FRANCE. — NANCY ET TOUL
d’un culte fort ancien. M. l’abbé Munier, curé de Trouville, membre de la Société d’archéologie lorraine, nous donne à ce sujet des détails intéressants que nous aimons à transcrire : « Par un privilège assez rare dans la région du Nord, mon annexe de Puxieux possède un sanctuaire sous le vocable de sainte Cécile. C’est même la seule paroisse du diocèse de Nancy qui ait cette grande sainte pour patronne.
« L’église actuelle est de date récente, malgré ses prétentions au style ogival ; elle tient la place d’une petite église de style roman, qui semble avoir été primitivement une chapelle castrale, déjà sous le vocable de sainte Cécile. De temps immémorial la fête nationale de la localité s’est célébrée au dernier dimanche après la Pentecôte.
« Il y a treize ans, quand j’ai pris l’administration de cette paroisse, je n’ai trouvé en l’honneur de sainte Cécile qu’une pauvre petite statuette de bois vermoulu, faite sur un modèle qui convenait à toutes les saintes. Pour tout attribut, la patronne des musiciens tenait à la main droite un simple flageolet, auquel les garçons du pays, la veille de la fête patronale, au son des instruments, venaient joindre un gros bouquet de fleurs artificielles, orné d’un long ruban rouge. Cette statue est remplacée maintenant par une figure en terre cuite.
« Jadis le nom de Cécile était fréquemment porté par les filles du pays, alors qu’on préférait cette vierge glorieuse aux héroïnes des romans de feuilletons L »
M. l’abbé Munier a eu la bonté d’ajouter quelques nouveaux détails intéressants2 : il pense que le culte de sainte Cécile fut développé en Lorraine par Charles de Lorraine, évêque de Metz, qui a porté le titre de cardinal de Sainte- Cécile ( i 5 5 o— 1 5 5 i ) . Il nous signale aussi une peinture dernièrement retrouvée qui représenterait sainte Cécile ; elle daterait du passage de Catherine de Médicis à Jarny.
Toul. — Il existe dans la cathédrale de Toul un culte fervent en l’honneur de sainte Cécile ; une chapelle lui est dédié'e à droite du chœur, mais elle n’a reçu ce vocable que tardivement. La