Pertz, XV, p
ALLEMAGNE. — GUSTROW.
faut remonter dans le Mecklembourg-Schwerin jusqu’à Güstrow. Là, non loin des rivages de la Baltique, nous trouvons une région toute différente des plaines prussiennes : ce ne sont plus les landes et les bruyères, mais de beaux pâturages et un pays fertile l. On croit que le nom de Güstrow, dérivé du slave Gut^-trawei 2, rappelait les verdoyantes prairies qu’arrose la Nebel. L’église de Sainte-Cécile semble dormir sur un lit de verdure au bord d’eaux paisibles que parcourent les cygnes au milieu des nénuphars et des joncs; elle dessine au loin, à travers les brumes, sa vieille tour et les formes aiguës de ses murailles de briques. Sainte-Cécile, associée à l’histoire de Güstrow, a presque assisté à sa conversion chrétienne3.
En 1128, Othon4, évêque de Bamberg, avait envoyé de Poméranie des missionnaires à Güstrow pour instruire et baptiser les Obotrites et les Wendes ; mais le résultat de ces prédications ne devait être définitif qu’un siècle après, sous le règne de Henri Borwin IL Ce jeune prince peut être en quelque sorte considéré comme le fondateur de la ville, et fut le premier duc qui en fit sa résidence (1220); il lui donna le droit de ville teutonique, y bâtit un château, constitua un évêché et surtout y éleva l’église que nous venons admirer (3 juin 1226).
On sait les luttes que soutinrent alors pour la foi les princes chrétiens du Nord 5, les exploits des chevaliers de l’épée sous leur deuxième grand maître Volquin, les conquêtes du roi Waldemar de Danemark, la conquête de l’ile de Rugen (1210). On connaît moins les hauts faits de Borwin, qui remporta, le 22 novembre 1226, une victoire signalée sur les Wendes païens, et décida leur conversion au christianisme6.
Plein de reconnaissance, il n’hésita pas à attribuer ce triomphe de la foi à sainte Cécile dont ce jour était la fête, et, pour la lui témoignerai résolut de mettre sous son patronage l’église de Güs-