‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 159 sur 343 · Rock, Church of our fathers, III, p. 2 5o · texte numérisé non relu

Rock, Church of our fathers, III, p. 2 5o

io8

SAINTE CÉCILE

Oxford. — Adstock. — Au cœur même de l’Angleterre, dans le diocèse d’Oxford, près de Buckingham, la petite ville d’Adstock possède encore un monument de l’ancienne vénération des Anglais pour sainte Cécile, une église qui lui est dédiée. Son plan est celui d’une multitude de sanctuaires de campagne dans la Grande-Bretagne; il offre un chœur carré, une nef un peu plus large, à laquelle on accède par un porche latéral, et qui précède une grande tour carrée ; cette tour est couronnée de créneaux plutôt décoratifs que défensifs, flanquée de contreforts au centre, garnie de deux cloches et d’une horloge. La lumière pénètre abondamment dans la nef par les découpures des fenêtres gothiques. Ces baies sont variées de dessins. Dans, le chœur, du côté de l’épître, une piscine est pratiquée dans le mur; elle paraît du xve siècle. On y voit un monument de la famille Thomas Egerton (1687- 1720) l 2.

Selon M. Parker, l’arc du chœur serait du xme siècle, le chœur lui-même du xive, la tour du XVe3.

Si l’édifice est ogival, il garde heureusement un fragment qui nous permet de faire remonter au xie siècle la construction primitive. Du côté nord, on observe une porte cintrée, qui date au moins de l’époque normande et sert ici d’authentique. Quoiqu’elle ne soit plus en usage maintenant, elle a été utilisée et modernée par les ouvriers du xve siècle, et elle nous offre un curieux exemple de leurs retouches. Ceux-ci respectèrent l’archivolte à feuillage archaïque, les deux têtes barbares de la retombée; mais, pour la mettre à leur mode, ils incrustèrent dans le mur, au-dessus, une archivolte ogivale ; puis, pour lancéoler l’intrados, ils y pratiquèrent une petite accolade qui forme une étrange disparate avec les vieux rinceaux qu’elle pénètre. Ils conservèrent aussi l’imposte, mais ils l’allongèrent, en transformèrent le profil dans ce prolongement et la coudèrent pour en faire le couronnement du nouveau soubassement. Ces remaniements, puérils en eux-mêmes, sont un précieux document, en nous prouvant que les murs de la nef n’ont pas été

Page 1