Voyage pittoresque en Espagne , I, p
Cette description précéda les guerres de l’Empire qui firent tant de ruines parmi ces sanctuaires.
panile sur le fond gris des roches qui surgissent derrière. Ses trois absides sont accolées au pignon très bas de l’édifice : elles sont ornées d’arconcelles et de pilastres et couvertes en tuiles. Ce monument a été dernièrement restauré (pl. LXXIV).
M. Wilson, qui, dans tous ses voyages, depuis le fond de la Russie jusqu’à l’Espagne, n’a cessé de prodiguer les marques d’intérêt les plus précieuses à notre ouvrage, nous a pris dernièrement à Montserrat des photographies, dont nous donnons ci-joint une copie.
La montagne est divisée par le torrent de Sainte-Marie en deux parties : la première, au
1. Voy. le plan de M. Joachim Carrera, Bulletin de la Société d’excursions catalanes, i5 janvier 1880.
Communiqué par M. Ramon Arabia y Solanas.
SAINTE CECILE
midi, dépend de l’évêché de Barcelone ; l’autre, au nord, de celui de Vich; c’est à ce dernier qu’appartient Sainte-Cécile. Aujourd’hui l’église sert de paroisse et est réunie à Marganell; elle groupe soixante maisons dans ses limites1, population surtout composée de bergers.
U rgel. — Elins. — Monastère de Sainte-Cécile. — Origine carlovingienne. — (880) Décret de Carloman. — Suite d’abbés pendant les xe et xie siècles. — (1079) Les moines renvoyés font place à des religieuses de Barcelone; le couvent reconstruit, ainsi que l’église, dont les dispositions principales sont cependant conservées. — (1080) Consécration. — (1 134) Le monastère de Sainte-Cécile soumis à celui de Saint-Saturnin. — Différends qui surgissent par ce fait. — Liste des abbesses pendant les xme et xive siècles. — (1 383) Sainte-Cécile transformée en prieuré. — Les religieuses sont transférées à Castellbo. — Les biens de la communauté presque éteinte en iq36 sont donnés à la collégiale de cette ville.
Le diocèse d’Urgel est un des plus illustres d’Espagne pour le nombre de ses monuments céciliens; le monastère de S. Cecilia, un des plus connus, qui s’élevait dans la vallée Elins, était habité par des moines bénédictins.
Son origine remonte au siècle de l’invention des reliques de Cécile, à l’année 880; le décret de Carloman, roi d’Aquitaine, qui confirme la fondation et la dotation de ce monastère par Edifred, son premier abbé, fut rédigé sous cette date.
Divers abbés gouvernèrent successivement ce monastère jusqu’en 1080, comme on le voit dans les chartes et particulièrement dans les archives de la collégiale de Castellbo : Edifred (880), Wilfin ou Guilfino et Melandro (932-955) ; ces deux abbés simultanément au pouvoir réédifièrent et dotèrent l’église de San Cristoval avec les religieux de Sainte-Cécile : « Gulfinus et Melendrus non meriti vocati abbates simul cum fratribus de cenobio S. Cecilia. » D’autres documents concernant les mêmes abbés sont datés des années 949, 951, 955... Viennent ensuite dans la nomenclature les abbés Adaberto y Enego (990), Enego y Juan (1012), Durando (1024-1040), Oliva (1060), Arnaldo (1067-1069). Ces deux abbés ne furent pas seuls préposés à cette époque au gouvernement
du monastère; ils étaient associés à l'archidiacre Bernardo, qui fut peu après évêque d’Urgel et réforma la maison ; nous trouvons aussi ce texte qui nous apprend qu’il reprit les bâtiments dans leurs fondations et les releva jusqu’aux toits : « Dudum divina Providentia extiterat pater et procurator ac propagator et a fundamentis omnium hedificiorum donec ad ardua tecta spontaneusconstructor. » Cette restauration fut accompagnée de grands changements : le comte Ermengol IV et Lucie sa femme, d’accord avec Amato, le légat du pape, renvoyèrent les moines et appelèrent dans le nouveau monastère des religieuses d’un couvent de Barcelone dont l’abbesse s’appelait Eliarda ; celleci envoya ses filles le 23 juillet 1079, comme un nouveau plan de vigne, selon l’expression de la charte solennelle de Bernardo, qu’elle transplanta à Elins : « Aderat domna Elliardis abbatissa, cuius de vinea transplantata noviter fuerat propagoilla, in cuius subiectione firmissime videbatur stare locus ille. » Le silence que garde cet acte sur les anciens moines que l’on venait de remplacer tient peut-être à ce fait que les nouvelles religieuses appartenaient au même ordre1.
L’acte de consécration du monastère de 1080 nous apprend que, dans l’antique chapelle carlovingienne, il y avait trois autels dont on respecta la disposition dans la nouvelle : l’autel du milieu était dédié à sainte Cécile, la patronne; celui de de droite, à la sainte Vierge mère de Dieu; celui de gauche, à sainte Foy: « Constituit demum intra prælibatam Dei aulam tria altaria, haud aliter ac ut actenus ab anterioribus fuerant ibi dispositæ. Altaria scilicet, sanctæ Virginis et martyris Christi Geciliæ statuit in medio, quia obtinet primatum e templo illo. Ad dexteram vero plagam S. Mariæ perpetuæ virginis Dominique Genetricis. Ad levant, idest ad introïtum portæ australis Beatæ Fidei virginis et Christi martyris2... »
Quelques années après leur installation, les religieuses mettaient à leur tête l’abbesse Ledgardis ( 1 08 5 ).
En 1 i3q, je ne sais pour quelle raison on modifia l’ordre du monastère ; le comte Errnen-