Moroni, Dictionnaire, XXVIII, p
certain clerc italien, nommé Félix, lui apporta de Rome, le i5 avril 838, des restes des saints Cornélius et Callixte, de Cécile, Eugénie, Digna, etc.1. Il ajoute que Théodorus vint de Rome avec les reliques de sainte Cécile et de ses compagnons, Urbain, Maxime et des ossements de Tiburce et Valérien.
Raban semble avoir conçu une grande joie de ces envois; il la manifesta par son empressement à les recevoir honorablement et les frais qu’il fit pour conserver ces précieux souvenirs. Il voulut les placer dans l’église de Saint-Boniface, dans l’abside où reposait naguère le saint confesseur et de laquelle on l’avait retiré pour le transférer sans doute, selon l’usage allemand, dans une nouvelle abside. Au lieu d’ensevelir les reliques dans un caveau, comme on le faisait encore au ix° siècle, il construisit une sorte de tour de pierre (turrem lapideam), fit ériger dessus une arche aussi en pierre à laquelle il confia le pieux dépôt, exposé ainsi aux regards des fidèles. Si ce n’était la position derrière l’autel (post altare) de cet édicule et non sur l’autel, je croirais qu’il s’agit d’un ciborium avec un sacrarium2 ; en tout cas, il avait à peu près la forme de ces meubles liturgiques. L’arche était abritée sous un toit de bois que soutenaient quatre colonnes et où brillaient des ornements d’or et d’argent ; de forme oblongue et rectangulaire comme un sarcophage, elle portait l’image de Cécile et des autres saints habilement sculptée et encadrée dans une riche orfèvrerie d’or, d’argent et de pierreries. Raban avait aussi composé ces vers qui étaient gravés autour :
NOMINE QUOS NOTO LOCUS HIC ET IMAGINE SIGNAS, PRÆCLAROS CHRISTI ECCE DEI FAMULOS.
QUI CORDE IMPAVIDO RUBUERUNT SANGUINE SACRO,