NlBBY, p
Album des sanctuaires de Rome, pl. VII. Vue du souterrain.
M. Busiri me mande qu’il n’a trouvé rien de l’ancienne basilique dans la bibliothèque Panfiliana, annexe de l’eglise Sainte-Agnès.
Il a visité aussi la bibliothèque Corsiniana; il a feuilleté trois volumes de comptes et dépenses de travaux de la basilique actuelle de Sainte-Agnès, et n’a trouvé aucune image (Lettre du 29 décembre 1887).
ROME. — VIA NOMENTANA.
gradins du cirque. Viennent ensuite deux salles plus petites : la première, la prison où elle fut gardée quelque temps; la seconde, le lieu ou elle fut jetée dans les flammes et enfin frappéedu glaive. Celle-ci est ornée dans le fond d’une niche antique qui était peinte et ou l’on distingue encore la figure de la sainte patronne. En i65o, on construisit devant un autel qui la cache en partie. Ces deux salles offrent encore des fragments de pavement byzantin qui paraissent prouver que leur ornementation date de Calixte II.
Après avoir examiné ces vieux murs auxquels s’adapte si parfaitement la tradition, il est impossible de ne pas croire à l’authenticité de ces reliques et de ne pas les saluer comme un des plus glorieux monuments du triomphe de la virginité.
Catacombes. — Lorsque le martyre fut consommé, les fidèles et les parents de la jeune fille recueillirent précieusement ses restes et les portèrent dans une villa de la famille, non loin de la via Nomentana. On sait que les Romains avaient là des maisons de campagne délicieuses ou ils passaient le printemps et l’automne et dans lesquelles ils élevaient des colombaria pour garder les cendres de leurs morts. Mgr Bartolini croit avoir retrouvé dans le monastère de Sainte- Agnès-hors-les-Murs les restes de la villa de sa famille; à l’angle du côté de Rome, près de la vigne de Cortilepri et sur d’autres points, on reconnaît des substructions en gros blocs de tuf qui appartiennent à l’époque de la République ou aux premiers temps de l’Empire; on y retrouve des peintures d’un style simple et sévère qui lui paraissent les restes de la maison des champs des parents de la vierge. On y a retrouvé aussi cette inscription : « D. Calpurnius Nicasio sibi et suis , » qui laisse croire qu’elle venait des Calpurni, alliés, dit-on, à ses parents.
Ceux-ci, en se convertissant au christianisme, ne manquèrent pas, comme sainte Cyriaque dans l’agro Verano, sainte Lucine sur la via Appia, etc., de faire pratiquer dans leur terre des hypogées pour la sépulture des fidèles. Telle fut l’origine, qui remonte peut-être au xue siècle, du cimetière que nous possédons encore et dans lequel Agnès fut enterrée; on y admire quelques belles peintures et des restes que m’a montrés lui-même M. Armellini. le savant explorateur de ces galeries.
On dit dans les actes que Emerenziana fut ensevelie in confinio agelli b. virginis Agnetis ; Mgr Bartolini a retrouvé un instrument du xive siècle qui désigne la basilique sous ce titre : ecclesia S. Agnetis in agello via Numentana , rapprochement bien instructif et qui confirme la tradition et les actes.
Ce cimetière contenait les plus belles peintures, bien mieux conservées du temps de Bosio que de nos jours; il est célèbre par ses fresques du Bon Pasteur, du festin des Sept Disciples, de Job, du Christ enseignant, des vierges de la parabole et surtout de la belle Madone en orante avec le Sauveur devant elle ; c’est dans ses galeries qu’on trouve aussi les chaises taillées dans le tuf h
S. A gnese-fuor-le- Mura . — (32q) Fondation de la basilique. — (358) Travaux de Libère. — (366-385) Restauration et inscription de Damase. — (5oo) Restauration de Symmaque. — (625-638) Travaux et mosaïque d'Honorius. — (755) Ravages des Lombards. — (ixe siècle) Dons et restauration. — Légende de l’anneau. — (i256) Alexandre IV consacre trois nouveaux autels. — Peintures. — Campanile, monastère restaurés. — (1527) Saccage des bourbonniens. — (i6o5) Sfondrato, renouvellement de la châsse. — Restaurations diverses. — La dernière en 1 856 par le commandeur Busiri (pl. III, IV, V et VI).
