‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 151 sur 343 · FRANCE. — PARIS · texte numérisé non relu

FRANCE. — PARIS

dans ce dernier les saints ont le corps vu plus en entier, et, de .chaque côté du prélat, sont marquées les clefs.

Le xive siècle est admirablement représenté par les charmantes grisailles du manuscrit (français 3og) qui nous donne sous les traits les plus délicats des scènes de la vie de sainte Cécile. On y voit Cécile conversant avec son époux, pendant qu’un vieillard, peut-être saint Paul, intervient en leur montrant le livre des Ecritures. Les scènes sont rapprochées, comme on le voit dans celle du martyre où les deux époux sont décapités en même temps. Les figures sont rendues avec une telle finesse que nous les avons grossies pour les mieux

que M. Firmin Didot avait cédé à la ville de Paris, contenait une charmante miniature du colloque de Cécile et de Valérien l.

A la Bibliothèque nationale, le splendide manuscrit du duc de Bedford (latin, 17294, f° 447) (1439) nous vaut, à propos de saint Valérien, plusieurs scènes de la vie de sainte Cécile. Nous y voyons son colloque avec Valérien, le baptême des deux frères plongés dans la vasque pendant que saint Urbain se prépare à verser l’eau sur leur tête. Il est figuré en chape et avec le trirègne sur la tête.

Valérien et Tiburce sont arrêtés, ils refusent l’encensoir qu'on leur présente pendant que Cé-

Bibl. nat. Latin, 17294, f° 447.

Bibl. nat. Latin, 17294, f° 447 V».

Bibl. nat. Latin, 17294, f° 447 V»,

faire comprendre. Le profil de Cécile, agenouillée et attendant le coup du bourreau, est d’une suavité qui n’a pas été surpassée (pl. LIV).

Nous citerons le manuscrit français 1 8 3 qui figure, mais avec un mérite artistique infiniment inférieur, le martyre de Cécile frappée dans l’étuve (pl. LUI).

La bibliothèque de l’Arsenal nous a fourni des pages intéressantes à l’iconographie cécilienne. Le manuscrit 1234 du xive siècle contient deux scènes placées dans deux compartiments différents : l’une est celle du baptême de Valérien par Urbain en pape, avec l’assistance de Tiburce et de Cécile; l’autre, le couronnement des époux par un ange qui, suivant le type ancien, émerge à micorps d’une zone de nuages (pl. LU). Une autre miniature représente Cécile dans la chaudière et décapitée (pl. LU).

Le riche missel de Jean Juvénal des Ursins,

cile leur crie : « Allez courageusement, soldats du Christ! » Ils sont conduits aux pieds de l’idole, devant une colonne, par un soldat qui les menace. Ils sont décapités pendant que Maxime agenouillé prie derrière eux et qu’un ange emporte leur âme au ciel. La bienheureuse Cécile s’occupe de l’ensevelissement, elle coud les corps comme des sortes de momies (f° 447™).

Ce manuscrit, qui renferme des centaines de tableaux et des milliers de vignettes et de rinceaux, doit avoir été fait en France, que Bedford habitait à cette époque; mais la vie de saints bretons, tels que Brigide et Dunstan, prouve qu’il l’a été pour un Anglais.

Pour le xve siècle, nous citerons encore un médaillon (latin, 9473, f° 6) qui représente Valérien offrant des fleurs à Cécile, dans le costume du temps et de goût médiocre (pl. LUI).

1, Revue de l’art chrétien, 1862, p. 61 1.

SAINTE CECILE

Nous citerons, dans le même volume, Cécile représentée un cierge à la main, dont un ange et un démon se disputent la flamme, l’ange la ranimant toutes les fois que le démon muni d’un soufflet parvient à l’éteindre. On a surtout représenté sainte Geneviève dans cette action; mais on a aussi, comme il paraît ici, rappelé les vierges dont la flamme a besoin d’être ranimée et entretenue sans cesse (pl. LIII).

Perpignan (Pyrénées-Orientales). — Elne. — L’abbaye de Notre-Dame de la Concha possédait une église dédiée à sainte Cécile, près d’Elne, désignée sous le nom S. Cœcilia in villa Cocio; elle a malheureusement disparu1. Elle est mentionnée sur un diplôme de 1 1 5 8, d’après lequel l’évêque d’Elne, Artaud, l’aurait consacrée à cette époque et richement dotée, lui aurait donné une habitation pour le prêtre, un cimetière, et confirmé tous ses biens2.

Poitiers (Vienne). — Monastère de Noaillé. —

11 reste encore l’église de l’abbaye de Noaillé du xiic siècle et quelques débris des bâtiments conventuels des xive et xv° siècles. Elle devait son origine à saint Junien, fut dotée par le roi Clotaire (559) ; elle devint abbaye sous Charlemagne3. C’est à cette époque qu’elle fut relevée par son pieux abbé, Athon, en 79 3 4, et que se réfère le souvenir de sainte Cécile que nous en trouvons dans les œuvres d’Alcuin5. Le sanctuaire ou on lisait l’inscription que nous allons rapporter suppose même que notre sainte était une des patronnes. Ce sanctuaire est ainsi désigné : « Ad ecclesiam SS. Lamberti et Cæciliæ in monasterio nobiliacensi. »

1. MM. Noguier et Vignol n’ont pu retrouver aucune trace de son existence.

Bulletin monumental , 1857, p. 442 et 451.

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