‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 235 sur 343 · Ad dexteram ejus agnum stantem nive candidiorem · texte numérisé non relu

Ad dexteram ejus agnum stantem nive candidiorem

5. L’identité de sainte Constance est l’objet de beaucoup de discussions, qu’il n’est pas dans notre dessein d’aborder; nous rapportons la légende qui est nécessaire pour expliquer les images qui nous passeront sous les yeux.

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Elle court joyeuse vers son père. Rome se réjouit, les chrétiens triomphent, les païens sont humiliés. Constance demande à l’empereur d’élever une basilique à cette vierge libératrice, près de laquelle elle serait enterrée. Constance persévéra dans la virginité, et après elle de nombreuses vierges romaines se joignirent à ce cortège sacré1.

i. Outre M5r Bartolini, on peut encore consulter:

Beverini, Vita di S. Agncse vergine e martire, 1 85 x .

Ceillier, Hist. des auteurs eccl., III, p. 522.

Martini, Revue catholique (Louvain, 1873, 4).

Monaci (Filip), Memorie del martirio e del culto di S. Agnese raccotte et tradotte dai testi latini, Fermo, i858, 12,

Sherling, The life of the blessed S. Agnes virg. and mart., London, 1677, 8.

ITALIE

ROME

S. Agnese-in-A gone 1 . — Cirque antique (vmc siècle), Itinéraire. — ( 1 1 2 3) Calixte II. — (1186) Urbain II. — (1384) Sainte Françoise Romaine. — ( 1 5 1 6) Titre cardinalice. — Ruines. — (i652) Reconstruction par Innocent X (pl. I et II).

Un sanctuaire de Sainte-Agnès marque encore à Rome le lieu où sa pureté fut exposée et victorieuse; il s’élève sur la place Navone, sur les ruines du cirque2 d’Alexandre Sévère dont la place dessine encore les limites. Ce lieu n’aurait été autre chose qu’une des salles pratiquées dans les soubassements de l’édifice qui étaient livrés au commerce et aux métiers les plus abjects. La légende qui nous le désigne ici est loin d’être contredite par l’histoire et par les documents antiques les plus sérieux. Tacite, à propos de l’incendie du cirque Maxime, parle en ces termes des tavernes qu’on y voyait : « Ubi per tabernas quibus id mercimonium erat quo flamma alitur, simul cœptus ignis et statim validus ac vento citus ; longitudinem circi corripuit » (Ta c.,Ann., XV, 38)3. On avait grand intérêt à louer ces travées de l’édifice à des marchands qui devaient y faire leur profit, à cause des heures interminables que les spectateurs passaient sur les gradins. Un cabaret se transforme facilement en un théâtre de désordres, surtout devant des spectacles qui en offraient souvent eux-mêmes les scènes les plus honteuses.

On ne saurait douter que ce souvenir de la virginité triomphante n’ait été glorifié là, dès les premiers âges chrétiens de Rome. La légende des cheveux a été crue et célébrée par saint Damase dans son épigraphe monumentale : « Nudaque pro-

1. On a beaucoup discuté sur ce mot agone; il est probable qu’il ne remonte pas au delà du moyen âge.

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