Cattaneo, L'architecture d'Italie , p
SAINTE-MARIE-MAJEURE
crêtes où les crosses sont quelquefois remplacées par des feuilles inclinées.
A priori on peut supposer que ce ciborium fut fait pour Sainte-Marie-Majeure qui en conserve les débris; toutefois nous ne pouvons nous dissimuler que cette attribution présente une difficulté. Nous savons, en effet, par deux passages du livre pontifical1 que Léon III surmonta le maître autel de la basilique d’un ciborium d’argent; il faudrait donc admettre que celui-ci ait été fait par Adrien, ce qui suppose, après une démolition bien prompte, que ces marbres aient attendu quatre siècles l’emploi dans lequel nous les retrouvons. Le plus plausible est sans doute de se le figurer dans une des chapelles adjacentes, dont on l’aura tiré au moment des travaux du xm° siècle. Il est possible encore de le faire descendre plus avant dans le cours du ixe siècle et de l’attribuer à une époque ou le riche mobilier du chœur aurait disparu.
Nous en avons dessiné les fragments et essayé la restauration dans notre planche V. Sur la même planche nous avons exposé une gravure de Maggio qui ne nous montre, il est vrai, que le ciborium du xve siècle, mais qui conserve encore le caractère de l’ancienne liturgie, la confession, les marches latérales, et, détail où nous appelons surtout l’attention, une tringle de fer partant de son imposte et rappelant sans doute l’usage des voiles qui fermaient encore le chœur après que l’antique iconostase eut disparu.
Planche VI. — Palais pontifical. — Nous rappelons, sur cette planche, les détails du long portique que nous avons déjà exploré en parlant du plan d’ensemble. Les fenêtres anciennes se trouvaient, fait assez singulier, non dans l’axe des arcades, mais au droit des piliers ; elles sont si larges que nous avons cru devoir les couper par une colonnette et les remplissages de marbre si communs dans les vieux quartiers de Rome. Nous plaçons au-dessus le détail du chapiteau et, à côté, une vue de l’état actuel et des travaux en 1874.
Planche VIL — Nous avons réuni ici les plus anciennes représentations de Sainte-Marie-Ma-
i. Bianchini, p. 274 et 3o5.
jeure. D’abord les plans du xve siècle 1 où sont assez fidèlement reproduits les trois nefs, l’abside, le clocher. On y verra au-dessus de la tribune, au lieu de la croupe qui existait du temps de l’abbé de Angelis, un pignon percé d’un oculus; nous reproduisons aussi une miniature de la Bibliothèque nationale qui représente la neige miraculeuse 3.
Vient ensuite, dans l’ordre chronologique, le plan de Bufalini ( 1 5 5 1 ), d’après l’exemplaire de la bibliothèque Barberina qui est le plus soigné et le plus exact. Le plan de Pirro Ligorio ( 1 5 5 2) ou paraissent assez bien les deux portiques du palais pontifical, l’église, les grands escaliers qui gravissaient devant l’abside les pentes de l’Esquilin. Enfin, la fresque de la Bibliothèque vaticane qui nous montre l’abside, le transept, le palais pontifical et les immenses démolitions que Sixte V y faisait faire alors. Un autre tableau3 du Vatican représente les travaux de ce pape au même point de vue, mais à une trop petite échelle pour que nous y trouvions le même intérêt archéologique. Nous devons rappeler aussi à ce propos une des fresques de Cesare Nebbi à la villa Massimo, où notre basilique est également reproduite dans son aspect de la fin du xvie siècle 4.
Planche VI IL — On trouvera sur cette planche trois vues de l’église, avant la construction de la sacristie et dans l’état où l’avaient mise les travaux de Grégoire XIII. Ce sont des gravures de Lafreri (1575), de Francino ( 1 588), d’Ælst (1600). On y verra à gauche, attenant au flanc méridional de la basilique, diverses constructions trop misérables pour en être les antiques dépendances et, à droite, d’autres maisons particulières sur lesquelles nous devons attirer l’attention. En effet, elle-s se retournent à angle droit sur la façade et paraissent antérieures à la reconstruction du portique d’Eugène III par Grégoire XIII; elles prouvent qu’on n’a pas restreint la longueur du portique, et semblent indiquer que leur mur de façade a été élevé sur les fondations de l’ancien atrium. En rapprochant ces gravures de celle où l’abbé de Angelis (p. 62) nous montre l’ancien portique, on