La mort extraordinaire d’Agnès, suivie de la vision de son tombeau, avait eu un éclat qui subsista longtemps après l’événement. Lorsque, cinquante ans plus tard, l’Église put jouir d’un peu de paix, on en parlait encore avec ferveur et les malades affluaient au tombeau. Sainte Constance, qu'on a dite fille de Constantin le Grand2, affligée d’une cruelle infirmité, entendit raconter son apparition par des témoins oculaires qui vivaient encore; elle fut portée à lui demander sa guérison et assez heureuse pour l’obtenir. Elle était vierge,
1. On peut en voir la description dans Bosio et dans Aringhi, II, p. 172.
Marchi, I monumenti delle arti cristiane.
2. Dissertation de M. de Rossi sur l’identité de sainte Constance.
Lib. pont., p. 42. — Saint Silvestre : « Eodem tempore fecit basilicam Sanctæ Martyris Agnetis ex rogatu Constantiæ filiæ suæ et baptisterium in eodem loco ubi baptizata est soror ejus Constantiæ cum filia Augusti a Silvestri Episcopo, ubi donum constituit hoc. »
Il donne : Patène d’or de 20 livres. — Calice d’or de 10 livres. — Pharum cantharum avec 3o dauphins. — Divers lustres du même genre. — Des dons en biens-fonds.
SAINTE AGNÈS
comme on peut l’apprendre sur l’inscription damasienne.
Le livre pontifical, dans la vie du pape Libère, rappelle les tables de marbre qu’il fit faire au tombeau d’Agnès et sur l’une desquelles Damase inscrivit les louanges de la vierge et la mention de Constance. Constance, pour reconnaître une telle faveur, résolut d’élever une basilique à sa bienfaitrice et d’abriter son sépulcre d’une façon digne de la reconnaissance qu’elle lui devait.
Telle fut l’origine, en 324, selon Nibby, de l’église que nous étudions. On défonça les galeries cimétériales comme on fit à Saint-Pierre, à Saint-Paul, à Sainte-Pétronille et, sur cette meme via Nomentana, à Saint- Alexandre. On respecta l’emplacement du tombeau, en élargissant le pourtour, afin d’asseoir le nouvel édifice, circonstance qui nous explique comment le sol de l’église est si inférieur à la voie antique et qu’on ait construit pour y descendre un escalier monumental de quarante-cinq marches; ce qui explique aussi qu'il se trouve de plain-pied avec les galeries du cimetière.
Le monument de sainte Agnès fut accompagné de celui de sa pieuse sœur de lait, sainte Émérentienne, situé à quelque distance, sur la voie qui aboutit à la Salaria. Les Itinéraires de Salzbourg et de Malmesbury, vers la fin du vie siècle, nous rappellent ces sanctuaires. Le pèlerin, dans le premier, nous avertit qu’il faut tourner vers l’Orient pour trouver Sainte- Emérentienne 1 :
« Postea vadis ad Orientent quousque pervenies ad S. Emerentianam mart. quæ pausat in ecclesia sursum, et duo martyres in spelunca deorsum Victor et Alexander : deinde via Numentana ad ecclesiam S. Agnæ quæ formosa est in qua sola pausat, » et dans la seconde partie qui a pour titre « les Lieux saints des martyrs qui sont en dehors de Rome « : « juxta viam Numentanam basilica sanctæ Agnes miræ pulchritudinis, ubi ipsa corpore iacet. Propeque ibi soror eius Emerentiæ in alia tamen basilica dormit. »
Nous avons encore le bonheur d’avoir sous les yeux la basilique Agnésienne qu’admiraient ces