‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monumentsChapitre 191 sur 203 · Ed. Michel, Le Gdtinais, PI. XVII · texte numérisé non relu

Ed. Michel, Le Gdtinais, PI. XVII

y Thiollier, Le Fore^ illustré, 1889, PI. XXV.

lOO

AGNEAU DE DIEU

worth (Oxford), à Rochsburg', à S. -Pedro de Afora, à Santiago

En rappelant notre étude sur les calices et les patènes où l’Agneau se manifeste si souvent au moyen-âge, nous ne répéterons pas ce que nous avons dit dans notre IV® volume des vases liturgiques où la sainte Victime est sans cesse représentée, ni des autels portatifs où nos pères aimaient à la mettre sous les yeux.

Les miniatures sont encore ici une source abondante, nousciterons entre autres celle de Gand où le Sauveur tient lui-même l’Agneau dans un médaillon. (Pl.XXVIl.)

Le culte de l’Agneau fut loin de se refroidir aux xiii® et XIV® siècles. A Florence l’art de la laine l’avait pour attribut, le roi de France ornait les monnaies de son elfigie comme pour reconnaître sa souveraineté suprême^.

Les miniaturistes alors redoublèrent de zèle et de talent pour célébrer sa gloire. Nous voyons à Besançon saint Jean-Baptiste agenouillé qui tient entre ses mains l’Agneau dans un médaillon ; ils excellèrent surtout dans les apocalypses qui nous offrent des miniatures les plus pures, les plus fines et les plus dignes de l’adorable sujet.

Le manuscrit latin 14410 de la bibliothèque Nationale présente les différents épisodes de l’apocalypse, mais aucune page n’est aussi gracieuse, ne ligure de scène plus tendre et plus ravissante que celle qui est consacrée aux noces de l’Agneau. La jeune vierge le baise sur la boucbe pendant que le grand Voyant admire ce mystère d’amour et s’écrie : Beati qui ad nuptias A gni vocati suuf. (PL XXIX.)

Recommandons encore à nos lecteurs une apocalypse du même style (Fr. 403) qui pour l’élégance de la composition, le jet svelte des draperies, laisse peu à désirer.

La bibliothèque de Cambrai (n® 397 bis) possède une apocalypse qui correspond à cette dernière pour le temps et le style. Nous classerons ici un fragment de manuscrit que j’ai retrouvé dans les papiers de Montfaucon ; on y retrouve la scène toucbante du festin nuptial.

!. l’tiTTRicH, Monuments de V architecture du nioyen-dge, II.

3. On n lüngtem],is attribué cette pieuse pensée à saint Louis, mais l’alisence tl’agnel autlienticpie et ancien fait descendre ce type à Philippe IV. Revue de numismatique , l<=r trimestre 1889.

Sur le manuscrit latin 10474 l’épouse est en dehors des convives, elle est agenouillée devant l’Agneau qui lui remet la bague d’alliance. Dans la même apocalypse on voit la troupe des agneaux sans tache qui montent la colline à la suite du divin modèle.

M. le vicomte Blin de Bourdon possède un manuscrit qui fait partie de la même catégorie, nous en avons gravé à la monographie de saint Jean plusieurs spécimens. La similitude avec notre Fr. 403 est remarquable. Nous avons ici les légendes qui manquent au premier.

Du reste cette catégorie est nombreuse, on peut y citer ceux de Londres, d’Oxford, de Lord Crawford, etc. Elle n’est pas confinée dans le XIII® siècle. Nous voyons le type se reproduire dans le XIV® siècle et servir d’inspiration aux tapissiers d’Angers et au manuscrit 13096.

Nous citons les apocalypses qui contiennent les plus belles pages de l’iconographie de l’Agneau, mais je n’ai pas besoin de dire que nous en trouverions en dehors de nombreux exemples et surtout, s’il nous était permis de parlerd’un monument qui n’appartient pour ainsi dire plus au moyenâge, nous saluerions en finissant l’éblouissant tableau de Van Eyck (1420)3 Gand, où l’Agneau est entouré d’une pompe, d’une gloire mystérieuse dont on n’a pu dépasser l’expression.

Tel a été adoré par les artistes de tous les siècles l’Agneau que saint Jean-Baptiste leur montrait comme portant les péchés du monde. Tel il a été représenté au travers des époques les plus barbares ; consolateur des faibles et des affligés, vengeur des opprimés, dominateur des puissants, il

AGNEAU DE DIEU

lOI

soutient, dompte et règne éternellement dans le saint sacrifice.

Qu’il daigne, ce divin Agneau, bénir notre livre, nos longs efforts, et en accueillir les auteurs qui se sont tant aimés sur la terre ; prosternés

devant lui avec les vieillards de l’apocalypse, nous lui répétons en finissant, cette prière de la messe inspirée par le saint Précurseur qui résume tout notre travail et nos espérances!

AgNUS DeI (lUI TOLLIS PECCATA MUNDI, DONA NOBIS PACEM

TABLE DES MATIERES

Les chiffres romains renvoient aux planches, les arabes aux pages du texte.

Notice biographique . i

ITALIE

Amalfi (pl. XII) . lo

Ancône . 7

AauiLA . 10

Arezzo . 12

Bén’évent . 10

Bologne . 7

Brescia . 14

Brindisi . 10

Catane . 10

ClTTA DI CaSTELLO . 7

Page 1