Ibi invenerunt locellum in moduin arcæ plumbeæ majora
corporis ossa Mathie apostoli continentein, sed et inarnior latum ad modum palmi, in quo caraxatum fuit S . Mathiæ apostohis simul cum reliquiis intrinsecus Bolland . , fév., III, qso.
Barbier de Montault, Œuvres, X, 73.
Le sigle SCS devient fréquent au v^ siècle.
SAINT MATHIAS
vêque de Verdun avait déjà essayé de saisir quelques parcelles, lorsqu’il en fut empêché par la brusque fermeture du couvercle, sous lequel il dut laisser même un bout de sa chape. Il ne garda d’autre souvenir de sa hardiesse que le parfum perpétuel attaché aux doigts qui avaient touché les restes sacrés (1066).
On ne replaça pas l’arche dans le loculus souterrain où on l’avait trouvée, on laissa ces reliques au-dessus du sol, sous des autels, ou dans l’intérieur des chancels, afin d’être exposées à la vénération des fidèles, sans l’être à la cupidité ou à la profanation. On les oublia encore dans leur nouvel abri.
Quatre-vingts ans après cet événement, l’abbé de Saint-Euchaire ’ voyant la vétusté des murs du monastère eut l’idée de les reconstruire. A cette époque il y avait un vieux moine aussi vénérable par ses vertus que par ses années et dont l’aspect angélique frappait de respect. Dieu lui envoyait des songes prophétiques : il lui montra une étoile brillante qui s’élevait du milieu du monastère ; elle jetait une telle splendeur qu’elle rayonnait sur la ville et sur toute la province. Puis le vieillard aperçut de l’autel dédié à la Mère de Dieu une fontaine d’eaux limpides qui se répandaient sur toute la cité. Une autre fois un pieux fidèle, qui avait coutume de venir prier la nuit dans les lieux saints et à Saint-Euchaire, fut surpris par le sommeil au pied de l’autel de la Mère de Dieu et il aperçut en songe dans l’intérieur de l’autel saint Mathias étendu, semblant dormir et couvert d’un vêtement d’or. Une fontaine surgissait audessous, se répandait en flots très purs, auxquels une multitude d’hommes et de femmes venaient se désaltérer. On y buvait, on se lavait, et tous les infirmes y trouvaient la santé.
En 1131, les travaux n’étaient pas achevés qu’un incendie dévora l’église en épargnant cependant le reliquaire. On nous a conservé une belle description de cette châsse. Lorsque le désastre fut réparé, Eugène III, qui avait cherché un refuge à Olairvaux, vint faire la consécration (1148).
On mentionne en 1287 le menton de saint Mathias à Saint-.VIartin qui avait sans doute été dis-
i.On l'ourra lire ces détails tirés d’un ms. de Lambert, moine de Saint-.Matliias.
trait de notre châsse. La relique du saint chef au xv® siècle se trouvait à Ehrenbreitstein et en fut rapportée par l’archevêque Otton (1418-1430).
En 1719, on construisit devant la façade le portail moderne; en 1783, après l’incendie qui détruisit les trois grandes tours, on mit la façade dans l’état où nous la voyons aujourd’hui avec les balustrades et les ornements Louis XVI. La vie religieuse ne cessa qu’en 18 10 dans les bâtiments conventuels qui furent aliénés ; les cloîtres furent transformés en étable. L’église elle-même a survécu à ces profanations et attire chaque année dans son enceinte plus de 40,000 pèlerins.
Nous avons cherché à restaurer sa façade en la dépouillant des ornements modernes. Nous y joignons, d’après un calque que Mgr Schrod a eu la bonté de nous fournir, la zone inférieure du reliquaire de la vraie croix où l’on voit l’image de saint Mathias recevant les dons impériaux'. (PI. IV etV.)
Dôme. — Le trésor du Dôme possède un coffret d’ornementation orientale haut de o m. 23 qui renferme des chefs de saint Mathias et de sainte Hélène; de ces chefs il n’existe plus que la partie supérieure du crâne
Le culte de saint Mathias a largement rayonné dans le diocèse, et nous citerons les églises suivantes qui sont sous son vocable ; Alscheid, Grcnderich, HnndsJeiu, Mehren, Neef, Newæied, Ueïmen, \Vieshach'\
Cobeni (PL VI). — x\u-dessus de cette petite ville s’élèvent deux châteaux en ruine, le Niederburg et l’Oberburg. Ce dernier renferme la remarquable chapelle de Saint-Mathias du xiP ou xiiP siècle, chapelle des seigneurs de Cobern qui dut sans doute son vocable aux reliques qu’on y conservait. A ses pieds on domine la vallée de la Moselle dans une position magnifique. Elle se