CHAPITRE PREMIER
Il est quelquefois rectangulaire, le plus souvent circulaire. Sa forme la plus générale est représentée figure 1. La partie inférieure est supposée représenter Bralimâ, et la partie supérieure Vichnou, ces deux parties servant à supporter le Lingam proprement dit qui est Siva.
La fonction de l’avadéyar est non seulement de supporter le Lingam, mais de recueillir et de rejeter au dehors, les liq uides dont on arrose le Lingam (1 ).
Aussi, la partie supérieure de l’avadéyar est creusée en forme de vase. Une sorte de gouttière, ou de gargouille, appelée « cômougam w (2), qui doit toujours être dirigée vers la droite de celui qui regarde le sanctuaire, sert à l’écoulement des liquides.
2“ Le Lingam proprement dit.
C’est un cylindre planté verticalement sur le piédestal et dont la partie supérieure est terminée par une calotte sphérique. Il représente le phallus: des rainures verticales, qui indiquent le frein du prépuce et qu’on appelle « linga-régaï » sont tracées sur la partie cylindrique (voir figure 1).
Ce que nous venons de décrire, c’est le Sthavaram », c’est-à-dire le Lingam immobile des temples (3), « le Mûlalihga », celui qui se trouve dans les sanctuaires et qui est en granit. Mais il existe une infinité de sortes de Lingams : des montagnes entières (par exemple Tirouvannamalai) sont quelquefois considérées comme des Lingams. Plusieurs temples sont illustres parce qu’ils contiennent un Lingam formé d’un élément: Conjeeveram (Kancîpuram) possède le Lingam de terre, .Jambukêsçvara le Lingam d’eau, Arunàtchala (Tiruvannâmalai) celui de feu, le Lingam d’air est à Kâlasti , celui d’éther à Chidambaram.
(1) Toutes les statues des temples sont ainsi supportées par un piédestal qui sert à recueillir les huiles saintes. L’avadéyar du Lingam, n’est pas autre chose et n’a pas la signification de « Yèni ».
(2) Appelée aussi Somasûtra.
(3) Dans les grands temples, il y a 108 Lingams qui portent chacun un nom spécial.
l'iconographie siva'ite
Dans les fêtes, on transporte le « utsava-linga ».
On en fait qui sont en terre (pârthiva-li‘^ga). Enfin, il y a une infinité de sortes de «jangamam » ou Lingams transportables. Les religieux lingavat appelés « pandâram » et « andis *> (mendiants) en portent de minuscules, ayant à peu près la forme d’un œuf et qui sont enfermés dans une boîte d’argent attachée au bras, au cou ou dans les cheveux.
Historique. — Il n'est pas exact, comme l’ont prétendu plusieurs auteurs, que le culte du Lingam soit une acquisition relativement récente de l’Hindou'isme. L’iconographie prouve au contraire que depuis les débuts de l’histoire monumentale du Sud de l’Inde, le Lingam fait partie intégrale de l’Hindou'isme siva'ite (IL
Dans les monuments desPallavas (vu® siècle), le Lingam se voit partout, et il est absolument impossible d’admettre que ce n’est que plus tard qu’il a été placé dans les sanctuaires.
Siva, Dieu du Lingam, apparaît ici comme Dieu créateur et Dieu de la vie. Les origines de la vie sont entourées de mystères, et la science européenne n’en sait pas davantage sur ce sujet que les Hindous qui, depuis des temps très reculés, adorent Siva, le Dieu suprême, sous la forme du Lingam. L'adoration du phallus, c’est l’union des mystères de la génération et des mystères de la Divinité.
La forme,du Lingam étant très variable, jl est impossible d’en faire l’hisloire. Notons cependant que les Lingams des temples Pallavas ne sont pas cylindriques, mais sont prismatiques (2).
Tel est par exemple le Lingam du temple de Kaïlàsauàtha
(1) La légronde de Siva sortant du Lingam se trouve représentée dans la cave des Avalârs à Ellora. I.e Lingam est sculpté en bas-relief dans la cave n" 1 à HAdAmi, dans un endroit où, faisant partie de la décoration, il est impossible d’admettre (|u'il y ait été ajouté ultérieurement. Or, les caves des .AvatArs et n® 1 à lîAdAmi, datent assurément du vr siècle.
(2) Il est assez étrange que le phallus soit représenté par un prisme.