‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 99 sur 343 · Bollettino Sardo, i856 (Bibliothèque de l’Institut · texte numérisé non relu

Bollettino Sardo, i856 (Bibliothèque de l’Institut

2. M. de Laurière a relevé dans cette crypte des inscriptions sur des sarcophages antiques qu’on y a transportés.

On lit sur la porte une inscription qui constate qu’en 1640 les archevêques de Cagliari portaient le titre de primats de Corse.

SAINTE CECILE

vons gravée d’après le dessin du chanoine Spano et un croquis qu’a eu l’obligeance de nous communiquer M. de Laurière avec la description suivante : Sur les arcades fermées qui suivaient toute la façade se trouve plaquée la porte avec son ordonnance décorative. Le tympan dans l’arcature trilobée est divisé en trois zones; la première, en bas, formée d’une face de sarcophage antique où l’on voit un buste d’homme clypéaté; à droite et à gauche, deux génies ailés portant des corbeilles de fleurs et de fruits. La zone du milieu est ornée de deux bandes, l’une d’enroulements courants, l’autre de rosaces palmées. Sur la troisième zone, en haut, la sainte Vierge est figurée assise et tenant l’Enfant-Jésus debout sur le genou gauche. Le Sauveur est en grande partie brisé. Le tympan triangulaire qui renferme ces divers ornements est posé sur un fort linteau, soutenu lui-même par deux colonnes qui servent de chambranle à la porte.

L’étage au-dessus est décoré d’arcatures du même genre qu’au soubassement, mais plus larges, et d’un grand œil-de-bœuf aujourd’hui fermé, qui a dû éclairer jadis le transept.

On verra dans une perspective intérieure la restauration que nous avons tentée de l’église du moyen âge. Nous avons conservé la forme carrée du chœur, que sa situation au-dessus d’une falaise escarpée et au-dessus de la crypte qu’on y a taillée semble déterminer d’une façon invariable. Nous avons par la même raison conservé, au-dessus de cette crypte, le chœur élevé, en nous contentant de remplacer les revêtements modernes par la décoration ordinaire des anciens chancels toscans; enfin, nous avons réintégré, près du chœur, les deux ambons qui s’y élevaient jadis et qu’on a relégués aujourd’hui, au bas de l’église, de chaque côté de la porte d’entrée. M. de Laurière, avec son infatigable amitié, a bien voulu nous communiquer les photographies qu’il a prises de ces deux vénérables restes de l’ancienne cathédrale, et c’est

i d’après ces copies que nous les avons dessinées, ; en plaçant sous les colonnettes les lions de marbre qui accusent aujourd’hui le départ des marches du chœur.

Ces ambons rappellent exactement les ambons de S. Giovanni, à Pistoja, le groupe central pour soutenir le pupitre et, de côté, les bas-reliefs représentant sur deux étages des scènes de la vie de Notre-Seigneur expliquées par des inscriptions; ils sont en marbre gris et datent, selon M. de Laurière, de la Un du xne ou du commencement du xin° siècle1 (pl . XXX).

Cette cathédrale subsista avec le caractère pisan qui avait présidé à sa construction jusqu’au temps des Espagnols, où elle disparut en partie. Les trois nefs, le plan d’ensemble furent, croyons-nous, conservés sous l’archevêque Vico en 1676; mais on moderna tout l’édifice par une profusion de revêtements de marbre, par la construction de la coupole, etc. La nouvelle façade ne date que de 1 70 3 ; elle n’a de remarquable que la statue de sainte Cécile dont nous avons parlé. La crypte elle-même, à laquelle on parvient par deux escaliers pratiqués sous la balustrade du chœur, est toute recouverte de marbres, et sa voûte ornée de rosaces variées, taillées dans la roche. Elle est éclairée par des fenêtres tirant le jour du côté de l’est au-dessus d’un véritable précipice. La situation de l’église, de ce côté, est si extraordinaire que nous avons cru utile d’en donner une vue prise au-dessus de la promenade publique2.

Nous avons aussi gravé sur notre planche une image de la cathédrale, empruntée à un plan allemand antérieur à la restauration, et dans lequel ne figure pas encore le dôme. L’hôtel de ville s’élève vis-à-vis3.

1. De Laurière, Notes archéologiques. Extrait des procèsverbaux de la Soc. des Antiquaires de France, 1887. — Bulletin monumental , 1893, p. 217.

2. D’après une photographie communiquée par M. de Saint-Amand, ancien consul à Cagliari.

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