‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 207 sur 343 · ALLEMAGNE. — AUGSBOURG · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE. — AUGSBOURG

invertit senem Urbanum qui jam bis confesser factus intra sepulcra martyrum latitabat L »

4° Au-dessous, retour de Valérien : « Venions igitur Valerianus indutus candidis vestimentis Ceciliam intra cubiculum invenit orantem , et stantem juxta eam Angelum Domini. »

5" F0 25e a. L’ange, à ce moment, sort tout à fait des nuages ; il étend ses ailes, et, placé entre les époux, il leur met sur la tête, non des couronnes de fleurs, mais des couronnes princières : « Duas coronas in manibus fer entent1 coruscantibus rosis et liliis albescentibus ; quicque unam dédit Ce cilié, altérant Valeriano. » Ce sujet, ainsi représenté si souvent en Italie, est un des plus anciens que notre iconographie puisse nous offrir sous ces traits.

6° Au-dessous, le supplice de Tiburce et de Valérien : « Venientibus3 4 ergo sanctis Tiburcio et Valeriano offerebant tura ministri templi. Récusant sancti. Récusantes templum genua feriuntur gladio. Despiciunt corpus temporale moriturum(J). Suscipiunt pro eo gloriam sempiternam. » 7° F0 252 b. Voici enfin le supplice de Cécile. Suivant les idées que le moyen âge se faisait des antiques caldaria, il interprétait les actes par l’image d’une chaudière, où il nous montre la martyre plongée jusqu’à la poitrine, représentation aussi peu convenable que peu archéologique. Almachius, contrairement à la légende, assiste à ce supplice : « Tune Almachius vehementer iratus jussit Ceciliam ad domum suant reduci et ibidem flammis balnearibus concremari1. »

8° Cécile est frappée par le glaive : « Quod cum

i. Bosio, Act., p. 5 : Secundum ea signa quæ acceperat invenit S. Urbanum episcopum.

a. Id., p. 6 : Coronas habentem in manibus coruscantes rosis et liliis albescentes.

3. Id., p. 20 : Offeruntur thura et récusant; récusantes ponunt genua feriuntur gladio, projiciunt corpus mortale et gaudium suscipiunt sempiternum.

4. Id., p. 25 : Et in sua ibi domo flammis balnearibus concremari.

vidisset Almachius jussitque1 eam ibidem in ipsis balneis decollari. Conspiculator tercio ictu percussit et caput ei amputare non potuit. »

90 F0 253. Une neuvième miniature nous fait assister à l’ensevelissement de la virginale héroïne. Les disciples de saint Urbain placent la pierre funéraire sur son tombeau ; « Discipuli sancti Urbani sepeliunt beatam Ceciliam. Tune sanctus Urbanus corpus ejus auferens cum diaconibus nocte sepelivit eam , inter collegas suos episcopos ubi omîtes sancti confessores et martyres decollati.

Je n’ai pas besoin d’ajouter, après cette rapide description, combien cette suite d’images, par son ancienneté et sa rareté, présente d’intérêt pour l’iconographie cécilienne. En effet, le manuscrit porte tous les caractères du xne siècle; l’épigraphie, le style et l’incorrection du dessin, les teintes plates et peu variées nous reportent avec évidence à cette époque. Certains traits des costumes confirment ce classement. L’auteur a mis sur la tête d’Almachius une calotte comme en portaient les Juifs au xne siècle2, peut-être par une idée de mépris. La mitre et la crosse d’Urbain peuvent convenir au xne siècle. La coiffure de Cécile, le voile avec serre-tête, lui appartient aussi3, ainsi que les couronnes à trois pointes des époux.

Ce manuscrit, déposé dans une bibliothèque allemande, doit avoir la même origine que celui d’Amiens, qui lui est singulièrement conforme, et qui fut fait pour D. Sanche VII, roi de Navarre, en r 197.

1. Id., p. 26 : Hoc cum audisset Almachius misit qui eam in ipso balneo decollaret; quam cum spiculator tertio ictu percussisset caput eius amputare non potuit.

2. Voy. Bibliothèque nationale : S. Gregorii moralia in Job, fonds latin, 15677, f° 6- La Messe, VIII, p. 1 38.

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