‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 150 sur 343 · Lettre de M. l’abbé Valentin Dufour · texte numérisé non relu

Lettre de M. l’abbé Valentin Dufour

SAINTE CECILE

la bibliothèque Colbert, nous montre aussi son supplice, mais sous une forme différente (latin, io52, fc 591) et par une main un peu plus moderne. L’auteur a supposé que le glaive, après les trois coups qui avaient frappé la martyre, était resté dans la plaie; il l’a figurée comme le moyen âge le supposait, non dans le caldarium dont les découvertes modernes nous ont appris la disposition, mais dans une cuve ou un tonneau tel qu’on s’en servait alors pour les usages domestiques ; Cécile est seule avec les deux instruments de son supplice : l’épée et l'étuve ; elle est en prière et joint les mains sur sa poitrine (pi. XXIV).

La Bibliothèque nationale possède encore plusieurs autres images. Nous rapprocherons de la précédente une collection de vie de saints, dont j’ignore malheureusement la provenance (français, 6447, f° 285'°). Le miniaturiste a fait non seulement ici une faute archéologique en supposant Cécile dans une chaudière au-dessus des flammes, mais il a été aussi peu fidèle à la légende en faisant Almachius présent au supplice et en lui donnant un costume royal (pl. XXIX).

Le manuscrit (français, 1 8 5, f° 276) qui contient la légende dorée et qui faisait autrefois partie du fonds Colbert, présente Cécile un livre à la main et discutant sans doute avec les envoyés d’Almachius ; on lit au-dessus de la miniature : Ci commence la vie Madame sainte Cecyle. Nous l’avons un peu grossie (pl. LU).

On trouvera dans une initiale du xiv° siècle (français, 412) une belle scène du couronnement : Valérien encore privé du nimbe pendant que Cécile l’exhorte et que l'ange descend vers lui avec une couronne (pl. LUI).

Un bréviaire latin des Frères mineurs (latin, 760, f° 5 7a) nous donne, au xve siècle, un type de couronnement qui remonte très haut dans l’iconographie cécilienne et dont nous avons vu un exemple sur un antipendium du ixe siècle. Cette miniature, qui rappelle la peinture de Rome à S. Cecilia-in-Domo, offre la sainte couronnée, nimbée, entre son mari et son beau-frère qu’un ange vient couronner à son tour. Elle porte le costume des grandes dames de l’époque : une longue tunique verte traversée de larges ramages. Valérien est habillé d’une cotte violette avec la ceinture basse et des chausses rouges ; Tiburce, |

d’une sorte de bliaut court et bordé de fourrures. Le fond de la miniature est bleu (pl. XXIV).

Un missel de Paris du xive siècle contient cette oraison pour la fête de sainte Cécile : In bë Cecilie , virge : « Deus qui nos annua beate Cecilie virginis et mart. tue sollempnitate letificas : da ut quam veneramur officio etiam pie conversationis sequamur exemplo *. »

Le manuscrit français 241 nous offre l’image de Cécile et de Valérien dans leur entretien (pl. LIV).

Nous retrouvons aussi deux images dans le manuscrit français 242, qui contient le texte de la légende dorée avec de jolies et nombreuses miniatures du xive siècle. Dans l’une (f° 297) est représenté le colloque de sainte Cécile et de son époux, auquel assiste l’ange derrière la vierge. Les personnages ont le- costume de l’époque; ils sont en grisaille, comme tous ceux du manuscrit, leur nimbe est jaune, le terrain vert et ombré, le fond de couleur avec ornements d’or. L’autre scène (f° 229'0) figure Cécile devant le juge; elle est accompagnée d’un accusateur et le juge a près de lui un massier. Elle porte une palme; son attitude est élégante, pleine de grâce et d’ingénuité (pl. LV).

Nous mentionnerons ici un sceau fort intéressant que nous ont fourni les Archives nationales3, et qui a servi (i2?o)à Simon de Brie, cardinal de Sainte-Cécile. Pour rappeler son titre, ce prélat s’est fait représenter aux pieds de sa patronne qu’on voit au-dessus, accompagnée de Valérien et de Tiburce, sur une sorte de balcon. Elle est couronnée avec des rivières de perles qui ondoient sur ses tempes comme les princesses byzantines; elle tient une palme, l’ange dans le haut descend à tire-d’aile, apportant deux couronnes pour les compagnons de la sainte (pl. LV). Ceux-ci, nimbés, ont la chlamyde attachée sur l’épaule.

Un sceau semblable3 à celui-ci appartenait à Jean de Cholet, cardinal du même titre. Les différences entre les deux empreintes sont minimes;

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