Lettre de M. Castillon, 5 février
Charpillon, Dictionnaire de l’Eure.
Cette sculpture, qui ne manque pas d’une certaine habileté, est dépourvue de sentiment religieux.
L'intérieur est orné de belles boiseries sculptées et dorées au xvme siècle. La voûte de plâtre, les autels, la tribune sont contemporains. Une inscription de 1748 rappelle ces travaux : « Restaurât 0 adornatoque templo... in solemne et gratitudinis et desiderii pignus hoc altare , munifcentissimus Deo in honorem S. Cœciliæ virginis et martiris, exstruxit Petrus Robertus le Roux d’Esneval1 d’Acquignis in supremo Normanniœ senatu Prœses infulatus, nec non hujus ecclesiœ Dominus et Patronus, unacum dilectissima conjuge Francisca Catharina Clerel de Rampten anno ab incarnatione Domini millesimo septuagentesimo quadragesimo octavo...
Si l’antique architecture du sanctuaire a disparu, on y conserve encore, ce qui vaut mieux, des reliques de Cécile, de Félicité et de Perpétue.
Une coïncidence remarquable et sur laquelle M. Castillon attire notre attention semble nous fournir une authentique de l’ancienneté et de la ferveur du culte de sainte Cécile dans ce pays. Lorsqu’on sort d’Acquigny par le pont jeté sur l’Eure, on trouve à 4600 mètres d’Heudebouville, voisin de la Seine sur la route de Paris, une église dédiée à l’époux de Cécile, saint Valérien. L’abbaye de Fécamp la possédait en vertu d’une donation très reculée, confirmée par Rollon en 912 et par Richard II en 1207. C’était le siège d’une baronnie et d’une haute justice dont l’abbaye de Fécamp a joui jusqu’à la Révolution. Cette église était donc bien antérieure à 900 et contemporaine de celle d’Acquigny2. L’édifice actuel, dont nous devons le dessin à M. Dubourg, méritait, à cause de ce rapprochement qui nous fournit une preuve d’identité pour Sainte-Cécile, d’être reproduit; cette église paraît dater de 1200 (pl. XLI V).
Fréjus. — Les Arcs-sur-Argens (canton de
1. Mme la comtesse du Manoir, qui habite encore le château d’Acquigny, appartient à la famille d’Esneval.