VIRGO DEI GEN1TRIX HANC ARAM TU IPSA DICATO
HIC TECUM MANEAT VIRGINEUSQUE CHORUS AGNES, CECILIA, JUL1ANA ET MARTHYR AGATHA EUPHEMIA, EUTROPI A ATQUE PUDENTI ANA RUFINA, PR1SCA, EMERITAQUE ET LIOBA BEATA,
HIC ASTENT VOTIS BRIGIDA ET EUGENIA.
Sur un autel on lisait encore :
HIC GENITRIX CHRISTI VENERATUR SANCTA MARIA, VIRGINIBUS SACRIS ASSOC1ATA MANET.
HIC AGNES MARTYR, JULIANA MARTYR ET IPSA CECILIA ET LIOBA, MARTYR AGATHA SIMUL.
Dans l’église de Saint-Saturnin, sur l'autel de gauche se déroulait une légende de six vers dont voici les derniers :
CECILIA VIRGO HIC, AGNES ET MARTYR AGATA LUCIA CUM LIOBA ET JULIANA MANENT.
On voit que, si les saints du pays n’étaient pas oubliés, la grande place était, dans la vénération de l’abbé, pour les saints que la liturgie propose au culte du monde entier.
Rasdorff (près Hünfeld, Cassel). — Église de Saint- Jean-Baptiste. — (838) Raban Maur y dépose des reliques de Cécile et de ses compagnons. — Reliquaire.— (977) Confirmation des biens parOthonlI. — (1190) Id. par Clément III. — (1274) L’église tombe de vétusté, elle est restaurée. — Buste de la sainte. — ('727) Témoignage de Schannat.
Après Fulda, il semble que l’église de Rasdorff ait eu la plus large part dans la répartition des reliques romaines. Elle s’élève à environ dix lieues de Fulda vers le nord-est. Primitivement dédiée à saint Jean-Baptiste, elle prit probablement aussi le nom de Sainte-Cécile lorsque ses reliques y furent transférées avec celles des saints Tiburce et Valérien; Raban, auteur de la translation des reliques, la restaura, fit construire derrière l’autel un sarcophage de pierre ou l’on mit les reliques de sainte Cécile et de ses compagnons dans des
loculi. Au-dessus il érigea une tombe de bois ornée d’or et d’argent, avec cette inscription métrique tracée en lettres d’or :
POSTQUAM REX REGUM CHRISTUS SUPER ÆTHERA CELSA VICTOR CONSCENDIT, ARB1TER OMN1POTENS,
SERVORUM TURBAM HIC LIQUIT PLEBEMQUE FIDELEM,
QUI VERBO ET FACTIS PLURIMA LUCRA DARENT INTER QUOS ISTI QUORUM HIC MEMBRA QUIESCUNT, VIRTUTUM TITU LIS EXIM1I FUERANT.
HI POMPAM MUNDI SPERNENTES, RITE TENEBANT MARTYRII PAI.MAM VIRGINEUMQUE DEÇUS.
GERMANI ECCE DUO HIC PAUSANT QUAS VIRGO BEATA LUCRATA EST CHRISTO DOGMATE CÆCILIA.
VALERIANUS ADEST UNUS, TIBURTIUS ALTER,
NOMINE PRÆCLARUS, CLARIOR ET MERITIS HAS TRES PERSONAS ROMANA EX URBE (OU arcé) MEANTES, SUSCEPIT H RABAN, CHRISTE, TUUS FAMULUS, PATRONOSQUE SIBI EXOPTANS FIERI ARTE MAGISTRA ORNAVIT TUMULUM, CONDIDIT ET TITULUM*.
Quelles étaient ces reliques de sainte Cécile? Il est difficile de le dire; cependant, d’après le témoignage de Schannat2 (1727), on doit croire que c’était une partie de la tête, parce que ces ossements étaient enfermés dans un buste dont elles occupaient le sommet.
Quant aux reliques de saintsTiburce etValérien, elles ne devaient pas être plus considérables que celles de leur compagne, puisque leurs corps sont signalés à Rome, à Bologne, à Lucques, à Saint- Paulin, à Châlons au monastère de Saint-Urbain3.
On continue à suivre à travers les siècles l’histoire du bourg de Rasdorff illustré par cette sainte patronne. Un décret de l’empereur Othon II (977) lui assure certains biens; il nous montreWernher, abbé de Fulda, et les religieux du monastère (religiosi clerici de monasterio S. Joh. Baptistæ et S. Ceciliæ virg. et martyris quod Radesdorf vocatur) sollicitant du prince qu’il couvre de sa protection des propriétés qui lui avaient été octroyées le jour de la consécration et notamment un domaine donné par une vénérable dame nommée \\ ilia et