‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 289 sur 343 · De Guilhermy, Itinéraire archéologique de Paris, P · texte numérisé non relu

De Guilhermy, Itinéraire archéologique de Paris, P

4. Du Breul, Le théâtre des antiquités de Paris, Supplément, i63g.

SAINTE AGNÈS

d’un côté, la figure de saint Eustache et, de l’autre, celle de sainte Agnès; on y lisait ces mots gravés: « En l’honneu'r de Dieu, pour l’église dédiée aux noms de sainct Eustache et saincte Agnès, Loys de Creil et Ysabeau Hâte sa femme ont donné les ornementz de ce livre (1579). »

On trouve dans le même inventaire mention d’une image : « Saincte Agnès, d’argent vermeil doré, pesant avec le pied de cuivre doré 24” 5 on 3gros en tout1. A laquelle image est enchâssée du chef saincte Agnès. » Cette image était certainement une statue, car nous lisons qu’en 1606 on donna une robbe de satin de plusieurs couleurs pour servir à la vêtir.

On sait que des reliques de sainte Agnès avaient été données par le pape à Clovis3, mais on sait aussi qu’à cette époque les dons de reliques consistaient en brandea ou en huiles des cimetières. Il faut donc, pour chercher l’origine de celles-ci, descendre dans le cours des siècles.

Selon du Saussaie, les reliques de sainte Agnès auraient été transportées en Gaule avec celles de saint Pontien et données à Baldric, évêque d’Utrecht, par Benoît YI II (-J- 1024), transférées ensuite dans le monastère cistercien de Breuil- Benoît, dans le diocèse d’Evreux, enfin, pour la majeure partie, données à Saint-Eustache de Paris avec la permission de Paul III (-j- 1549). Les Bollandistes les y ont encore vues dans un reliquaire d’argent recouvert d’or3.

En résumé, on peut dire qu’un sanctuaire de Sainte-Agnès, sans doute à l’occasion d’un transfert de reliques, fut élevé dès le début du xme siècle à peu de distance du cimetière des Saints-Innocents, sur l’emplacement actuel de Saint-Eustache, que la même église, désignée comme nouvelle en 1214, apparaît avec son second titre en 1223 et qu’elle demeura toujours depuis pourvue de ces deux vocables.

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