, avec le coq traditionnel. Cette entrée était fort basse, en plein cintre, 2m,5o au plus; dans le campanile on voyait sur chaque face une baie demi-circulaire qui ne datail certainement pas du moyen âge et qui devait avoir fait
SAINTE CECILE
partie des nombreuses retouches de l’édifice. Il ne surpassait la nef que d’un étage; il était couvert en tuiles.
L’église, compris le campanile, avait environ e5 mètres de longueur; elle était partagée en quatre travées, dont une formait le choeur carré sans abside, et abritée par autant de voûtes d’arêtes que soutenaient des contreforts extérieurs. Dans l’axe de chaque travée elle était éclairée par une fenêtre ogivale. Le toit pour couverture avait des dalles de lave, comme on en trouve dans plusieurs carrières de la Haute-Saône et comme jadis on en mettait sur les maisons. Ces dalles blanches, mais qui noircissent avec le temps, ont au moins i mètre carré sur om,o33 d’épaisseur : les couvreurs, pour s’en servir, les divisent en tuiles de om,2o ou om,3o.
A gauche du chœur on avait disposé la sacristie derrière laquelle une quatrième porte, percée dans l’enceinte du cimetière, la mettait en communication facile avec le presbytère et son jardin.
Les maisons du village, agréablement coupées d’arbres, formaient un entourage pittoresque (pi. XXXVIII).
La nouvelle église, élevée transversalement sur l’ancien plan, n’offre aucun intérêt; large de 14 mètres, longue de 25, elle est partagée en trois nefs et terminée par une abside à pans; elle manque de cloches; la voûte a 12 mètres de hauteur 1 .
Fct/a/ (Pesmes). — La Franche-Comtésembleau moyen âge avoir fourni de nombreux monuments en l’honneur de sainte Cécile. Près de Valay, il existe un petit hameau qui porte son nom et qui pouvait, avant la Révolution, se glorifier non seulement de l’avoir pour patronne, mais aussi de posséder une église qui lui était consacrée. Au commencement du xvne siècle, à une époque ou la province était dévastée par la guerre, de pieux fidèles, pour prévenir les profanations, enlevèrent du sanctuaire un grand crucifix de bois qu’on y vénérait et le cachèrent dans une fontaine qui, peut-être à cause de cela, s’appelle fontaine de Sainte-Cécile. On le conserve précieusement de père en fils dans une famille qui le respecte comme un souvenir de l’antique église.